Désamiantage : Socateb revient sur la réglementation et son évolution future

Vie des sociétés | 23.11.17
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Désamiantage : Socateb revient sur la réglementation et son évolution future - Batiweb
Depuis maintenant deux ans, Socateb, spécialiste de l’enveloppe du bâtiment, mène des chantiers de désamiantage, une activité qui devrait s’accélérer dès octobre 2018 avec l’entrée en vigueur du décret du 9 mai 2017 qui rend obligatoire le repérage de l’amiante avant tous travaux. Quels sont les procédés à respecter sur un chantier « amiante » ? Socateb nous dit tout.
Compte tenu du risque sanitaire qu’il représente, l’usage de l’amiante a été interdit en France en 1997 et en Europe dès 2005. Malgré l’interdiction, l’amiante est encore très présent notamment dans les bâtiments datant d’avant le 1er juillet 1997, et reste la deuxième source de maladie professionnelle. On estime d’ailleurs qu’il serait responsable de 100 000 morts en France d’ici 2025.

Si jusqu’à maintenant un Dossier Technique Amiante (DTA) était imposé, notamment en cas de vente d’un bien, la loi va bientôt se durcir avec l’entrée en vigueur, en octobre 2018, du décret n°2017-899 relatif au repérage de l’amiante avant certaines opérations.

Que prévoit le décret ? L’obligation pour les donneurs d’ordre, maîtres d’ouvrage ou propriétaires de réaliser un repérage de l’amiante avant tous travaux. Le diagnostic ne concernera plus les seules parties communes d’un immeuble mais toutes les zones concernées par ces travaux.

Le désamiantage, un marché en essor

Cette nouvelle obligation devrait impacter les activités de désamiantage. Estimé à 6 milliards d’euros, ce marché représente une réelle opportunité pour les entreprises spécialisées, d’autant plus qu’il faudra du temps, environ 30 ans, pour désamianter chacun des bâtiments concernés.

Le spécialiste de l’enveloppe du bâtiment, Socateb, n’aura pas attendu la loi pour se lancer dans cette voie. La société a en effet anticipé la réglementation en créant il y a deux ans, un département amiante qui se compose désormais d’une vingtaine de personnes. Il faut dire que Socateb retrouve de l’amiante en façade dans un chantier de rénovation sur cinq. Ses équipes interviennent quotidiennement sur le traitement des enduits amiantés, sur les conduits en fibro-ciment, sur certains bardages et également sur les colles permettant la fixation de pâtes de verre ou encore sur les joints de mastic de fenêtre.

La société est aujourd’hui certifiée « 15 52 probatoire » par Qualibat jusqu’à la fin de l’année, et passera dès 2018 en certification « quinquennal ».

« On est l’une des seules entreprises à avoir entrepris une démarche de certification amiante. C’est un long processus de demande de certification, d’investissement, de formation de personnel, de process à respecter », détaille Jean-Pierre Valente, PDG de Socateb.

L’obligation va-t-elle être respectée ?

Les dirigeants de Socateb précisent que 95% des bailleurs sociaux font déjà faire un diagnostic amiante avant travaux mais que les copropriétés font figure de mauvaises élèves. En effet, si les bailleurs sociaux joignent le document aux appels d’offres, M. Valente précise que « dans la copropriété il y a beaucoup de pédagogie à faire car ce n’est pas rentré dans les mœurs ». L’obligation va-t-elle changer la donne ? Pas sûr !

Pour convaincre les syndicats et les gestionnaires de l’importance du diagnostic, Socateb organise des matinées d’information pour « justement expliquer les nécessités absolues de faire des diagnostics amiante avant travaux ». Outre la protection des salariés sur le chantier, un diagnostic réalisé avant travaux permet non seulement de gagner du temps mais également de réduire les coûts. En effet, si l’assemblée générale vote un budget travaux et réalise ensuite un DTA qui se révèle positif, cela engendrerait une plus-value puisqu’un désamiantage serait à prévoir.

