Le gaz de schiste en France ? C'est toujours non Législation et règlements | 19.02.15

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Le Sénat s'est une nouvelle fois opposé, dans la nuit de mercredi à jeudi, au gaz de schiste que des sénateurs UMP avaient tenté de réintroduire à l'occasion de l'examen du projet de loi sur la transition énergétique. La ministre de l'environnement Ségolène Royal a clairement annoncé qu'elle préférait la biomasse ou les moulins.

Ces sénateurs avaient déposé un amendement intégrant dans le volet de programmation plurianuelle de l'énergie (PPE) la nécessaire identification du potentiel énergétique de la France en matière d'hydrocarbures non conventionnels, c'est-à-dire des gaz de schiste. Cet amendement a été rejeté. « Après les manifestations contre la fracture hydraulique puis contre le gaz de schiste, le dossier a été mis au placard », a déclaré le président de la Commission économique, Jean-Claude Lenoir (UMP).

« Imaginez que la même chose se soit passée pour le gaz de Lacq qui a tant participé, pendant quarante ans, au développement de l'Aquitaine et de nos territoires », a-t-il ajouté. « Faisons confiance aux chercheurs », a plaidé Charles Revet (UMP), estimant que ceux-ci « trouveront des techniques respectueuses de l'environnement. Ne nous privons pas de connaître nos potentialités ».

« Je ne compte pas rouvrir le débat sur le gaz de schiste », a déclaré le rapporteur Ladislas Poniatowski (UMP). « Oui à l'exploration : il est absurde d'ignorer ce que recèle notre sous-sol », a-t-il renchéri, rappelant que la France et la Pologne, il y a quelques années, étaient réputées être les pays européens ayant le plus fort potentiel. Après recherche, la Pologne a découvert que son potentiel était huit fois moindre qu'annoncé. Mais pour lui, « l'exploitation est une autre question ».

Les énergies renouvelables préférées

« Aux États-Unis, les forages d'exploitation ont fait des paysages des friches après la faillite des entreprises qui y ont abandonné tout leur matériel », leur a répondu la ministre de l'environnement Ségolène Royal, avant de poursuivre : « Ne laissons pas croire que l'exploitation de cet hydrocarbure annonce un eldorado du sous-sol. Faisons des choix clairs : la biomasse, les moulins. Pas le gaz de schiste, n'en déplaise au lobby des investisseurs dans ce domaine qui nous réclameront ensuite des subventions publiques parce que l'exploration n'est pas rentable et causera des dégâts à l'environnement ».

Mathieu Darnaud (UMP), élu de l'Ardèche, département concerné par une éventuelle exploitation du gaz de schiste, s'est opposé à l'amendement. « La fracturation hydraulique fait courir un risque considérable au sous-sol fragile de notre département, ce qui affecterait le thermalisme, l'agriculture, la viticulture. Les conséquences seront incalculables sur le tourisme, les paysages » a-t-il alerté.

« Alors que nous cherchons à réduire les émissions de gaz à effet de serre, alors qu'il y a une telle mobilisation pour lutter contre le changement climatique, alors que nous voulons tourner la page des énergies fossiles, alors que nous voulons engager la transition énergétique, certains relancent le débat sur le gaz de schiste », s'est indigné Roland Courteau (PS). « Plutôt que d'aller explorer des ressources à 1500 mètres sous terre, exploitons les énergies renouvelables qui sont à portée de main », a-t-il conseillé.

(Avec AFP)

Redacteur

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