Du lac Baïkal à Bangkok, le voyage au fil de l'eau d'une Alsacienne

Des hommes et de la e-attitude | 01.08.05
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 Du lac Baïkal à Bangkok, le voyage au fil de l'eau d'une Alsacienne - Batiweb
Caroline Riegel vit pour l'eau. Ingénieure en constructions hydrauliques, elle la suit depuis les rives du lac Baïkal, en Sibérie, son point de départ en mars 2004, jusqu'à Bangkok, sa destination qu'elle doit atteindre à la fin 2005 à l'issue d'un voyage hors normes, baptisé "pérégrinations d'une goutte d'eau".
A pied, à cheval, à dos de chameau ou d'âne, en stop ou sur un vélo indien, la jeune femme de 31 ans progresse tranquillement vers l'océan Indien et la grouillante capitale thaïlandaise qui vit les pieds dans l'eau.

Originaire de la petite bourgade alsacienne de Luttenbach (Haut-Rhin), elle a répondu à l'invitation au voyage de "l'eau, ce formidable lien entre les hommes, comme une route vitale qui nous relie et dont les caprices nous rappellent notre réalité humaine", dit-elle.

Jointe à Varanasi, sur les bords du Gange en Inde où elle a fait escale avant son rendez-vous avec la mousson au Bangladesh, Caroline parle de ce "voyage extraordinaire" depuis les eaux gelées du lac Baïkal, que borde la taïga enneigée, aux rares puits du désert de Gobi en Mongolie.

Elle évoque le cours gelé des rivières de la chaîne du Kun Lun et les lamasseries du Tibet, son hibernation pendant trois mois dans l'Himalaya indien, où elle enseigna l'anglais dans un monastère de nonnes et à des enfants lamas.

L'ingénieure derrière la voyageuse

Eau à profusion en Sibérie, eau disparue du Gobi, eau solide de l'Himalaya, eau sacrée du Gange, trop-plein d'eau au Bangladesh... Caroline s'arrête longtemps à chacune de ces grandes étapes (un à trois mois). "Le temps qu'il faut pour me fondre dans l'environnement et la population locale, d'en découvrir la culture, le quotidien, les bonheurs et les soucis", dit-elle.

Mais tout au long de son périple, dans sa quête de compréhension des rapports géographiques, climatiques, religieux des hommes avec l'eau, Caroline Riegel garde l'oeil professionnel de l'ingénieure en constructions hydrauliques.

Elle compare, au gré de ses rencontres avec des professionnels de l'eau (scientifiques, écologistes ou glaciologues), les divers projets hydrauliques et hydrologiques dans les régions traversées. Dans le cadre d'un partenariat avec plusieurs écoles et ONG, elle publie régulièrement sur son site internet (baïkal-bangkok.org) un certain nombre de textes et d'analyses scientifiques traitant des situations rencontrées et des éventuels remèdes techniques à apporter aux problèmes de raréfaction ou de profusion de l'eau.

Elle rentrera ensuite en France, mais par voie maritime, à bord d'un cargo.

Par Patrick FILLEUX

Redacteur