Atterrissage en douceur de la croissance américaine !

Vie pratique | 17.08.06
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Atterrissage en douceur de la croissance américaine ! - Batiweb
Le scénario d'un atterrissage en douceur de la croissance américaine semblait se confirmer mercredi avec une inflation modérée, un ralentissement industriel et un affaiblissement de l'immobilier qui devraient conforter la banque centrale dans le statu quo monétaire.C'est la première fois que l'indice de base ralentit en cinq mois et cette nouvelle a réjoui les analystes.
Les prix à la consommation ont progressé de 0,4% en juillet par rapport à juin, et l'indice de base, qui est le plus suivi par les analystes parce qu'il exclut les éléments très volatils que sont l'énergie et l'alimentation, a augmenté de 0,2% seulement. Ils y ont vu un signe de modération de l'inflation allant dans le sens du recul de 0,3% des prix de gros, hors alimentation et énergie, annoncé la veille. "Le ralentissement des prix à la consommation et la baisse des prix de gros valident la décision récente de la Réserve fédérale de laisser ses taux directeurs inchangés", a estimé Stephen Gallagher de la Société Générale.

La banque centrale américaine avait laissé son principal taux à 5,25% la semaine dernière en pariant que la décélération de la croissance allait finir par juguler les pressions inflationnistes. Après les derniers chiffres sur l'inflation "la probabilité d'une hausse des taux en septembre chute", selon Kenneth Beauchemin de Global Insight. Le ralentissement économique semble bien engagé, alors que les consommateurs commencent à vaciller face au renchérissement des crédits et du prix de l'essence.

Deux indicateurs publiés mercredi ont mis en exergue leur essoufflement. La production industrielle a ralenti à +0,4% en juillet après +0,8% en juin, en raison d'une chute de la production automobile. De leur côté, les mises en chantier de logement ont bien plus reculé que prévu (-2,5%), pour retomber à leur niveau le plus faible depuis novembre 2004. "Ce sont les investissements des ménages qui feront ralentir l'économie", souligne Daniel Meckstroth, le chef économiste de l'alliance des industriels MAPI.

"Les achats de voitures et les mises en chantier de logements vont baisser et le gros de cet affaiblissement se fera sentir au deuxième semestre", ajoute-t-il. Les dépenses de consommation représentent traditionnellement les deux tiers de la croissance américaine. La hausse du coût du crédit a un effet boule de neige car cela déprime l'immobilier. La baisse des prix des logements à son tour tarit les liquidités que les ménages peuvent dégager par le jeu du refinancement hypothécaire, ce qui finit par peser sur la consommation.

Le ralentissement économique n'est pas forcément une mauvaise nouvelle car "c'est bien entendu ce que la Fed souhaite dans ses efforts pour contenir l'inflation", rappelle M. Meckstroth. L'idée est que, si la demande est moins forte, les commerçants auront moins de marge de manoeuvre pour augmenter leurs prix, et que les salaires progresseront peu s'il devient plus difficile de trouver du travail.

Certains analystes soulignent toutefois que ce scénario pourrait connaître des ratés si l'inflation persiste à un niveau supérieur aux objectifs de la Fed, à savoir entre 1 et 2% sur un an. En juillet, l'inflation de base mesurée par les prix à la consommation est passée à 2,7% sur un an (contre 2,6% le mois précédent). "La Fed peut garder le statu quo pendant un moment après les derniers chiffres de l'inflation. Mais elle va rester inquiète sur l'inflation", estime M. Gallagher. Sa prochaine réunion a lieu le 20 septembre.

Redacteur