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The Shift Project dévoile son passeport rénovation énergétique

The Shift Project dévoile son passeport rénovation énergétique
Après plus d’un an de travail, le think tank The Shift Project présente ses résultats préliminaires pour la mise en place d’un passeport rénovation énergétique. Suite à l’échec des politiques incitatives du gouvernement pour enclencher une rénovation massive du parc de logements existant, le groupe propose de mettre en place un signal réglementaire fort. Détails sur le contenu du passeport énergétique.

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« Le gouvernement cherche à développer la rénovation thermique mais cela ne fonctionne pas. (…) Si nous voulons faire avancer la rénovation thermique, on ne peut le faire sans signal règlementaire fort, » a martelé Brice Mallié, chef de projet du groupe de travail The Shif Project sur la « rénovation énergétique des bâtiments ». En effet, avec seulement 10 000 rénovations type BBC par an, l’amélioration du parc existant n’atteint pas les objectifs avancés par l’Etat, et l’augmentation des aides publiques (CIDD, Eco PTZ, CEE) ne suffit pas à structurer le marché.

Difficile aussi de faire entendre à un ménage d’une facture énergétique moyenne de 1350 euros  (chauffage + ECS), qu’il faut engager un bouquet de travaux compris entre 20 000 et 30 000 euros, pour un gisement d’économie moyen de 500 euros par an : « Ça ne passe pas ! Il faut réorienter les politiques et la communication vers les ménages. Plutôt que de parler d’économie d’énergie, ce sont les sujets de valorisation du bien, de confort, d’entretien et d’embellissement du bâti qui enclenchent la décision de travaux chez les ménages », explique Brice Mallié. 

Des travaux de performance énergétique embarqués...

En d’autres termes, la rénovation énergétique doit être vue comme un investissement sur le long terme et non pas uniquement une dépense. Ainsi, le groupe de travail propose d’embarquer les travaux de performance énergétique à chaque occasion de travaux et de les inscrire dans la vie naturelle du logement.

Afin de suivre plus facilement l’évolution de son bien, chaque ménage aurait à sa disposition un passeport de rénovation énergétique. « L’objectif du passeport est d’engager un dialogue entre la filière du bâtiment et les ménages. L’habitat en France a besoin de plus de pédagogie et d’une certaine clarté de l’offre pour que les ménages comprennent qu'il s'agit d'un système complet »,  détaille Brice Mallié.

Ce passeport serait constitué d’un descriptif du bâti et des systèmes, d’un diagnostic (DPE), de préconisation de combinaisons de travaux (le think tank en propose 26 prédéfinies), d’un planning de travaux ainsi que des conseils pour réaliser les travaux.

La mise en place de ce passeport nécessiterait une visite technique de 3 h incluant les ressources disponibles (25 minutes), le projet et sa validation (25 min) ainsi qu’un bilan (50 min), réalisée par des bureaux d’étude ou des diagnostiqueurs qualifiés P.R.E.

Ces professionnels, qui disposeraient déjà d’un  prérequis de connaissances techniques sur le bâtiment et l’énergie, seraient formés sur 3 à 5 jours. On peut aussi imaginer que les artisans et les entreprises de rénovation certifiés RGE puissent se charger de cette visite technique. A terme, le passeport pourrait aussi associer d’autres diagnostics de santé du bâti (termites, amiante, plomb etc.). Certains types de logements pourrait faire l’objet d’une dérogation : résidences secondaires, patrimoine historique etc.).

...pour atteindre un équivalent Classe B

L’objectif serait triple selon Brice Mallié : aider au choix des travaux par des outils d’accompagnement pour les professionnels, rendre service à l’Etat pour communiquer en toute transparence sur l’état réel du parc existant (15 millions de maisons individuelles et 14 millions de logements collectifs) et permettre à tous les logements d’atteindre une performance énergétique équivalent classe B.

Le déploiement du passeport, correspondant à environ 4 heures d’intervention coûterait environ 400 euros TTC, selon les estimations du think tank de la transition carbone. Sous format papier, il serait gratuit alors que sous format web il serait intégré dans les offres commerciales de fournisseurs.  « Le but est de rendre lisible des informations techniques pour les ménages », explique Brice Mallié, qui espère faire entrer son passeport dans la culture des Français, de la même manière que le contrôle technique des voitures. Les ménages pourraient obtenir des aides pour sa mise en place : CEE, CIDD ou même être remboursé totalement si l'une des étapes de rénovation est réalisée par un artisan labelisé RGE.

The Shift project souhaite déployer son passeport de manière expérimentale dans des collectivités pilotes d’ici à la fin 2014, pour aller vers un déploiement réglementaire en 2017. Le rapport final du think tank sur le passeport énergétique sera rendu publique le 30 septembre prochain. D'ici là, les professionnels du secteur sont invités à participer aux travaux du think tank, des travaux qui seront présentés dans le cadre de la prochaine loi de transition énergétique.

Claire Thibault
© David Mathieu - Fotolia.com

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Vos réactions | 1 réactions

1 - jp916 le 19 juin 2014

IL FAUT LE LIRE POUR LE CROIRE !

C'est exactement ce que dénonce l'enquête menée par l'UFC Que choisir ! Faire faire un diagnostic et des préconisations par des professionnels surement compétent dans leur domaine, mais ni formé, ni indépendant dans celui de l'audit global du bâti ou les préconisations qui devraient en découler! Si ce type de passeport à la même "valeur" que les DPE, même à 400€, cela sera beaucoup d'argent jetés par les fenêtres, avec à la clé des milliards dépensés dans des travaux fait en dépit du bon sens. Relisez le rapport de l'UFC ! Un audit est une chose sérieuse, à faire sérieusement car il engage des sommes sans communes mesures avec le coût de l'audit lui-même. Des professionnels compétents, formés et indépendants existent, et ils sont qui plus est 30 000 répartis sur l'ensemble du territoire. Ce sont les architectes ... pourquoi vouloir réinventer la roue ?

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