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L'habitation créole, un art de vivre et un habitat bioclimatique

27 octobre 2004
L'habitation créole, un art de vivre et un habitat bioclimatique
A l'heure où le bois redevient un matériau "fashion" et où les normes sismiques se durcissent, faisant travailler les Bureaux d'Etudes sur de mythiques projets de réhabilitation, le "style créole" retrouve ses lettres de noblesse. Il suffit pour s'en persuader de découvrir au fil d'une promenade, faite en dehors des chemins touristiques, une maison de bois, fièrement dressée malgré ses 100 ans, ses nombreux cyclones, tremblements de terre et éruptions de volcan.

Des cases aux habitations de Maître, en passant par les villas modernes, le "style créole" se décline sur un art de vivre ou l'utilisation du bois joue un rôle important.

De la petite case ronde, d'origine amérindienne, "l'ajoupa", conçue sans plancher ni fondation, les premiers colons n'ont gardé que le matériau et les toits légers, permettant une reconstruction rapide après un cyclone, et le principe du "carbet", cuisine construite à l'extérieure, pour prévenir les incendies dans ces maisonnettes fragiles et inflammables.

Si les tuiles et la tôle sont apparues en même temps que l'utilisation du ciment pour les fondations, le principe de l'espace de vie, la véranda qui court autour de la maison et surtout celui des impostes, ces parties hautes des cloisons au-dessus des portes, qui permettent à l'air de circuler à perdurer.

A lames ventilantes ou en bois travaillé, ces impostes sont de véritables sculptures, qui donnent à la villa créole une grande part de son âme, mais qui permettent aussi de surmonter les formidables changements de pression atmosphérique supportés durant un cyclone.

Le bois s'impose et si l'habitation n'a pas de fondations mais seulement un socle en dur destiné à la préserver de l'humidité, il s'agit encore d'une parade des anciens pour supporter les tremblements de terre, nombreux dans cette région.

L'arrivée de l'architecture métallique, qui se développe en parallèle à la révolution industrielle du XIXème siècle est aussi une conséquence de l'adaptabilité face aux événements et catastrophes naturelles. Tremblement de terre de 1843 pour la Guadeloupe, terrible incendie de 1890, suivit du cyclone de 1891 pour la Martinique serviront de plate-forme d'expérimentation pour ses maisons en fer ouvragé.

Il s'agit alors de remplacer la structure en bois par une ossature en métal, arrivant par bateau de la Nouvelle Orléans d'abord et ensuite de la France et entièrement montée sur place. Le bois sert encore de parement et de matériau de base. Solide et particulièrement résistantes aux cyclones, ces nouvelles maisons ont su traverser les siècles pour parvenir jusqu'à nous.

Les contrevents, les jambes de forces se développent donc tandis que la taille des poteaux augmente. Cette mixité de matériau permet de se prémunir contre les tremblements de terre (le bois résiste aux secousses) et de préserver au moins l'ossature en cas d'incendie.

Mais là, où la Maison créole trouve sa force, c'est dans son adaptabilité pour lutter contre la chaleur. Les principes fondamentaux sont déjà ses nombreuses ouvertures, dotées de persiennes et en hauteur présentant un galetas aéré par un chien assis. L'air circule donc d'une pièce à l'autre et grâce au chien assis, l'air chaud s'échappe par la toiture. Les galeries apportent de l'ombre et participent ainsi à cette recherche d'un plus grand confort. De plus, les maisons sont construites et orientées en direction des alizés.

Ainsi, bien avant que nous parlions de développement durable, ou d'habitat bioclimatique, sur des îles perdues dans les mers des Antilles, se sont développées des magnifiques demeures, qui résistent encore, là où le Cyclone Hugo a détruit la plupart des constructions neuves des 30 dernières années. La vérité viendrait elle de nos anciens ?

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Vos réactions | 1 réactions Toutes les réactions

1 - Cédric BLEMAND le 15 novembre 2010

Bonjour, Je cherche à connaitre l'identité de l'auteur de cet article. En vous remerciant à l'avance. Cédric BLEMAND.

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