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Le repérage du patrimoine industriel aujourd'hui et sa réhabilitation..

Le repérage du patrimoine industriel aujourd'hui et sa réhabilitation..
Le repérage du patrimoine industriel réalisé sur la ville d'Elbeuf par le service régional de l’Inventaire de Haute-Normandie a permis, au terme d'un travail scientifique de localisation et d’identification, d'établir une liste exhaustive des édifices encore en place relevant de l'activité textile et d'en réhabiliter certains.

Collectivités territoriales |

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Ainsi sur 81 édifices étudiés, 66 sont encore en place. A trois exceptions près (deux usines à gaz détruites et une usine de feutre), tous ces sites témoignent de l'importance de l’industrie drapière à l'intérieur de la ville et nous éclairent sur l'évolution architecturale des lieux de production textiles depuis le XVIIIe siècle.

En présence d’un tel patrimoine bâti, toutes les attitudes ont été adoptées par les acteurs locaux, de la négation à la reconnaissance.

Elbeuf conserve un patrimoine industriel particulièrement riche. Cependant, le nombre de manufactures et d'usines recensées à ce jour, bien qu'important, ne donne qu'une idée relative de ce que fut véritablement l'emprise de l'industrie drapière sur cette ville. Pour des raisons diverses, de nombreux sites ont disparu et disparaissent encore.

Quelles sont les causes de ces destructions ?

Au XIXe siècle, le feu est pour les fabriques de drap en activité le premier des fléaux, d'autant que l'utilisation de l'énergie thermique augmente considérablement le risque d'incendie. Ainsi, c'est par les flammes que disparaissent, en 1851 et en 1870, les usines de Victor Grandin et de Charles Flavigny.

Durant la seconde guerre mondiale, les bombardements de juin 1940 par les allemands et ceux de 1944 par les alliés entraînent la destruction de près de 10 hectares au coeur de la ville. Les premiers ont touché principalement la rue des Martyrs qui traverse Elbeuf d'est en ouest. Les suivants ont visé plus spécifiquement les ponts occassionnant également des dégats collatéraux en bord de Seine. A l'issu du conflit, de nombreuses usines et manufactures souffrent de destructions plus ou moins importantes. Malgré les dommages de guerre, certains ateliers ne seront jamais réédifiés.

Entre 1960 et 1975, la rénovation du quartier du Puchot, en vertu de principes progressistes, condamne une grande partie du centre ancien jugé insalubre et entraîne la disparition des nombreuses manufactures desaffectées qui s'y trouvaient. A leur place s'élèvent aujourd'hui les "barres" où sont relogés les habitants du quartier.

Aujourd'hui, la menace qui pèse sur le patrimoine industriel d'Elbeuf tient à la vétusté d'un grand nombre de bâtiments et à la difficulté des reconversions auxquelles se greffe la pression immobilière que connaît tout centre urbain. L'exemple de la filature Godet est significatif : protégé en 1994, l'édifice, resté à l'abandon, est détruit en 1999 par mesure d'urgence pour éviter qu'il ne tombe sur la voie publique. Ce dernier exemple rend compte de l'extrême fragilité de ce patrimoine.

Les reconversions

Le déclin de l'industrie drapière au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, du fait de la concurrence de nouvelles matières textiles, entraîne, à partir des années 1960, la fermeture de tous les établissements textiles implantés dans la ville. L'usine Prudhomme, la dernière, cesse son activité en 1992. Cette crise met fin à plusieurs siècles d'activité drapante et laisse brutalement plusieurs dizaines de sites sans affectation.

Face à cette situation, des solutions plus ou moins radicales ont été adoptées. La rénovation du quartier du Puchot a sans nul doute été la réponse la plus radicale. A l'inverse, la restauration de la manufacture Petou, en optant pour une conservation à l'identique du bâtiment, semble avoir compromis toute possibilité de réaffectations ultérieures. La réhabilitation de l'usine Blin et Blin, résultat d'une véritable réflexion patrimoniale et urbanistique s'est révélé un processus lourd. La reconversion s'est imposée spontanément à Elbeuf comme solution intermédiaire et consensuelle, donnant aux édifices la possibilité de recevoir un nouvel usage. Le phénomène n'est pas nouveau : les établissements manufacturiers condamnés par l'industrie moderne au cours du XIXe siècle sont déjà entrés dans cette logique de réaffectation.

