Détecteurs de fumées : un délai accordé sous conditions pour s'équiper Législation et règlements | 06.02.15

Partager sur :
L'Assemblée nationale a accordé sous conditions vendredi un délai aux propriétaires qui n'auraient pas installé de détecteur de fumée dans leur logement avant la date limite du 8 mars, comme le prévoyait la loi Morange. Les propriétaires devront a minima s'engager sur la signature d'un contrat d'achat de détecteurs de fumée. L'occasion de faire le point sur les DAAF et les mauvais résultats de la France en termes d’équipements. C’est le moment pour les professionnels de jouer leur rôle de conseil.

Si les chiffres varient d’une étude à l’autre, la France mérite quoi qu'il en soit un zéro pointé en matière de détection d’incendie. C’est le constat dressé par les professionnels de la sécurité, et qui se vérifie chaque année à travers les statistiques des accidents domestiques liés au feu : 600 à 800 morts chaque année et des milliers de blessés.

Une récente étude OpinionWay – Nest* révèle ainsi que 40% des personnes qui ne sont pas encore équipées de détecteur d’incendie ne comptent pas en acheter. En outre, les femmes seraient moins susceptibles de se conformer à la loi que les hommes (42% contre 36%) tout comme les CSP+ (plus de 3 500 euros de revenus par mois) comparées aux personnes les moins aisées. Enfin l’âge représente le facteur le plus commun : les jeunes de 18 à 24 ans sont les moins susceptibles de se conformer à la loi.

Seuls 26% des particuliers interrogés ont déclaré qu’ils achèteraient un détecteur d’incendie dans les trente prochains jours, 19% ont prévu de le faire dans les trois mois et 15% indiquent qu’ils prévoient cet achat dans les six prochains mois.

Face à ce constat, l'Assemblée nationale a décidé d'accorder vendredi un délai aux propriétaires qui n'auraient pas installé de détecteur de fumée dans leur logement avant la date limite du 8 mars prévue dans la loi Morange. 

« Les propriétaires ayant signé un contrat d'achat des détecteurs au plus tard au 8 mars 2015 sont réputés satisfaire l'obligation (...) à la condition que le détecteur de fumée soit installé avant le 1er janvier 2016 », précise cet amendement au projet de loi Macron qui avait été déposé par des socialistes et a été adopté.

« Certains propriétaires doivent faire face à une indisponibilité des détecteurs ou des entreprises d'installation, notamment les bailleurs ayant un parc important de logements », stipule son exposé des motifs.

Les professionnels du bâtiment peuvent agir

Mais le rôle des entreprises du bâtiment apparaît également comme primordial pour proposer la pose de tels matériels, à l’occasion notamment d'interventions programmées chez les particuliers au cours des prochaines semaines ou les prochains mois. Outre les interventions programmées, nombre d'électriciens et d'entreprises spécialisées disposent d'un fichier client important. Ce devrait être l’occasion pour elles d’entreprendre des actions de marketing direct vers ces clients, qui ont fait appel à l’entreprise dans un passé plus ou moins récent.

Traditionnellement peu répandu dans le bâtiment, ce type de démarche de prospection fait en général preuve de son efficacité, au vu des faibles moyens engagés pour les réaliser. En effet, un simple matériel bureautique peut suffire pour envoyer quelques centaines de lettres et l’appui de l'assistante de l'entreprise permet d'accompagner l’envoi d’une relance téléphonique. Il est par ailleurs toujours possible de faire appel à des agences spécialisées en marketing direct. Si cela s'avère plus coûteux, l’efficacité n’en n'est que meilleure. Enfin il est aussi possible de s'abonner à un service de fourniture de devis qui simplifie toute la démarche de prospection et dont le coût est variable, lié au nombre de contacts fournis. 
Régis Bourdot
 

Le prix, un obstacle ?

L’argument du prix ne tient pas, au moins pour une partie du marché.

Nest, propriété du moteur de recherche Google, est connu sur le marché français pour son thermostat connecté et design. Il propose depuis peu Nest Protect, un DAAF connecté et communiquant, compatible avec le thermostat Nest, et qui est commercialisé 110 € sur les boutiques en ligne. Pour le promouvoir, un camion de pompier customisé par Nest va sillonner les toutes de France et sensibiliser les particuliers à la sécurité incendie. Nest Protect y sera présenté. C’est un bon exemple de promotion et de communication pour les DAAF à découvrir avec le hashtag #NestCamionPompier.

Et c’est la preuve qu’on peut vendre, sur certains segments de marché et avec des efforts de promotion, des solutions dix fois plus coûteuses que ce qu’on trouve dans les linéaires des supermarchés.

