La future prison de Nancy, 1er centre construit et géré par le privé

Architecture | 14.12.05
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La future prison de Nancy, 1er centre construit et géré par le privé - Batiweb
Le ministre de la justice Pascal Clément a signé lundi à Nancy l'acte de vente du terrain de la future prison de Nancy, le premier centre pénitentiaire entièrement construit et géré par le secteur privé pour remplacer une des plus vieilles prisons de France. C'est en 2008, que verra le jour un nouveau centre pénitentiaire de 600 places sur le site des anciennes carrières Solvay, entre Nancy et Maxéville, en lieu et place de la maison d'arrêt Charles-III, l'une des plus vieilles prisons du pays... Deux ans ! un exploit possible grace au partenariat public-privé.
Aménagé en 1857 dans un ancien couvent, cet établissement, dont Pierre Bédier, ex-secrétaire d'Etat aux Programmes immobiliers de la justice, avait souligné l'« extrême vétusté », est aussi l'un des plus surpeuplés. Environ 350 détenus (pour 259 places) s'entassent dans cette bâtisse, où nuls travaux sérieux ne sont menés depuis que sa démolition est programmée.

La nouvelle prison, où seront incarcérés les prévenus et les courtes peines relevant du tribunal de grande instance de Nancy, doit permettre également, en accueillant des détenus relevant du régime des centres de détention, de désengorger certains établissements tels que celui de Toul. Une aile pour les mineurs et un quartier des femmes devraient s'intégrer à l'ensemble, où 250 personnes seront employées et pour lequel 60 millions d'euros vont être engagés. Connecté au réseau urbain et autoroutier, de manière à faciliter les transferts, le centre pénitentiaire ne devrait pas comprendre plus de trois niveaux et répondra aux nouvelles normes d'hygiène et de sécurité édictées par le plan Perben, dans lequel il s'inscrit et qui prévoit la réalisation de 13 200 places (deux tiers de créations et un tiers de rénovations).

Un « hôpital-prison »

Le calendrier semble convenir à la municipalité, qui va pouvoir refondre les 10 hectares de l'actuelle maison d'arrêt dans le nouveau quartier gare qu'elle souhaite voir redessiné en 2007-2008, en même temps que la construction d'un nouveau palais des congrès et l'arrivée en gare de Nancy du futur TGV-Est.

En attendant la nouvelle maison d'arrêt, la première unité hospitalière sécurisée interrégionale, véritable « hôpital prison » conçu pour les détenus souffrant de pathologies lourdes, a été inaugurée en début d'année par le garde des Sceaux, sur le site du CHU de Brabois

"Seul le partenariat public-privé nous permet de réaliser un tel projet en deux ans. Je défie quiconque d'en faire autant avec les lourdeurs du (secteur) public", a affirmé le ministre de la justice.

La construction de la nouvelle prison, qui occupera 10,5 hectares sur les hauteurs d'un quartier HLM de la banlieue de Nancy à Maxeville, fait partie d'un appel d'offres attribué au groupe de BTP Eiffage. Il comprend aussi les futurs établissements de Roanne-Lyon et Béziers. Selon les modalités de ce partenariat public-privé, le financement, la construction, la maintenance et l'entretien sont confiés à un acteur privé pour 30 ans.

Le coût de construction de cette prison (sans sa maintenance et son entretien) représente un investissement de 69 millions d'euros, selon le ministère.

"Le taux d'emprisonnement pour 100.000 habitants est de 93 en France (...) inférieur à ceux constatés au Royaume-Uni, en Allemagne ou en Espagne", a souligné M. Clément, estimant qu'il n'y avait "pas trop de détenus en France mais pas assez de places de prison dignes et modernes". La construction de 500 places supplémentaires de semi-liberté est prévue, en plus des 2.000 disponibles, a précisé le ministre.

Redacteur