Deux très jeunes architectes vont construire un pôle nautique au Val Fourré

Architecture | 28.02.06
Partager sur :
Deux très jeunes architectes vont construire un pôle nautique au Val Fourré  - Batiweb
Deux très jeunes architectes, n'ayant jamais construit mais au parcours d'apprentissage impressionnant, ont été choisis, face à quelques pointures de l'architecture internationale, pour construire un spectaculaire pôle nautique au Val Fourré, une cité difficile de la banlieue parisienne.
Trois tours de logements sociaux de 17 étages seront détruites à Mantes-la-Jolie (Yvelines) le 2 juillet pour faire place à un ensemble de quatre piscines situées en bordure d'un bassin nautique et de la Seine, avec les Coteaux du Vexin en toile de fond. Caroline Barat et Thomas Dubuisson ont imaginé pour ce pôle nautique "de ramener les proches coteaux du Vexin dans la cité, en végétalisant la toiture qui ondule en quatre coques imbriquées". Le bâtiment aux poutres de structure dorées sera clos, côté ville, d'un moucharabieh pour filtrer la lumière, et ouvert côté Seine sur un solarium de 3.000 m2 avec vues spectaculaires sur le paysage.

"Nous n'avons pas travaillé en fonction d'une idée de la banlieue mais de ce qui nous fait plaisir dans l'architecture", explique Thomas Dubuisson qui, comme son associée, a fait "un apprentissage itinérant" de l'architecture.

Ils ont créé Search, leur agence, il y a tout juste un an et c'est leur première commande. Ils ont été choisis lors d'un concours international que, contre toute attente, ils ont gagné et ils viennent de rendre l'avant-projet sommaire (APS) qui chiffre la réalisation à 10 millions d'euros. L'histoire prend les allures d'un conte de fées pour ces jeunes architectes face à leurs concurrents, Dominique Perrault et deux grosses agences allemandes, quand on sait que ce sont généralement les plus grands noms qui raflent la commande publique.

Leur parcours hors norme explique en partie ce premier succès. Après 4 ans d'école d'architecture à Paris, les deux étudiants réussissent, grâce à un échange, à partir à Hong Kong. Ils y découvrent pendant un an la densité des villes asiatiques et une approche très dynamique de l'architecture. "Là bas, tout est possible et ça fait du bien quand on vient de Paris", commente Caroline Barat.

Ensuite, ils enchaînent stages et premiers contrats de travail chez les plus grands architectes comme aux Etats Unis Frank Gehry, Thom Mayne (Morphosis), Rem Koolhaas aux Pays-Bas, et de retour en France Dominique Perrault et Nicolas Michelin.

En 2003-2004, ils trouvent le temps de faire depuis Rio de Janeiro leur diplôme français d'architecture sur le réaménagement de la zone portuaire de la ville et un projet de Maison du Carnaval. En 2005, ils créent leur agence en y mettant toutes leurs économies et sans la moindre commande. Huit mois après, ils gagnent le concours de Mantes à l'unanimité: "sans ça, on mettait la clé sous la porte. Maintenant, c'est vraiment le début de l'histoire", souligne la très enthousiaste Caroline Barat.

Du côté municipal, le choix est pleinement assumé. "On a misé sur une équipe qui démarre, en pleine conscience, à cause de leur vraie dimension créative, du travail colossal fourni" et aussi parce qu'ils ont su s'entourer de compétences techniques, explique Carole Landès, chargée des grands investissements de l'agglomération de Mantes-La-Jolie. Les travaux commencent fin 2006 pour une inauguration en 2008.

Redacteur