La pertinence des diagnostics remise en cause

La réticence des copropriétés n’est pas le seul inconvénient rencontré par les équipes de Socateb. « On est aussi confronté de temps en temps à des diagnostics amiante non pertinents », indique Jean-Pierre Valente. A titre d’exemple il cite : « Vous avez 12 bâtiments et 4 types de matériaux différents. Le diagnostiqueur ne fait que 6 prélèvements au rez-de-chaussée, mais ne monte pas à l’étage et ne détermine pas différentes expositions. On a donc un diagnostic amiante non pertinent dans la mesure où si on a un contrôle sur chantier, il sera considéré comme tel. L’inspection fera jouer le principe de précaution et arrêtera les travaux ».

Qu’est-ce un diagnostic bien fait ? Socateb explique qu’avec la nouvelle obligation, « toutes les zones qui vont être impactées par des travaux devront être repérées (…). Logiquement, dans les règles de l’art, on a le maître d’ouvrage qui établit son cahier des charges et le transmet au diagnostiqueur. L’opérateur de repérage, en fonction du cahier des charges et des travaux réalisés, va faire des prélèvements aux différents endroits qu’il juge nécessaire. Plus il fait de prélèvements, plus le diagnostic sera pertinent ».

Les prélèvements, accompagnés de photos, sont ensuite envoyés à un laboratoire COFRAC qui informe des éléments amiantés. Le document doit ensuite être joint aux différents appels d’offres.

En cas d’exposition des salariés à l’amiante, qui est responsable ? Toutes les parties engagées, précise Socateb, d’où l’importance de ne pas effectuer des travaux « en méconnaissance », prévient Gérard N‘Diaye, responsable du département amiante. Socateb estime en effet que les entreprises ne devraient pas répondre à des appels d’offres si le repérage amiante n’est pas déjà intégré, ou tout du moins y répondre en formulant une réserve pour que le diagnostic soit effectué en temps et en heure. 

Les coulisses d'un chantier


Lors d’un point presse Socateb a révélé les coulisses d’un chantier « amiante ». Le chantier débute par la pose d’une bâche thermosoudée qui permet de créer un confinement « dynamique » sur les façades en extérieur. La zone où seront effectués les travaux est ensuite mise en dépression. La dépression est calculée grâce à des appareillages de contrôle, et des extracteurs, fonctionnant H24, sont mis en place pour assurer la circulation de l’air. L’étanchéité du confinement est vérifiée par l’intermédiaire de « tests fumée ».

Les opérateurs sont formés en sous-section 3 et interviennent par vacation d’une durée maximum de 2h30. Gérard N’Diaye précise qu’un opérateur ne peut pas effectuer plus de 3 vacations par jour, la durée totale des vacations ne devant pas dépasser 6 heures par jour. Une fois équipé (combinaison, masque et pompe de prélèvement amiante), l’opérateur avance vers la zone de confinement.


Sur un chantier de désamiantage de terrasses, les opérateurs procèdent au ponçage des enduits, les poussières étant aspirées à la source. Dans le cas de dépose de plaques fibrociment amiantées sous confinement dynamique, les plaques sont recouvertes de polyane liquides puis ensachées.

Suite aux travaux, le nettoyage de la zone de décontamination est très minutieux : les éléments introduits dans la zone sont aspirés puis vaporisés de surfactant. Les déchets sont décontaminés puis, une fois à l’extérieur, placés dans de bennes. Du côté de l’opérateur, il doit également passer par différents sas avant de pouvoir quitter la zone : aspiration, douche habillé, déshabillage puis douche sanitaire et habillage.

Les eaux utilisées pour décontaminer le matériel et les équipements sont filtrées puis analysées. A noter que les bâches et les éléments portés par les opérateurs, sont considérés comme des déchets qui sont ensuite stockés (enfouis) sur des sites prévus à cet effet.

Rose Colombel
Photos : ©Rose Colombel
Redacteur
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