La justice porte un coup d'arrêt à la construction de l'incinérateur de

Dernières dépêches AFP | 04.08.06
Partager sur :
La justice porte un coup d'arrêt à la construction de l'incinérateur de - Batiweb
Le tribunal des
référés d'Aix-en-Provence a ordonné mercredi la suspension des travaux du
futur incinérateur voulu par Marseille à Fos-sur-Mer sous peine d'une
astreinte de 10.000 euros par jour, et a nommé un expert pour recenser les
espèces protégées sur le site.
L'intercommunalité Ouest Provence, sur les bords de l'étang de Berre, et l'association écologiste Fare Sud, qui bataillent pour éviter l'implantation sur leur territoire de l'incinérateur destiné à traiter les déchets des Marseillais, avaient saisi le tribunal en référé à la suite de la découverte d'une plante protégée, le lys maritime.

L'audience a eu lieu mardi et le tribunal a statué mercredi en faveur des demandeurs, rappelant qu'un permis de construire délivré par arrêté ministériel ne permettait pas de déroger à la protection de cette plante, instituée par un arrêté ministériel de 1994.

La société EveRé, chargée de la construction de l'incinérateur, avait fait élaborer par la société Biotope une étude écologique sur le lys maritime et les moyens de le protéger, que le tribunal juge "pour le moins succincte et très théorique" et "sans véritable démarche scientifique".

Cette étude a par ailleurs été commandée "manifestement sous la pression des opposants au projet" et alors que "la déclaration d'ouverture du chantier avait déjà été établie pour le 1er août", souligne le tribunal.

Les juges ont nommé un expert chargé notamment de "recenser les espèces végétales et animales protégées", qui disposera de deux mois pour rédiger un rapport, un délai susceptible d'être prorogé, selon le jugement.

Pour Bernard Granié, le président socialiste de Ouest Provence, qui regroupe six communes autour de Fos-sur-mer, "il aura suffi d'une petite fleur pour réduire à néant la belle assurance" des "initiateurs de ce projet scandaleux" qui "croient pouvoir imposer leur propre loi". "Nous sommes dans tous les cas conscients que le combat ne s'arrête pas là et que nos adversaires ne sont pas encore dans l'incapacité de nuire", a ajouté M. Granié.

De son côté, Robert Assante, l'adjoint au maire de Marseille délégué à l'environnement et au traitement des déchets, a dénoncé "une persécution de plus sur ce dossier". "Nous sommes stupéfaits de voir que ce n'est que sur ce périmètre de 20 hectares (où le projet devrait s'implanter, ndlr) qu'il existe le lys maritima", a poursuivi M. Assante, ajoutant: "de là à ce qu'il y ait des mesures discriminatoires vis-à-vis de nous, la question reste posée".

Pour l'élu marseillais, ""rien n'est arrêté", "c'est une parenthèse" qui "ne remet pas en cause le fond du dossier".

L'incinérateur est destiné à traiter 410.000 des 600.000 tonnes d'ordures ménagères de la communauté urbaine de Marseille, 100.000 tonnes par méthanisation, 300.000 par incinération. L'incinérateur doit remplacer l'immense décharge à ciel ouvert d'Entressen, près de Marseile.

Redacteur