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Histoire de maisons.... closes mais d'un point de vue architectural !

Histoire de maisons.... closes mais d'un point de vue architectural !
Pour ceux qui ne l'avaient pas lu !La prostitution est vieille comme le monde. La loi de Moïse l'interdisait déjà aux filles d'Israël, mais tolérait celle des femmes étrangères. Mais c'est Solon, ce sage de l'Antiquité qui, le premier, lui a donné pignon sur rue en créant une « maison d'illusions ». Mais existe-t-il une architecture particulière des maisons closes ? Etonnant non, comme question ? Savez vous pourtant que le nom bordel ou fornication vient d'une notion d'architecture ? Je savais bien que cela aller vous intéresser... allez, un peu d'histoires coquines.

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Chez les Romains c'était des « maisons de fornication », en référence aux fornix ou voûtes dont ces demeures étaient ornées. Et si vous allez visiter les ruines de la ville d'Ephèse en Turquie, vous pourrez admirer sur le sol, une magnifique mosaique qui n'est rien d'autre qu'une publicité indiquant le plus proche lieu "pour consoler son coeur brisé".

Les capitulaires de Charlemagne stipuleront que toutes personnes qui racolent, aident des prostituées, ou encore tiennent des bordels, étaient passibles de flagellation. La politique face à la prostitution évoluera au cours du règne de Saint-Louis. Elle sera tantôt prohibée, tantôt tolérée. Un édit de 1254 menacera d'extradition toute personne faisant indirectement ou non de la prostitution son métier. Du fait de la répression, la prostitution clandestine remplacera les maisons de débauches ouvertes à tous. Très impopulaire, cet édit sera révoqué deux ans plus tard et remplacé par un décret qui réglementera l'activité des filles publiques et les boutera hors de l'enceinte de Philippe Auguste.

Les dames de petite vertu s'installeront dans des baraques en bords (planche) en dehors de la ville, qui prendront le nom de bordes ou bordeau d'où bordel. Elles mêmes seront baptisées filles bordelières. L'enceinte de Charles V intègrera les rues spécialisées qui portaient les noms de Brise-Miche, Trace-putain (rue Beaubourg), Gratte-cul (rue Dussoubs), Tire-Boudin (Marie-Stuart), Bien-Fêtée, Hélène la Brette, Lucette aux yeux pers ...

Le Grand Conseil de 1358, décidera que "les pécheresses sont absolument nécessaires à la Terra". Les municipalités et les élites des royaumes, tels le clergé, prendront rapidement le contrôle de cette activité qui sera limitée à certaines zones de la ville. Jeanne Ière, reine des Deux-Siciles et tenancière d'un bordel en Avignon en 1360, adoptera la première des mesures sanitaires. Ses filles seront régulièrement contrôlées par des médecins et une abbesse. Cette initiative permettra de renflouer les coffres du royaume. Voltaire rapportera que l'évêque de Genève administrait tous les bordiaux de ses terres. Dominique Dallayrac prétendra que la prostitution amènera plus de richesse au clergé que tous leurs fidèles réunis. Saint-Thomas d'Aquin mentionnera que des moines perpignanais organiseront une collecte pour ouvrir un nouveau bordel dont ils vantaient le mérite; "oeuvre sainte, pie et méritoire". Le pape Jules II fera construire un bordel strictement réservé aux chrétiens en 1510.

Les femmes publiques du Moyen-Age étaient vêtues en bourgeoises, elles-mêmes très libres, et exerçaient leur talent dans la plupart des quartiers de Paris.

Hugues Aubriot, prévôt de Paris, ordonnera en 1367

  • "que toutes les femmes prostituées, tenant bordel en la ville de Paris, allassent demeurer et tenir leurs bordels en places et lieux publics à ce ordonnés et accoutumés, selon l'ordonnance de Saint Louis.
  • C'est à savoir : à L'Abreuvoir de Mascon (à l'angle du pont Saint-Michel et de la rue de la Huchette), en La Boucherie (voisine de la rue de la Huchette), rue Froidmentel, près du clos Brunel (à l'est du Collège de France aboutissant au carrefour du Puits-Certain), en Glatigny (rue nommée Val d'Amour dans la Cité), en la Court-Robert de Pris (rue du Renard-Saint-Merri), en Baille-Hoë (près de l'église Saint-Merri et communiquant avec la rue Taille-Pain et à la rue Brise-Miche), en Tyron (rue entre la rue Saint-Antoine et du roi de Sicile), en la rue Chapon (aboutissant rue du Temple) et en Champ-Flory (rue Champ-Fleury, près du Louvre).
  • Si les femmes publiques, d'écris ensuite cette ordonnance, se permettent d'habiter des rues ou quartiers autres que ceux ci-dessus désignés, elles seront emprisonnées au Châtelet puis bannies de Paris. Et les sergents, pour salaire, prendront sur leurs biens huit sous parisis."

