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La rénovation énergétique, un enjeu de filière et de coordination (Ursa)

Publié le 30 mai 2023

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Simplification, coordination, information et formation... Ursa, spécialise de l'isolation, revient pour Batiweb sur les principaux défis et enjeux de la rénovation énergétique en France, à quelques mois du lancement du salon Renodays. Rencontre avec Jean-Pierre Laherre, son directeur général.
La rénovation énergétique, un enjeu de filière et de coordination (Ursa) - Batiweb

Pourquoi avoir décidé de participer au Salon Renodays ? Qu’attendez vous d'un tel évènement ? 

 

Jean-Pierre Laherre : On considère que les enjeux de rénovation énergétique sont d’abord des enjeux de filière, de coordination. Le sujet de la rénovation énergétique est complexe, mais il est possible que si on s’entoure de gens compétents, expert chacun de son domaine.

Les Renodays tombent à pic et je salue l’initiative de RX sur le sujet. Après un succès de Batimat, il faut faire un succès de ces deux journées, d'abord pour regrouper la filière et puis arriver à mieux débloquer la situation, d’une manière simple, pour les maîtres d’ouvrages et pour les particuliers, pour rénover leurs bâtiments et leurs logements, qui en ont vraiment besoin, compte tenu des enjeux énergétiques.

Qu’entendez-vous par « enjeux de coordination » ?

 

Jean-Pierre Laherre : Le gouvernement a fixé comme objectif 700 000 logements rénovés par an pour les 5 prochaines années. Au-delà de l’objectif, il y a le besoin. Sauf que l’État fait du yo-yo avec cette rénovation énergétique : un jour on met la barre à gauche pour l’isolation et puis après on enlève tout, le coup de pouce isolation par exemple, pour tout mettre sur les pompes à chaleur (PAC). Tout ça encourage à jouer chacun dans son couloir, alors que quand on parle rénovation d’un bâtiment, on parle rénovation globale.

Ensuite, les subventions ne sont pas très claires et les consommateurs ne comprennent pas grand chose. La meilleure façon de réagir à tout ça c’est de se parler, que l'écosystème de la rénovation énergétique se réunisse, se coordonne et se parle, pour faire de la rénovation énergétique, un vrai sujet.

Quelles solutions allez-vous présenter ? 

 

Jean-Pierre Laherre : Nous allons mettre en avant nos solutions classiques, nos produits habituels, tels que les isolants TERRA et PURE ONE. Ce n’est pas de la grande nouveauté, mais c’est aussi bien de rappeler ce que l’on fait. Parallèlement, on va présenter une solution qui s’adresse aux bâtiments tertiaires, CLADURSA, lancé il y a un an et demi. Après, il y a ce que l’on va montrer et ce qu’on va échanger.

Mais on est ravis de participer et de voir comment les acteurs du secteur vont appréhender ce nouveau rendez-vous dans un autre format qui va, on l’espère, permettre de pouvoir mettre la lumière sur la rénovation énergétique et toutes les solutions proposées par Ursa.

Chez Ursa, de quelle manière participez-vous à ces enjeux de rénovation énergétique ?

 

Jean-Pierre Laherre : Chez Ursa, on ne veut pas que ce soit qu’un discours et on a de la chance d’avoir des solutions et produits qui vont bien dans cet angle là puisqu’on a essentiellement des isolants en laines minérales, des produits locaux et recyclés.

Globalement, on est très impliqué sur le développement durable, mais en termes de rénovation, on milite, on communique pour dire qu’on a des solutions absolument vertueuses face à cette crise de l’énergie. Récemment, on a d’ailleurs lancé l’opération « Bouclier URSA pour la planète ». On s’est inspiré du bouclier tarifaire, mis en place par le gouvernement pour limiter la hausse des tarifs de l’énergie, mais notre bouclier, lui, a pour objectif de faire parler de nos solutions, en mettant en avant les avantages qu’offre l’isolation d’un logement, ou d’un bâtiment.

Selon vous, à quels défis doit répondre la rénovation énergétique en France ?