Ces réhabilitations réalisées avec plus ou moins de réussite relèvent pour l'essentiel de l'initiative privée. Faute de réutilisation industrielle, la solution massivement adoptée est la réaffectation de ces anciens lieux de production en logements.

La réhabilitation programmée

Après la fermeture de l'usine Blin et Blin en 1975, provoquant le licenciement de 720 personnes, aucun projet de reconversion industrielle des bâtiments ne voit le jour. Afin d'éviter le morcellement et la dégradation de ce patrimoine architectural d'une qualité exceptionnelle, pleinement intégré au tissu urbain, la ville se rend acquéreur du site.

Une vaste opération de réhabilitation programmée est alors mise en place par la municipalité dans le cadre du fond d'aménagement urbain. Les architectes Bernard Reichen et Philippe Robert, connus pour leurs travaux sur la filature Leblan à Lille (1980), sont chargés de la réhabilitation du site.

Seuls les bâtiments à étages sont conservés : les rez-de-chaussée sont réaménagés en magasins de commerce, les étages en logements sociaux. Près de 175 appartements de catégorie HLM ont été ainsi créés. Les rues et les cours intérieures qui desservaient l'usine sont transformées en places publiques, en espaces de jeux et en jardins. La réhabilitation de l'ancienne usine Blin et Blin est achevée en 1983.

Les transformations en immeuble d'habitation sont une réponse à la pénurie de logements.

Les protections

A l'issue du repérage du patrimoine industriel de la ville d'Elbeuf, un travail de sélection raisonnée mené conjointement par les services de l'Inventaire et des Monuments Historiques a abouti à la protection de six édifices témoignant de l'activité drapière aux XVIIIe et XIXe siècles. Le choix de ces édifices a été effectué en fonction de deux critères : le caractère représentatif ou exceptionnel du site.

Les protections concernent quatre manufactures et deux usines :

La manufacture Charles Houiller, rue de la République, est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en date du 28 novembre 1997. La protection porte sur les trois des ateliers de fabrication édifiés durant la seconde moitié du XVIIIe siècle, le logement patronal reconstruit au XIXe siècle et l'emprise foncière de la cour.

La manufacture Nicolas Godet, rue Guynemer, est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis mars 1994. La protection porte sur le tissage attesté en 1775, sur la petite filature thermique édifiée vers 1820 (détruite néanmoins en 1999) et sur le logement patronal reconstruit vers 1830.

La manufacture Petou, rue aux Bœufs, est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1994. La protection porte sur l'atelier de fabrication édifié au XVIIIe siècle et sur la cheminée qui lui est adjointe vers 1840.

La manufacture Louis-Henri Delarue, rue Guynemer, est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1976 et en 1993. La protection portant sur le logis primitif est étendue aux ateliers du XVIIIe siècle et aux deux logements construits ultérieurement vers 1800 et 1840.

L'usine Gasse et Canthelou, 17 rue Camille Randoing, est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1997. La protection porte sur l'ensemble des bâtiments (ateliers de fabrication, chaufferie, conciergerie,...) édifiés entre 1840 et 1920.

L'usine Fraenckel-Herzog, 25 rue Camille Randoing, est pour partie inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1994. Cette protection concerne un atelier de fabrication, la salle des machines et la cheminée de l’usine édifiés vers 1880. En 1995, le classement au titre des monuments historiques est obtenu pour les trois chaudières de l'usine et leurs accessoires.

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Vos réactions | 1 réactions

1 - Chloé D. le 01 décembre 2009

RÉHABILITAION DU PATRIMOINE INDUSTRIEL

J'ai eu l'occasion de participer à une visite guidée d'Elbeuf le mois dernier. Le travail de rénovation est exemplaire, d'autant plus que le contexte social est difficile. C'est à l'honneur de tous les intervenants de mettre à disposition des familles, des logements de qualité dans un cadre authentique et historique.

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