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Monstres et héros... Promenade dans des poteries

Monstres et héros... Promenade dans des poteries
L'imagerie grecque est peuplée de figures étranges, divinités majeures ou mineures, personnifications, monstres terrifiants, mêlant plusieurs espèces animales. Chaque figure a rapidement pris une apparence visuelle résumant symboliquement son caractère et son rôle.Au début du VIIe siècle av. J.-C., dans la peinture de vases, apparaissent des monstres issus du récit oral : luttant contre les héros, le centaure Nessos, les Gorgones, la Chimère deviennent des personnages à part entière de l'imagerie mythologique. Parallèlement, dans les styles orientalisants du haut archaïsme (de Corinthe et de Grèce de l'est notamment) sphinges, sirènes ou griffons en frise ou motif ornent les vases.

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Avec l'essor des productions à figures noires (première moitié du VIe siècle av. J.-C.), le répertoire se complète : les dieux voyageurs et les personnifications (Hermés, Eros, Borée, Eos, Nikè) pourvus d'ailes qui symbolisent leur don d'ubiquité ou leurs capacités supérieures ; les divinités marines (Nérée, Triton), au corps serpentiforme couvert d'écailles ; les satyres, compagnons de Dionysos, avec queue chevaline et oreilles pointues ; tandis que les monstres composites qui menacent la civilisation des humains sont dominés par une animalité réelle ou fantastique.

Allégories du désordre, la Gorgone Méduse au regard qui pétrifie, le Minotaure dans son labyrinthe, la Chimère ou le Sphinx de Thèbes ne seront vaincus que par des héros, parfois aidés des dieux, dont les exploits libèreront la communauté. L'héritage de ce riche répertoire figuré est encore présent dans notre imaginaire: la silhouette de Pégase, cheval ailé auxiliaire de Bellérophon dans sa lutte contre la Chimère, dont la silhouette aérienne symbolise universellement la rapidité et la liberté.

La Chimère, un animal fabuleux qui crache des flammes

La Chimère, dont le nom signifie "chèvre", est un des nombreux monstres hybrides de la mythologie grecque. Son aspect peut varier mais elle se présente le plus souvent comme un lion (ou une lionne) sur l'échine duquel se dresse une tête de chèvre et dont la queue se termine par un serpent. En outre, sa peau est indestructible et elle crache des flammes. Elle est la fille d'un couple des premiers temps de l'univers, les terrifiants Typhon et Echidna, également parents de trois autres hybrides : le chien à deux têtes Orthos, Cerbère et l'Hydre de Lerne. Elevée à Patéra, en Asie Mineure, par le roi de Carie Amisodarès, la Chimère ravageait les régions voisines et dévorait les troupeaux. Elle intervient principalement dans la légende de Bellérophon auquel le roi de Lycie, Iobatès, avait confié la mission de la tuer. Le premier assaut du héros, monté sur le cheval ailé Pégase, est un échec ; en effet, son épée ne parvient pas à entailler la peau de la bête qui est invulnérable. Alors, sur les conseils d'Athéna, protectrice des héros grecs, il fixe au bout de sa lance un gros morceau de plomb qui, plongé dans la gueule en feu de la Chimère, fond et brûle tous ses organes. La Chimère rassemble tous les attributs du Dragon : le feu, l'hybridité et la nature reptilienne. Le combat contre la Chimère est un mythe universel puisque la lutte contre le Dragon se retrouve dans toutes les mythologies.

Enfin son nom est passé comme synonyme de vaine imagination et d'illusions dangereuses.

Bellérophon ou la vengeance d'une reine

Fils de Poséidon, Bellérophon a pour père "humain" Glaucos, lui-même fils de Sisyphe et roi de Corinthe. Ses aventures commencent par le meurtre accidentel d'un homme que l'on nomme parfois Belléros, ce qui donnerait l'explication du nom de Bellérophon : "le tueur de Belléros". A la suite de ce meurtre, Bellérophon quitte sa ville natale et s'installe à Tyrinthe, auprès du roi Proetos. Or, l'épouse de ce dernier, Sthénébée, se prend de passion pour lui et l'accuse d'avoir tenté de la violer afin de se venger de son indifférence.

