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L'irruption surprise du groupe de BTP espagnol Acciona dans le capital d'Endesa va compliquer la tâche du géant énergétique allemand E.ON pour la prise de contrôle du 1er groupe d'électricité espagnol en l'obligeant à l'acheter au prix fort, selon les analystes. |
Bien qu'il s'en défende, Acciona a surgi comme le "chevalier blanc" d'Endesa pour certains analystes. Outre qu'il contraint E.ON à relever son offre, le groupe espagnol pourrait constituer une "minorité de blocage" visant à empêcher un changement des statuts d'Endesa, selon le quotidien économique espagnol Expansion. Ces statuts limitent notamment à 10% les droits de votes d'un actionnaire de la compagnie. Or E.ON a fait de leur révision une condition expresse de son OPA. En rachetant lundi 10% du capital, Acciona est devenu le premier actionnaire de l'électricien espagnol, devant la caisse d'épargne Caja Madrid (9,9%). "Cet investissement ne suppose pas une volonté de contrôle sur les décisions d'Endesa", contrairement au souhait d'E.ON, a souligné mardi le directeur du développement du groupe espagnol Juan Muro-Lara.
"Nous n'avons pas eu de contacts avec Endesa, E.ON ou Gas Natural", le groupe gazier espagnol en concurrence avec E.ON pour le rachat d'Endesa, a-t-il assuré en gage de neutralité, lors d'une téléconférence. Acciona a justifié postérieurement son acquisition "non spéculative" par un "pari sur un projet d'entreprise à long terme". Son intrusion dans l'imbroglio Endesa est intervenue au moment où Bruxelles s'apprêtait à dégager l'horizon d'E.ON. La Commission européenne a condamné mardi, par deux décisions distinctes, les autorités espagnoles pour avoir entravé le rachat de l'Endesa par E.ON, pour violation des règles de la concurrence. Elle a notamment jugé "illégales" un "certain nombre de conditions" imposées par le régulateur espagnol de l'énergie CNE à E.ON, et demandé à Madrid de les "retirer" sous peine de poursuites devant une juridiction nationale.
Le gouvernement espagnol, soucieux de voir émerger un champion national de l'énergie a longtemps soutenu l'OPA concurrente de Gas Natural, tout en joncheant d'obstacles le projet d'E.ON. Il avait laissé récemment entrevoir un assouplissement de sa position. Interrogé mardi sur l'entrée en jeu d'Acciona, le ministre espagnol de l'Economie et des Finances, Pedro Solbes, a laconiquement répondu: Madrid "ne soutient ni ne s'oppose".
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