
L'augmentation de la consommation profite aux chiffre d'affaires des entreprises et dope leur bénéfices, ce qui incite les investisseurs à privilégier les placements en actions aux obligations. Pour tenter de freiner cette croissance, les Banques centrales relèvent par ailleurs leurs taux directeurs, ce qui offre une meilleure rémunération des dépôts bancaires et concurrence un peu plus les obligations.
"Les marchés à terme anticipent un nouveau relèvement de 25 points de base en mai (1 point de base égale 0,01%) des taux de la Réserve fédérale américaine, et une probabilité de 50% pour qu'il soit suivi par un nouveau relèvement en juin", observent les analystes de BNP Paribas. Mais ce durcissement monétaire américain n'a pas permis, pour l'instant, une baisse des taux d'intérêt à long terme. Proches de 5%, les taux américains à dix ans dépassent toujours les taux directeurs de la Réserve fédérale américaine, qui sont à 4,75%, après une série de 15 relèvements consécutifs.
"La Fed va bientôt sans doute évaluer les conséquences de hausse du prix de pétrole et les perspectives de croissance, qui seront peut-être un peu moins fortes que prévu. Une partie des investisseurs s'attend à ce qu'elle s'arrête, marque une pause pour voir", remarque Chloé Magnier. "La question est savoir si la Fed va aller plus loin que des taux neutres pour l'activité", résume l'analyste.
"En Europe, les anticipations étaient aussi très haussières sur les taux directeurs de la BCE (Banque centrale européenne), mais son président Jean-Claude Trichet a calmé les marchés", dit-elle. Ce répit intervient au moment où l'ensemble des hausses de taux d'intérêts, à court et à long terme, pourrait commencer à se faire sentir et entraîner une moindre croissance, souligne Chloé Magnier.
Le secteur de l'immobilier, qui a dopé la croissance depuis trois ans, pourrait maintenant jouer un rôle de frein, particulièrement aux Etats-Unis, observent les économistes. "Les récentes tensions sur les taux longs se sont traduites par une remontée des taux hypothécaires à 30 ans à 6,50%", remarquent les analystes d'Aurel Leven.
"Ce mouvement affecte naturellement la demande de crédit immobilier des ménages et a pratiquement interrompu le mouvement de refinancement des prêts hypothécaires", réduisant le pouvoir d'achat des mêmes ménages, ajoutent-ils.
Aux Etats-Unis, les mises en chantier de logements ont ainsi reculé de 7,8% en mars par rapport à février, à 1,960 million d'unités en rythme annuel, soit leur plus bas niveau depuis mars 2005.