Furieux, Proetos envoie Bellérophon chez son beau-père, le roi de Lycie, Iobatès, avec un message contenant sa condamnation à mort. Iobatès ordonne alors au jeune homme de tuer la Chimère, pensant qu'il périra au combat. Revenu victorieux, Bellérophon doit encore aller combattre les Solymes, tribu de guerriers particulièrement féroces, puis les Amazones. Finalement convaincu de l'innocence du héros, Iobatès lui donne sa fille en mariage et lui lègue son royaume.

Après tous ces exploits, Bellérophon revint à Tyrinthe se venger de Sthénébée qui prit la fuite sur le dos de Pégase. Mais, le cheval ailé la laissa tomber dans la mer où elle se noya. Plus tard, Bellérophon, monté sur Pégase, tenta de rejoindre l'Olympe. Choqué par tant d'orgueil, Zeus envoya un taon piquer le cheval du héros qui, désarçonné, tomba sur la terre et se tua. Bellérophon était honoré comme un héros à Corinthe et en Lycie.

La représentation de la Chimère dans l'art antique

En dépit de son nom (chimaira : chèvre), la Chimère est un lion et c'est sous cette forme dominante qu'elle apparaît sur les documents figurés. Fidèle aux descriptions données par Homère et Hésiode, un type, créé à Corinthe à la fin du VIIe s. av. J.-C., triomphe : celui d'un animal hybride à corps de lion, sur le dos duquel se dresse une tête de chèvre et dont la queue s'achève par une tête de serpent. Mais le "souffle enflammé "sur lequel insistent la plupart des auteurs antiques n'est pas retenu par les artistes.

Quelques variantes existent : la Chimère ailée, très vite abandonnée -sauf en Etrurie où elle connût un grand succès au VIe s av. J.-C.- ; la Chimère femelle dont on trouve quelques illustrations sur les vases de la fin du Ve s av JC et du début du IVe s. av. J.-C. (G 447, K 362). Au VIe s av. J.-C., alors qu'à Corinthe, la Chimère est purement décorative, Athènes continue à la représenter lors de son combat contre Bellérophon. Rare pendant presque un siècle, elle réapparaît sur quelques vases de la fin du Ve s av. J.-C. (G 446, G 447). Enfin, son image est utilisée comme épisème de bouclier et comme un des principaux types monétaires de Sicyone.

A l'époque hellénistique, les représentations de la Chimère seule disparaissent peu à peu, de même qu'à l'époque impériale, alors que l'image du combat de Bellérophon contre le monstre jouit d'une certaine faveur comme symbole funéraire et comme exaltation du triomphe impérial.

Le cheval ailé Pégase, auxiliaire des héros

Né de Poséidon et de la Gorgone, Pégase est associé à plusieurs légendes, celle de Persée et surtout celle de Bellérophon. Les étymologies anciennes lient son nom aux sources et à l'eau ; on raconte qu'il aurait fait jaillir une source sur l'Hélicon en frappant un rocher de son sabot ; l'eau de cette source, baptisée Hippocrène (Source du Cheval), était censée favoriser l'inspiration poétique.

Pégase vit dans l'Olympe où il a la tâche sacrée de porter le foudre de Zeus jusqu'au jour où Athéna, la protectrice des héros, va aider Bellérophon à le dompter. Pour ce faire, elle confie au jeune homme un mors doré. Alors que le cheval fabuleux s'abreuve à l'eau de la source Pirénè, Bellérophon en profite pour lui passer la bride autour du cou et monter sur son dos. Grâce à cette monture divine, et à l'aide d'Athéna, le héros peut venir à bout de la Chimère. Après la mort de Bellérophon, victime de son orgueil, Pégase retourne parmi les dieux et est transformé en constellation.

Motif d'origine orientale, le cheval ailé apparaît déjà sur des intailles de l'époque mycénienne. On le voit également sur les frises d'animaux ornant la céramique orientalisante. C'est dans un combat au sol contre la Chimère qu'il apparaît pour la première fois ; mais dès le milieu du VII s. av. J.-C., Pégase est montré en vol, ce qui restera la règle. A partir de l'époque archaïque on peut le voir lutter seul contre le monstre (G 447).

Il est l'emblème de Corinthe où son image sert de type monétaire.

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