Même les immeubles récents de Los Angeles seraient détruits en cas de fort séisme

Développement durable | 16.08.06
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Même les immeubles récents de Los Angeles seraient détruits en cas de fort séisme   - Batiweb
Des bâtiments construits selon les normes les plus récentes seraient gravement endommagés, voire détruits par le fort séisme promis à Los Angeles et sa région, selon une étude qui souligne une fois de plus la vulnérabilité de la mégalopole de 18 millions d'habitants.Utilisant des ordinateurs surpuissants, les chercheurs ont placé fictivement des bâtiments à structure d'acier en 636 endroits différents de la région et simulé une rupture sur 290 km de la faille, observant comment ces immeubles se comportaient.

Des chercheurs ont élaboré un modèle de simulation prenant en compte à la fois la propagation des ondes sismiques et la résistance de deux bâtiments-type de 18 étages, l'un construit selon les normes de 1982, l'autre selon celles de 1997, plus sévères. L'idée était de prévoir les conséquences d'un tremblement de terre de magnitude 7,9, résultat possible de la rupture de la partie sud de la faille de San Andreas, a indiqué Swaminathan Krishnan, chercheur à l'Institut de technologie de Californie (Caltech) de Pasadena, près de Los Angeles.

Le dernier tremblement de terre de magnitude 7,9 sur cette faille qui traverse la Californie du nord au sud s'est produit en 1857. La région de Los Angeles n'était alors qu'une étendue désertique coincée entre les montagnes et la mer, ponctuée de quelques missions catholiques espagnoles. Les scientifiques estiment que le sud de la faille cède tous les 200 à 300 ans en moyenne, produisant un séisme dévastateur, déjà surnommé le "Big one". Les risques qu'il se produise dans les 30 prochaines années ont été évaluées à 70% par de précédentes recherches.

L'unité de référence a été le "glissement maximum", soit le mouvement du toit par rapport au sol. A 10% et plus, la destruction du bâtiment est probable et dès 2,5%, "les dégâts pourraient être suffisants pour poser un grave danger" à ses occupants, selon les scientifiques. Or, ces valeurs, en cas de séisme de magnitude 7,9, dépassent 10% pour l'immeuble de type 1982 dans la quasi totalité des riches quartiers de l'ouest de Los Angeles, dont la vallée résidentielle de San Fernando, Beverly Hills et Santa Monica.

Au centre-ville, où sont construits plusieurs dizaines de gratte-ciels, le glissement serait de 4 à 6% pour les immeubles "1982". "Les résultats sont meilleurs pour les immeubles construits selon les nouvelles normes", soulignent les scientifiques, mais "le glissement dans la vallée de San Fernando dépasse toujours 10%". Ce secteur avait été gravement endommagé en 1994 par un séisme de 6,7, deux fois moins puissant qu'un 7,9, l'échelle de magnitude n'étant pas linéaire. Cinquante-sept personnes avaient été tuées et les dégâts avaient été évalués à 40 milliards de dollars.

"Dans le reste de la région de Los Angeles, ces valeurs sont comprises entre 4 et 6% au cas où la rupture de la faille s'effectuerait du nord vers le sud", les ondes se diffusant alors vers les zones les plus peuplées, selon cette étude. Même dans le cas le plus favorable, celui d'une rupture de la faille du sud vers le nord, les glissements d'immeubles de type 1982 ou 1997 atteindraient une valeur de 2 à 4%. L'écroulement serait peu probable, mais "cela signifie des dégâts suffisament importants pour rendre nécessaire la condamnation des bâtiments et compromettre la sécurité des personnes dans certains cas de figure", notent encore les scientifiques.

Cette étude de mauvais augure, alors que la Californie vient de marquer le siècle du grand tremblement de terre de San Francisco, vient s'ajouter à une autre, publiée fin juin dans le journal Nature, et qui affirmait que la faille de San Andreas pourrait à tout instant glisser jusqu'à sept mètres.

Redacteur