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Le bruit au travail et à la maison, responsable de nombreux maux

Qu'elles soient liées à l'environnement de travail ou au lieu de vie, les pollutions sonores pourraient coûter environ 57 milliards d’euros chaque année à la France, selon l'étude du cabinet EY financée par l'Ademe et publiée ce mardi. Outre un impact notable sur la santé, le bruit affecte aussi la valeur immobilière d'un bien. Détails
Publié le 15 juin 2016

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Le bruit au travail et à la maison, responsable de nombreux maux - Batiweb
Trafic routier, voisinage bruyant, emploi de machines au travail... Le bruit est partout et impacte le quotidien des Français, aussi bien au niveau de leur santé que de leur portefeuille.

En France, le coût lié à ces nuisances sonores est estimé à 57 milliards d'euros chaque année, « avec des inconnues qui justifient d’approfondir les connaissances sur le sujet et qui laissent supposer que ce chiffre est susceptible d’évoluer à la hausse », précise l'Ademe qui a commandé cette étude*, auprès du cabinet EY.

Ainsi, près de 9 millions de personnes sont fortement exposées au bruit des transports, dont 7 millions exposés à de forts niveaux sonores ( dépassant 65 dB) en raison du trafic routier et 1 million à cause du trafic ferroviaire.

En ce qui concerne le trafic aérien, 500 000 personnes sont exposées à des niveaux considérés comme critiques (supérieurs à 55 dB , seuil retenu pour la délimitation des plans de gêne sonore autour des grands aéroports).

Mais il n'y a pas que les nuisances des transports qui impactent la vie des Français. Le bruit en milieu professionnel et scolaire fait aussi partie du quotidien de nombreux Français.

58 % des salariés en France se disent exposés au bruit, soit environ 14 millions de personnes, selon une étude de Malakoff Médéric. Les salariés qui travaillent dans le bruit sont 80 % à déclarer avoir un travail nerveusement fatiguant (contre 70 % en moyenne) et 72 % à déclarer avoir un travail physiquement fatigant (contre 47 % en moyenne).

Un impact sanitaire et économique

L'impact principal du bruit est sanitaire et économique : troubles du sommeil (54 % du coût total sur la santé), devant la gêne (40 %) et les maladies cardiovasculaires (6 % lié à l'impact du bruit routier, uniquement).

En France, le seul coût sur la santé du bruit des transports s'élève à 11,5 milliards d’euros par an en France, dont 89 % induit par le trafic routier, 9 % au trafic ferroviaire et 2% au trafic aérien.

Concernant les troubles du sommeil, liés aux transports, ils pourraient coûter environ 2 milliards d’euros chaque année en France, dont 1,7 milliards d’euros de pertes de productivité au travail et 300 millions d’euros de troubles de l’apprentissage à l’école.

D'autre part, le bruit en milieu professionnel provoque de nombreux accidents du travail et entraîne parfois la surdité chez les salariés. Chaque année, cela coûterait de l'ordre de 1,2 milliards d'euros à la France.

Enfin, en ce qui concerne les conséquences du bruit en milieu scolaire, le coût social du bruit en salle de classe serait de l’ordre de 6 milliards d’euros par an « en supposant, en l’absence de valeur issue de la littérature, que 20 % de la part du décrochage scolaire soit expliquée par les nuisances sonores », précise l'Ademe.

Un environnement bruyant déprécie un bien

Reste qu'on ne choisit pas ses voisins : « le bruit de voisinage figure parmi les bruits les plus durement ressentis par les Français », selon les résultats du sondage « Les Français et les nuisances sonores » publié en septembre 2014 par l’IFOP.

La gêne, les troubles du sommeil et les autres impacts sur la santé (maladies cardiovasculaires) qui en découlent, coûteraient ainsi environ 11,5 milliards d’euros chaque année en France.

A noter également qu'outre l'impact sanitaire, le bruit fait perdre de la valeur à un bien immobilier. En extrapolant les résultats d'analyse du bruit des transports sur des périmètres limités, comme celui de l'aéroport d'Orly, l'Ademe avance cette estimation : « près de 7,1 milliards d’euros de décote annuelle sur le parc immobilier résidentiel en France ».

L'étude entend également fournir des éléments de premières analyses coûts-bénéfices, afin de comparer le coût financier des mesures d’atténuation du bruit (ex. sensibilisation des citoyens aux comportements vertueux, revêtements routiers, murs anti-bruit) aux bénéfices sociaux qui pourraient en découler (ex. diminution de la gêne et des troubles du sommeil lié au bruit des transports).

*La méthodologie de cette étude repose sur une analyse critique des travaux disponibles à l’échelle française et européenne : études scientifiques, études technico-économiques, enquêtes et sondages auprès des populations, articles de presse… A partir de cette base, une description des coûts sociaux directs et indirects des principales sources de nuisances sonores (transport, voisinage, milieu professionnel) est réalisée, puis une traduction économique de chaque poste de coût lorsque des données le permettent.

C.T
© Fotolia

Par Redacteur

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