 

Jean-Pierre Laherre : L’essentiel aujourd’hui c’est que ces rénovations énergétiques aient du sens, qu’elles permettent réellement d’économiser de l’énergie, c’est-à-dire d’avoir une facture en moins, du confort en plus, du confort à la fois en hiver et en été. Sauf qu’avant de penser à une bonne solution, il faut un bâti bien isolé.  

Ensuite, il y a de gros problèmes d’information et de simplification. Mon Accompagnateur Rénov par exemple, c’est un parcours du combattant. C’est le problème en France, on a de superbes idées mais on en fait de véritables usines à gaz. Les CEE, Ma Prime Rénov… c’est très compliqué d’y avoir accès. Parallèlement, très peu d’entreprises sont capables de faire l'ensemble de cette rénovation.

Le financement est également un frein sur lequel il faut travailler. Bien sur, il faut que chacun essaie de mettre la main à la poche avec un retour sur investissement, mais parfois on a aussi besoin que l'on nous prête de l’argent. On a besoin des banques, mais malheureusement aujourd’hui elles ne financent pas la rénovation, ou très peu, il faut s’accrocher pour un emprunt bancaire, et d’ailleurs on voit l’impact sur les ventes de maisons et sur les mises en chantier. C’est terrible ! Néanmois, je tiens quand même à saluer la présence d’organismes bancaires aux Renodays, car c’est absolument nécessaire.

Globalement, tous les ingrédients sont là, mais désormais l’enjeu est d’arriver à se coordonner d’une manière simple. Pour cela, il faut discuter tous ensemble et les Renodays, c’est ce qu’il manquait au secteur pour avancer et lever ces obstacles.

Comment les professionnels peuvent-ils se former et se perfectionner à la rénovation énergétique ?

 

Jean-Pierre Laherre : Les entreprises du secteur connaissent les règles de l’art sur ce sujet, mais je crois que l’important aujourd’hui est de mettre en avant ceux qui les suivent correctement. Ces derniers temps, le focus a trop été mis sur les exceptions par les médias, ceux qui profitent du système CEE. C’était une minorité et pourtant les projecteurs ont été mis sur ces entreprises, c’est dommage. 

Les arnaques ne sont pas l’essentiel de l’activité. L'enjeu c’est vraiment de simplifier mais pour cela, il faut des discours clairs et accessibles. Les CEE sont une invention géniale mais on en a fait un système trop complexe. Il faut un équilibre, ne pas trop mettre de subventions dans un domaine, aider les maîtres ouvrages et particuliers à financer, et on va y arriver ! Il y a près de 650 000 entreprises du bâtiment en France et la plupart sont vertueuses. 

La formation est sujet important sur lequel on a envie de contribuer, notamment avec le Club Expert URSA, qui propose plusieurs services, pour que les artisans soient davantage visibles sur internet. 

 

Par quels moyens les politiques publiques peuvent-elles encourager la transition vers des sources d'énergie plus propres  ?

 

Jean-Pierre Laherre : Tout d'abord, il est nécessaire de remettre l’isolation dans MaPrimeRénov', sur l’isolation de combles par exemple. Il est également important d’avoir un équilibre des matériaux et des choix pour les particuliers, et en connaissance de cause.

Aujourd’hui, c’est facile de dire tel ou tel produit est naturel car il est biosourcé, mais il ne faut pas oublier qu'un matériau il faut le couper, le traiter et le transporter, il a un cycle de vie et il rejette du carbone. Tous les produits ont leurs avantages et inconvénients, mais globalement il y a une pluralité et c’est très bien, mais je pense qu'il faut revenir sur des choses claires et pas trop partisanes sur le sujet.

Si les politiques nous écoutaient et qu’ils mettaient une petite partie des encouragements à la rénovation énergétique sur l’isolation, ce serait une bonne chose. Attention, l’idée n’étant pas de mettre tout sur l’un ou l’autre domaine. L’idéal serait de trouver un équilibre des choix dans la mise en oeuvre, avec d’autres solutions d’isolations. C’est ce qui me paraît important et je pense que les Renodays vont participer à ces échos-là !

 

Propos recueillis par Marie Gérald 

Photo de une : Jean-Pierre Laherre

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