Le SER-SOLER veut un mécanisme de soutien à l'autoconsommation Vie des sociétés | 08.07.14

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A l'occasion de la clôture imminente des travaux du groupe de travail lancé il y a six mois par la Direction générale de l'énergie et du climat sur le sujet de l'autoconsommation, le syndicat des énergies renouvelables vient de publier ses recommandations. Le SER-SOLER souhaite notamment mettre en place de manière expérimentale un mécanisme de soutien à l'autoconsommation pour le photovoltaïque. Explications.

A terme, lorsque le photovoltaïque sera compétitif avec les prix de détail de l'électricité distribuée, le développement de l'autoconsommation chez les clients finaux devrait s'accélérer spontanément. Afin d'anticiper cette évolution, le SER-SOLER souhaite encourager les clients à passer en autoconsommation en leur proposant un mécanisme de soutien.

Ce mécanisme de soutient serait expérimenté sur trois ans, « en parallèle des mécanismes de soutien actuellement en vigueur, et sans que cette initiative se substitue à ces derniers », précise le SER-SOLER.

Cette phase expérimentale permettrait dès lors d'anticiper et de résoudre en amont les questions qui se poseront lors du développement naturel de l’autoconsommation, notamment l’intégration du photovoltaïque autoconsommé au réseau électrique en termes d’énergie et de puissance, et la définition des services système associés.

Anticiper le développement naturel de l'autoconsommation

« L’expérimentation en matière d’autoconsommation que nous recommandons pourrait préparer les acteurs économiques à l’émergence d’un nouveau marché du photovoltaïque, inexistant à ce jour, et que l’on pourrait qualifier de « marché de proximité », déclarent dans un communiqué commun Jean-Louis BAL, président du SER, et Arnaud MINE, vice-président du SER et président de SOLER, la branche photovoltaïque du SER.

Cette expérience permettrait également de développer des modèles de pilotage de la demande et de la production en fonction des segments de puissance concernés et de la nature des sites équipés mais aussi de veiller à la sécurité électrique des intervenants et des utilisateurs finaux.

Le SER-SOLER y voit aussi une occasion pour la France d'acquérir un savoir-faire et de construire des références pour se positionner à l'export, dans un marché en pleine croissance.

Enfin, cela permettrait d'anticiper la gestion du risque en matière de financement de ces nouveaux projets et résoudre en amont les problèmes juridiques concernant l'achat et la vente d'énergie de gré à gré.

Le secteur industriel et le tertiaire en priorité

Les volumes dédiés à cette expérimentation totaliseront 300 MW par an pendant trois ans, répartis sur l’ensemble des segments de puissance. 

« Ces volumes viendraient s’ajouter à la programmation pluriannuelle d’appels d’offres que SER-SOLER juge essentiel de mettre en place afin de donner une visibilité optimale aux industriels : 1 000 MW par an a minima pendant trois ans », détaille le syndicat dans son communiqué.

Les sites visés en priorité par l’expérimentation devraient être ceux du secteur industriel et tertiaire d’une part, pour lesquels il peut exister une adéquation « naturelle » des courbes de consommation et de production photovoltaïque, et du résidentiel intégré dans des « îlots urbains » en cours d’aménagement.

D'autre part, « la réflexion peut s’étendre à l’échelle de zones commerciales et d’activités, campus universitaires, quartiers résidentiels, sites industriels, sites de recharge de véhicules électriques : tout ce que recouvre le terme générique d’ « îlot urbain », mais également au niveau des collectivités », détaille Jean Louis Bal et Arnaud Mine.

L’amortissement de l’investissement se fera donc par l’économie liée à une moindre consommation sur le réseau et à la vente du surplus.

« A ce titre, il serait essentiel de mettre en place un mécanisme d’utilisation des antennes de distribution basse tension afin de permettre qu’un générateur photovoltaïque remplisse ce rôle de source d’électricité pour les consommateurs de proximité », ont déclaré Jean Louis Bal et Arnaud Mine.

Urgence pour les DOM

En ce qui concerne plus particulièrement les DOM, SER-SOLER recommande la mise en place en urgence d’un mécanisme de prime à l’autoconsommation intégrant des actions de maîtrise de l’énergie, du stockage et du service réseau.

SER-SOLER demande que les DOM puissent bénéficier de cette mesure d’urgence sur une période de trois ans, afin d’affiner le modèle proposé. Les volumes seraient annuellement plafonnés à 100 MW par an pour l’ensemble de ces territoires.

C.T
© Claire Thibault – Batiweb.com

Redacteur

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