
L'Agence Santé-Environnement (Afsset) préconise, dans un avis rendu public, un renforcement de la réglementation sur l'amiante prenant en compte les fibres courtes et fines et abaissant les seuils réglementaires d'exposition.
L'expertise collective effectuée par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) en 1996 évaluait à 100 000 le nombre des décès prévisibles liés à des expositions à l'amiante en France pour la période 1995-2025. C'est donc en 1997, logiquement, que l'usage de l'amiante a été interdit.
L'Afsset a été saisie en 2005 par les ministères de l'Ecologie, du Travail et de la Santé sur les risques pour la santé des fibres courtes et des fibres fines d'amiante. Pour des raisons techniques, la réglementation qui encadre l'exposition à l'amiante ne prend en compte que les fibres longues (longueur d'au moins 5 microns et diamètre compris entre 0,2 et 3 microns).
Dans son expertise, elle conclut que les fibres fines d'amiante (d'un diamètre inférieur à 0,2 microns) sont cancérogènes. Pour les fibres courtes, très largement présentes dans les lieux où des matériaux amiantés se dégradent, « rien ne permet d'écarter un effet cancérogène », selon l'Afsset, qui recommande donc que ces deux types de fibres soient prises en compte dans la réglementation.
Elle préconise également un abaissement des valeurs réglementaires à l'intérieur des bâtiments (valeur qui sert au déclenchement des travaux de désamiantage) et pour l'exposition des professionnels.
Bruno Poulard (avec agences)














