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Vie des sociétés

La filière des matériaux de construction s'ouvre aux femmes

30 octobre 2009

La filière des matériaux de construction s'ouvre aux femmes

Entrée chez CEMEX France en mai 2008, Sylvie Bernard est l'une des trois femmes du groupe à la tête d'une centrale à bétons. Portrait.

Dans la filière depuis plus de 23 ans, Sylvie Bernard connaît son métier. Depuis 1998, elle est à la tête de la centrale de Molières-sur-Cèze (Gard), site intégré en mai 2008 au sein de CEMEX France. « J'ai débuté en 1985 dans l'entreprise familiale spécialisée dans la fabrication et le transport de béton », précise Sylvie Bernard.

« <>Au départ, je donnais un coup de main pour des tâches diverses : manutention, facturation.... En 1998, la société est acquise par le groupe SN Sneb et j'ai alors travaillé à temps plein à la centrale. Et lorsque CEMEX a racheté l'unité de production, le groupe a misé sur mes compétences et sur ma connaissance du marché local. Nous sommes maintenant deux sur le site à nous occuper de toute la chaîne de production (approvisionnement en matières premières, fabrication, maintenance, sécurité, environnement, relations clients, facturation ...) ».

Une tendance qui s'accentue

« Au début, il faut savoir s'imposer », confie Sylvie Bernard, « il ne faut pas se laisser marcher sur les pieds vis-à-vis des clients et de certaines entreprises. Je trouve que les femmes ont moins le droit à l'erreur, j'ai le sentiment que l'on nous juge plus facilement». « Comme dans les granulats, la filière béton s'ouvre progressivement aux femmes »,observe Annick Dumont, directrice des ressources humaines du groupe.

CEMEX compte actuellement 3 femmes responsables de centrales à bétons. Le phénomène s'accentue au fur et à mesure que les conditions de travail deviennent meilleures : l'automatisation des tâches rend le métier moins dur même si certains travaux de maintenance et d'entretien peuvent encore s'avérer pénibles. « Nous constatons également l'évolution des mentalités, aujourd'hui, les hommes reconnaissent les compétences des femmes à des postes qui leur étaient traditionnellement réservés », ajoute Sylvie Bernard.

« Durant toutes ces années, j'ai rencontré plusieurs fois des opportunités pour exercer d'autres métiers, mais ce travail me passionne. Je ne peux pas m'enfermer dans un bureau ! Il faut que je sois sur le terrain au contact des chauffeurs et de mes clients », conclut Sylvie Bernard. « L'important, c'est de toujours venir le matin avec le sourire. Le jour où on ne l'a plus, il faut changer de travail... ».

Bruno Poulard



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