Débat sans tabou sur l'aménagement de l'Ile-de-France

Architecture | 12.09.05
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Débat sans tabou sur l'aménagement de l'Ile-de-France - Batiweb
Coût du pétrole, éclatement de la famille, réchauffement climatique: la révision du schéma directeur de l'Ile-de-France (SDRIF), qui doit cadrer l'aménagement de la région jusqu'en 2020-2025, devrait être, jeudi à Aubervilliers, l'occasion d'un débat sans tabou sur ses enjeux...
Dix ans après sa dernière révision, en 1994, le Conseil régional a remis le schéma directeur en débat et la synthèse, prévue aux docks d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) avec 800 élus locaux, représentants du monde économique, syndicalistes et experts, portera sur les problèmes vécus au quotidien par les douze millions de Franciliens.

Saturation croissante des autoroutes, pollution mettant en cause la santé publique et plus seulement la qualité de la vie, ou crise du logement qui pénalise les populations et entrave l'emploi et l'attractivité de la région, la gravité des problèmes appellent, selon l'exécutif de gauche de la région, une "réflexion approfondie et sans tabou", avant la phase institutionnelle en 2007.

Depuis plusieurs mois, des experts travaillent aux côtés des élus. Ainsi, Dominique Dron, spécialiste de l'environnement, explique les conséquences du réchauffement climatique et la modification des écosystèmes: au cours du siècle, selon l'INRA (Institut national de recherche agronomique), le pin maritime et le chêne vert auront envahi la quasi-totalité de l'hexagone, au détriment du chêne.

L'Ademe (maîtrise de l'énergie) cite les effets désastreux de l'urbanisme extensif, en matière de consommation d'énergie et de nuisances (pollution et bruit). Pour les ménages, s'approvisionner dans un hypermarché de périphérie à 10 km de chez soi est dix fois plus coûteux en énergie que de se faire livrer par une petite surface de proximité, selon des données de 1997.

Vice-présidente (Verts) du Conseil régional, chargée de l'aménagement du territoire, Mireille Ferri, estime qu'on n'est plus "dans une ère de crises successives mais dans une période de mutations", ce qui appelle une autre manière d'aborder les questions de logement, transports ou d'environnement.

Elle défend les transports collectifs face à l'automobile et la "densification de pôles urbains" contre un "étalement" ne permettant pas d'avoir accès aux services (écoles, transports, loisirs, etc). Mais "la densité, ce sont des maisons de ville de quelques étages autour de rues, et non des tours ou des barres", souligne-t-elle.

Axant sa conférence de rentrée sur le logement, les transports et l'emploi, le président du Conseil régional Jean-Paul Huchon (PS) a affiché jeudi sa détermination à "répondre aux besoins des habitants". "Si tout le monde s'y mettait, on y arriverait", a-t-il dit.

Se voulant intransigeant avec l'Etat, il le presse de créer une "agence foncière régionale (AFR)" susceptible selon lui de régler la crise du logement "en dix ans" et un outil SNCF en état de marche avant de prendre la présidence du Syndicat des transports d'Ile-de-France (STIF).

Redacteur