QUILLE dote le 6éme pont des papillons et des travées métalliques

Vie des sociétés | 18.08.06
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QUILLE dote le 6éme pont des papillons et des travées métalliques - Batiweb
Acheminé par voie maritime et fluviale depuis la Belgique et l'Est de la France, chacun des éléments de dimensions et de poids imposants nécessite la mobilisation par le groupement constructeur de moyens de levage importants et complexes. 30 m de long, 18 de haut et 8 de large pour un poids de plus de 450 tonnes chacun… les mensurations des papillons (charpentes métalliques qui supportent les poulies actionnant le levage du pont) sont impressionnantes.
Ces travaux sont une étape cruciale dans la construction de ce pont destiné à être levé 30 à 40 fois par an pour permettre la navigation jusqu'au cœur de Rouen des bâtiments de gros gabarit (paquebots de croisière, grands voiliers, Armada…). Une fois ces opérations réalisées, le 6ème Pont sur la Seine présentera son architecture définitive, avant son ouverture à la circulation prévue pour le courant de l'année 2008.

Réalisés par les ateliers Victor-Buyck d'Eeklo (Belgique) et Eiffel de Lauterbourg (Bas-Rhin), ces éléments, qui doivent leur nom à leur forme en aile de papillon, sont composés d'une structure de tubes en acier d'un mètre de diamètre avec des pièces mécano-soudées aux intersections pour porter les poulies.

Premiers éléments du système de levant du pont, la réalisation d'un seul des papillons a demandé aux ateliers Eiffel plus de 10 000 heures de travail.

21 ET 22 AOUT 2006 : POSE DES TRAVEES METALLIQUES LEVANTES

Les travées métalliques de 120 m de long sur 17 m de large et d'une hauteur de 4,50 m pour un poids de 1 250 tonnes sont expédiées par voie fluviale en une seule pièce depuis les ateliers de fabrication Victor-Buyck et Eiffel.

Deux grues flottantes sur barge, venues des Pays-Bas, déposent les tabliers sur leur socle le 21 août en amont et en aval le 22 août, sous la vigilance du responsable des opérations QUILLE.

Le tablier du 6ème Pont sur la Seine est constitué de caissons étroits à pièces de pont, dont les grands encorbellements latéraux sont soutenus par des bracons. Le caisson est centré sur les 3 voies de circulation routière prévues, avec la bande d'arrêt d'urgence et un trottoir placé en encorbellement vers l'extérieur.

UN MECANISME DE LEVAGE ALLIANT SIMPLICITE ET FIABILITE

Le système de levage du 6ème Pont sur la Seine a été conçu de manière à ce que chaque travée puisse être levée de façon indépendante à partir des tours centrales. Composé de câbles et de contrepoids, il permet de lever directement et facilement la lourde charge des travées (1 250 tonnes) à une hauteur de 50 m. D'une grande fiabilité, il dispose d'une tolérance importante vis-à-vis des mouvements et des déformations des travées.

Ainsi, les tabliers métalliques sont suspendus par 16 câbles dont 8 à chaque extrémité de la travée et 4 de chaque côté de la chaussée. Les câbles se rejoignent en tête de la tour de levage et passent sur huit poulies réparties en deux blocs. Ils sont conduits ensuite sur huit autres poulies situées à la verticale du fût opposé dans lequel ils descendent pour s'attacher aux contrepoids. Sur les quatre câbles ancrés d'un côté de la chaussée, deux sont dits "porteurs" et sont reliés au même contrepoids "lourd" (195 tonnes) et deux sont dits "porteurs/moteurs" et sont reliés au même contrepoids "léger" (115 tonnes). Ce dernier est relié au treuil électrique qui assure le levage par deux câbles moteur qui s'enroulent sur le tambour du treuil en hélices à pas inversés. Des moteurs de levage actionnent les treuils qui sont asservis pour garantir l'horizontalité en cours de hissage.

Cette conception assure une grande sécurité :

- chaque poulie est indépendante, ce qui laisse une totale liberté pour les micro déplacements et supprime les risques de glissement,

- tous les câbles assurant une même fonction sont associés par deux. En cas de rupture accidentelle d'un câble, sa tension est reprise par l'autre,

- les câbles porteurs sont soumis à une tension constante par les contrepoids (environ 90 tonnes) et les câbles porteurs/moteurs ne subissent qu'une faible variation de tension (60 tonnes). Il n'y a donc aucun risque de fatigue.

LE 6EME PONT SUR LA SEINE : UN OUVRAGE UNIQUE EN EUROPE PAR SA TECHNICITE ET SA COMPLEXITE

Attendu depuis plus de 30 ans, le 6ème franchissement de la Seine à Rouen se présente sous la forme d'un ouvrage de génie civil unique en son genre en Europe, d'une grande technicité.

Sa construction est la réponse à trois nécessités majeures :

- la fluidification de la traversée par l’Ouest de l’agglomération Rouennaise. En effet, le trafic entre les deux rives de l’ouest de l’agglomération rouennaise avoisine les 100 000 véhicules par jour. Faute de liaison directe, celui-ci emprunte aujourd’hui des voies urbaines au cœur de la ville qui sont les plus chargées et les plus saturées de l’agglomération.

- la dynamisation des activités à l’Ouest de Rouen et la favorisation des échanges inter-régionaux. En effet, ce 6ème pont doit permettre de faciliter la desserte de l’ensemble des activités économiques installées à l’ouest de Rouen. Les échanges économiques seront largement facilités. Cette évolution touchera en particulier l’activité du port de Rouen, mais aussi les autres centres économiques comme le Marché d'Intérêt National.

- l’amélioration de l’environnement urbain en réduisant les nuisances. En détournant une large part du trafic de l'agglomération, le 6ème pont permettra de réduire le bruit et la pollution en centre-ville de Rouen. Cela touchera un secteur en pleine rénovation : l’avenue du Mont Riboudet, le quai Gaston Boulet, le pont Guillaume le Conquérant et l’avenue Jean Rondeaux.

La solution d'un pont levant élaborée par Michel Vilorgeux, concepteur du pont de Normandie, Arcadis, Eurodim et Aymeric Zublena, architecte du Stade de France, a été préférée à l'option "tunnel" notamment pour des raisons de coût mais également pour la possibilité qu'elle offre de faire transiter des matières dangereuses. De même, la solution "pont fixe" a été écartée en raison de son gabarit fixe à 55 m qui rend impossible le passage des paquebots et de l'Armada.

L'architecture du 6ème Pont sur la Seine rompt radicalement avec celle des cinq ponts classiques qui relient actuellement les deux rives rouennaises. Constitué de métal et de béton, dessiné en lignes pures, opposant verticalité et horizontalité, il a pour but de se fondre dans le paysage de la région, en alliant simplicité et légèreté. Son esthétique rappelle des infrastructures portuaires de Rouen.

La construction de cet ouvrage de 670 m de long (viaducs compris), comprenant 6 voix de circulation, a été confiée en février 2004 à un groupement de leaders du TP : Quille – Eiffage TP – Eiffel – Victor Buyck. Les travaux sont entrés dans leur phase opérationnelle au début de l’été 2004, avec l’édification de rampes d’accès au futur ouvrage et dureront jusqu’en avril 2007, date de livraison du chantier.

Redacteur