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"Le moratoire signe la faillite de la filière photovoltaïque"

20 décembre 2010
Le moratoire de trois mois sur l’octroi du tarif d’achat pour l'électricité photovoltaïque signe la mise en faillite de la filière française, en contradiction totale avec les objectifs du Grenelle, selon Ariane Vennin, du collectif "Touche pas à mon panneau solaire", qui a déposé lundi un recours en référé de suspension.

Batiweb : "Touche pas à mon panneau solaire" n'est pas qu'un groupe Facebook ?

Ariane Vennin : C'est un collectif constitué de plusieurs associations et entreprises du marché des panneaux photovoltaïques. C'est d'abord un groupe Facebook qui en dix jours a regroupé 2.800 membres durement affectés par le  moratoire.  Au delà de ça, nous avons annoncé ce matin même trois actions : un recours en annulation du décret de moratoire, un recours en référé de suspension, pour une audience attendue mi-janvier, et une plainte à la Commission Européenne car l'État se désengage du soutien aux énergies renouvelables. Ces trois actions reposent sur des fondements similaires : la rétroactivité de dispositions réglementaires qui tuent une filière : de nombreuses personnes sont déjà mises aux chômage, des boites ferment... ce décret de moratoire signe la mise en faillite de la filière photovoltaïque française.

Au delà de la suspension du moratoire, que propose votre collectif pour la filière ?

Nous avons mis en place un cadre de discussions au sein du groupe Facebook avec une plateforme de propositions, pour une discussion ouverte, publique et transparente. Les discussions sur le nouveau cadre de régulation révèlent quelques contre-vérités manipulées par l'État, qui agite le chiffon rouge des panneaux chinois. Or, il faut savoir que les panneaux ne représentent qu'une petite partie seulement d'une installation photovoltaïque. La chaine de valeur se fait sur tous les autres points de l'installation : montage, menuiserie, maintenance avec de vrais emplois non délocalisables. De plus, les panneaux chinois, s'ils sont installés, le sont généralement sur des centrales aux sols, et notamment par EDF, et pas les petits producteurs. Nous avons au sein du collectif et de la filière une réelle volonté de clarification : combien l'État français est il prêt à mettre sur la table pour soutenir la filière ? Il a passé 40 ans à soutenir le nucléaire, on peut donc faire un petit effort pour soutenir les énergies propres.

Le dépôt de votre recours coïncide avec une réunion qui se tenait aujourd’hui à Bercy pour discuter du nouveau cadre de régulation tarifaire et de l’avenir de la filière...

Sur cette concertation nous sommes assez sceptiques. C'est bien gentil de faire une concertation pour parler de l'avenir, mais encore faut-il suspendre le décret car il tue tout avenir possible pour beaucoup de TPE et PME. Ce Grenelle du photovoltaïque est sans doute une bonne chose, mais pour l'instant c'est plutôt à la mort du Grenelle de l'Environnement que l'on assiste. Nous saurons nous manifester différemment, car la concertation passe aussi par une écoute directe des citoyens. La concertation aurait dû avoir lieu avant la suspension et non après ! Nos chances d'obtenir gain de cause sont mitigées mais sérieuses car l'urgence est sérieuse, les situations économiques et sociales au sein des entreprises sont dramatiques. Rendez-vous en janvier pour la réponse.

Propos recueillis par Laurent Perrin

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Vos réactions | 9 réactions Toutes les réactions

1 - Fedu10 le 10 janvier 2011

Encore des arguments à 10 sous de Bwana qui doit être pro nucléaire. Faut savoir, qu'une centrale nucléaire a besoin d'un arrêt pour visite de maintenance planifiée à peu près tout les 12 mois voire maxi 18 avec le mox, sauf si arrêt fortuit, et ça arrive quand on tire sur le combustible. Pour bien connaître le sujet, j'ai travaillé pendant 17 ans chez anciennement FRAMATOME ANP (nouvel AREVA), la campagne d'arrêt de tranche débutait vers Mars, pic juin juillet Aout (donc rarerement des congés durant cette période) jusqu'à octobre voire début Novembre. L'objectif était d'avoir le moins de réacteurs à l'arrêt pour l'hiver. Le Photovoltaïque produit son maximum pendant les périodes où les arrêts de tranches sont programmés. Son appoint même actuellement négligeable en france en énergie électrique permet avec le renouvelable de moins soliciter les autres sources (charbon, nucléaire)qu'on prefère garder pour l'hiver. Maintenant peut on dire que notre voisin allemand, qu'on donne constamment comme modèle, fait fausse route avec ses objectifs de production électrique issue du photovoltaïque? Au moins, eux, ils créent des emplois, nous vendent leurs machines de productions, leurs modules, et nous vendront sans doute de l'énergie verte. Enfin posons nous aussi la question du coût de notre électricité, serait elle au même prix si nous n'exploitions pas les peuples d'afrique comme celui du NIGER , avec tous les problèmes que cela engendre?

 

 

2 - Bwana le 03 janvier 2011

Tant que l'on ne saura pas stoker l'énergie de façon économique, les énergies dites renouvelables n'ont aucun avenir. Le photovoltaïque produit de l'énergie quand ? Quand il y a du soleil c'est à dire l'été quand nous n'avons pas besoin ni de lumière ni de chaleur. La nuit ou va-t-on chercher l'énergie nécessaire à son éclairage et à son chauffage? Et l'hiver? Malgrés tous ses inconvénients , il faut bien constater qu'aujourd'hui seule l'énergie nucléaire apporte une solution acceptable au besoin énergivore de chacun. Quel écologiste convaincu accepterait au nom de ses convictions de réduire sa consomation électrique de 75 %, de ne plus utiliser sa voiture (combien de m² de capteurs seraient nécessaire pour fabriquer un tel véhicule?) et tout son confort électrique dont il ne peut plus se passer? Quelle quantité d'énergie est utilisée pour fabriquer 1 m² de capteur? Comment les recycler en fin de vie? Combien coutent-ils dans notre déficit du commerce extérieur? Quelle sera leur rendement dans 1, 5, ou 10ans? C'est surement l'avenir mais alors réfléchissons un peu et tachons pour une fois de ne pas mettre la charrue avant les boeufs.

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