
A Chongqing, autour de la maison de Yang Wu, les pelleteuses ont fait leur oeuvre et attendent désormais de déloger le dernier rebelle, ravitaillé notamment par sa femme, Wu Ping, devenue la vedette des médias. Les 280 familles qui habitaient dans le quartier jugé insalubre ont plié bagages, acceptant l'offre de la société immobilière, qui dépend des autorités locales.
Mais, Wu Ping, fille d'un ancien sous-lieutenant du Guomindang, le parti nationaliste au pouvoir avant la victoire des communistes en 1949, et son mari ont refusé les offres, malgré une série de négociations. Elle exige de rester au même endroit alors qu'elle s'est vue proposer 3,5 millions de yuans pour partir. Cependant, la justice lui a donné tort, émettant un ordre d'expulsion exécutable à partir du 22 mars. "La justice ne protège pas les intérêts du pays ou les intérêts publics, mais simplement ceux des promoteurs immobiliers", lance-t-elle. L'adoption il y a deux semaines de la loi sur la propriété, gravant pour la première fois la défense de la propriété privée dans le marbre et qui doit entrer en vigueur le 1er octobre, a donné un relief particulier au combat de Mme Wu et de son mari. "Dans cette affaire, la loi sur la propriété a sûrement joué un rôle. S'il n'y avait pas eu cette loi sur la propriété, l'attention n'aurait pas été aussi grande", a estimé Li Xiaobin, un avocat de Pékin spécialiste du foncier.
Désormais, Mme Wu attend la dernière bataille, déterminée cependant à lutter jusqu'au bout, comptant également sur les médias pour populariser son combat. "Aujourd'hui, c'est calme", a-t-elle dit vendredi.
Surplombé par une station de métro aérien, le chantier est devenu un lieu de ralliement des médias de Chine et du monde entier, d'autres expropriés ou de badauds avides de spectacle, au point que le journal chinois Southern Weekly a comparé l'endroit à une "arène de gladiateurs de la Rome ancienne" ou à une corrida. "La foule regarde d'en haut le toréro qui est assiégé comme une bête et lance de temps en temps: +Allez, allez!+", a écrit le journal. Vendredi, Le Quotidien de Foshan, un journal du sud de la Chine, se réjouissait de la médiatisation de l'affaire, expliquant que "s'il n'y avait pas eu de médiatisation, il n'y aurait pas eu les 10 millions de visites d'internautes (sur cette affaire) et le +dingzihu+ aurait été broyé par le promoteur immobilier".