Il semble donc tout à fait possible de porter une offre qualitative à une partie du marché en considérant que la concurrence se fait avec des produits comme Nest Protect et pas avec les DAAF premiers prix qu'on trouve dans les linéaires des libre-services.

Les grands industriels, Schneider, Legrand, Hager, ont tous, via la distribution professionnelle, une offre large et qualitative.

Hager, par exemple, a communiqué sa gamme 2015 qui se compose de trois produits certifiés, conçus, développés et fabriqués en France.

Les DAAF Hager
TG 520A et TG 522A sont respectivement alimentés par une pile alcaline 9V (6LR61) d’une autonomie de 5 ans et par une pile lithium scellée offrant une autonomie de 10 ans.


Plus compact (116 x 49 mm), le DAAF Hager S155-22X est pour sa part équipé d’une pile lithium 2 x 3 V scellée, d’une autonomie de 10 ans. En plus des principales fonctionnalités, ce modèle peut être relié, par un signal radio, à 39 autres DAAF Hager S155-22X pour créer un réseau de plusieurs détecteurs (max. 40). L’alarme émise par l’un de ces détecteurs est immédiatement et automatiquement reprise par les autres DAAF du réseau.
 En plus de favoriser ce type d’installation, le DAAF Hager S155-22X peut compléter un système d’alarme radio Hager, l’émission sonore du DAAF étant alors relayée par la centrale de l’habitation.

D’autres solutions existent aussi pour les publics plus âgés et à mobilité réduite. Assystel, acteur historique de la téléassistance pour personnes âgées, a ajouté à son offre un DAF. En cas d’incendie, chacun sait qu’il faut prévenir les secours et quitter les lieux … mais encore faut-il le pouvoir. En effet, il est plus difficile pour une personne qui est alitée ou qui éprouve des difficultés à se déplacer d’évacuer rapidement son logement ou de prévenir les secours.
Sans comptez que celles atteintes de troubles de l'audition ne pourraient peut être tout simplement pas entendre le détecteur sonner …
Le DAF connecté d’Assystel apporte donc une solution de sécurité à un public particulier.

Il y a donc beaucoup de solutions performantes et sûres dont les professionnels peuvent s’emparer. C’est le moment de le faire … et l’occasion de réaliser un chiffre d’affaires complémentaire en apportant sécurité et valeur ajoutée à ses clients.


© Gilles Paire

* Méthodologie de l’enquête : l’étude OpinionWay - Nest a été réalisée auprès d’un échantillon de 1 011 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence.
L’échantillon a été interrogé en ligne sur système Cawi (Computer Assisted Web Interview). Les interviews ont été réalisées les 14 et 15 Janvier 2015.

Redacteur

filter_list Sur le même sujet

Détecteur de fumée : le taux d'équipement des logements stagne à 10 %

Détecteur de fumée : le taux d'équipement des logements stagne à 10 %

Alors que la loi Morange rend obligatoire l'installation de détecteurs de fumée dans les logements avant le 1er mars 2015, les ménages français sont encore peu équipés. Selon une information des Echos, seuls 10 % des foyers ont installé ce dispositif de sécurité au grand dam des industriels de la filière. En cause, un manque d'informations et de communication de la part du gouvernement.
69 % des Français non équipés de Daaf ne se sentent pas concernés par le risque incendie

69 % des Français non équipés de Daaf ne se sentent pas concernés par le risque incendie

Selon un sondage BVA réalisé pour Kiddle, fabricant américain de détecteurs de fumée et d'extincteurs, 55 % des Français sont déjà équipés d'un DAAF et comprennent tout l'intérêt d'un tel dispositif dans leur logement. En revanche, pour les personnes qui ne sont toujours pas équipées, il reste encore beaucoup de pédagogie à faire, sachant que 69 % d'entre eux ne se sentent pas concernés face au risque d'incendie.
Détecteurs de fumée : plus d'une habitation sur deux ne sera pas équipée en mars

Détecteurs de fumée : plus d'une habitation sur deux ne sera pas équipée en mars

A compter du 8 mars 2015, toute habitation devra être équipée d'un détecteur avertisseur autonome de fumée afin de prévenir les incendies. Mais les professionnels peinent à mobiliser l'opinion publique sur le sujet. Selon une projection de la Fédération française des métiers de l'incendie, entre 60 et 65 % des habitations ne seront pas équipées, à la date de l'entrée en vigueur de la réglementation.

En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies afin de nous permettre d'améliorer votre expérience utilisateur. En savoir plus

Accepter