Cette ordonnance restera lettre morte. L'auteur du Journal de Paris sous Charles VI et Charles VII écrira :

  • " la semaine avant l'Ascension fut crié, parmi Paris, que les ribaudes ne porteroient plus de ceinture d'argent ni de collets renversés, ni de pennes (plumes) de gris en leurs robes menuvair (fourrures de diverses couleurs), et qu'elles allassent demeurer en bordel, ordonné comme il était au temps passé".

De nombreuses villes françaises feront construire un bordel public financé par les deniers municipaux et tenu par une abbesse ou à un tenancier. Les étuves deviendront également des maisons de tolérance, malgré de nombreuses interdictions.

Au XVII, la plus connu d'entre elle était la maison de Anne dite Ninon de Lenclos (1616-1705) à l'hôtel Sagonne, au 36, rue des Tournelles, à Paris, dont on disait « Quand un courtisan avait un fils à dégourdir, il l'envoyait à son école. L'éducation qu'elle donnait était si excellente qu'on faisait bien la différence des jeunes gens qu'elle avait dressés. Elle leur apprenait la manière jolie de faire l'amour".

Au XVIII éme siècle, les filles se retrouvent dans des « clubs ». Les plus connues (de Casanova entre autres) portent les noms : « d'académie de l'amour », des « demoiselles de l'Opéra », du « temple de vénus » sis au « rue des poulies » (actuelle rue du Louvre)

Mais même s'il existe de nombreux précédents au travers de l'histoire, la maison close tolérée par les règlements de police fait son apparition en France sous le Directoire et disparaît un siècle et demi plus tard. Pour qu'il y ait maison close, il faut tout d'abord une tenancière. Elle a fait la demande aux autorités municipales, ou, (à Paris) à la Préfecture de police pour demander l'ouverture de l'établissement. Une enquête est menée, et la préférence est donnée à des femmes d'expérience, âgées de plus de trente ans, souvent anciennes prostituées elles-mêmes. Il est exigé que le numéro sur la rue soit éclairé, rouge, et élevé à une hauteur d'haut moins soixante centimètres du sol par rapport à la chaussée. Les règlements imposent par ailleurs que les escaliers et que l'intérieur de la maison soit éclairés en permanence.

Les maquerelles étaient tenues de donner à leurs filles tout le nécessaire pour les soins de propreté. La maison qui a le plus inspiré la littérature, est probablement « La Dame de Saint Sulpice » à Paris, dont Alphonse Boudard a fait un roman publié aux éditions du Rocher.  

Chaque maison disposait d'une salle de visite pour le médecin du contrôle sanitaire. Deux fois par semaine, les femmes étaient examinées. Aucune ne pouvait y échapper, ni y être admise sans bulletin médical et carnet sanitaire.  

Ces maisons avaient leur hiérarchie. On distinguait :  

Les maisons de rendez-vous, en appartement privé: les femmes s'y présentaient à heures fixes, nombre d'entres elles étaient bourgeoisement mariées. Elles travaillaient en clandestinité et touchaient 50% du prix demandé par la mère maquerelle. Le client qui partait empruntait un autre escalier que le client qui montait. Cette particularité est encore visible dans l'ancien hôtel Belgioso, rue du Montparnasse à Paris. C'est à ce genre de maison que ressemblent la plupart des bordels de province.

Les maisons ouvertes parce que les filles n'y étaient présentes qu'aux heures de travail. Elles payaient une redevance, un droit de travail et une sorte de pension au propriétaire.

Les maisons d'abattage, ouvertes à toutes, surtout aux plus fanées aux tarifs modiques. Les samedis et dimanches étaient leurs jours d'affluence. Elles étaient surtout connues dans les quartiers de Saint Paul et de la Chapelle à Paris.  

La Maison chic, de grande classe : Le Chabanais de Madame Kelly en était le prototype, près de la Bibliothèque nationale, le monde entier y défilait dans un décor de l'univers, et des Mille et une Nuits. Les chambres se nommaient chambre Edouard VII, chambre japonaise, chambre russe, chambre espagnole, chambre arabe. Les salons portaient les noms de Pompéien, Louis XV. Véritable musée et monument historique, cette maison close est devenue lieu de pèlerinage. Nombre de grands de ce monde l'ont fréquentée sûrement sans complexe. Elle a été fermée en 1946. Paradis, enfer, lieu de vie, de désir, de parade, théatre fabuleux...nous n'en finirons pas de chercher des mots plus aigus pour cerner la réalité poétique ou trop vénéneuse du plus célèbre bordel de Paris.

 

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