Isolation thermique par l’intérieur : trois solutions mises à l’épreuve ! Nouveaux produits du BTP | 05.11.18

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Dur casse-tête que celui de l’isolation thermique par l’intérieur ! Si ce procédé peut s’avérer utile dans les logements collectifs, il pose néanmoins un dilemme : les économies d’énergie réalisées compenseront-elles la réduction de l’espace habitable ? C’est là qu’interviennent les isolants à faible épaisseur, dont les caractéristiques égalent, voire dépassent, les autres produits courants du marché. Focus sur trois solutions exemplaires.

Indispensable à la transition énergétique de la France, la rénovation du bâti rend indispensable l’isolation des combles et des murs, qui sont les deux premiers postes de déperdition de chaleur. De la qualité de l’isolant dépendent, par la suite, les économies d’énergies réalisées et le confort des habitants.

ITE, ITI : un choix qui s’impose souvent de lui-même

Généralement coûteuse, l’isolation des murs par l’extérieur est considérée comme la solution la plus efficace. Ses limites sont cependant bien réelles : possibilité de lame d’air entre l’isolant et le mur, manque de qualification des poseurs, et, surtout, difficultés à traiter les points singuliers de l’ouvrage (fenêtres, antennes diverses, soubassements, etc.).

Moins réputée, l’isolation thermique par l’intérieur (ITI) soulève quant à elle une problématique bien spécifique. En effet, la pose de l’isolant oblige de facto à réduire la surface habitable. La meilleure solution s’impose alors d’elle-même : l’isolation à faible épaisseur !

Bien que généralement plus coûteuse, cette technique a déjà fait ses preuves chez nos voisins Allemands et Suisses. À raison : plutôt que de poser entre 14 et 18 cm d’isolant courant, ce sont des panneaux de plus ou moins 3 cm d’épaisseur qui peuvent être installés, avec des résultats largement aussi efficaces.

Pour y voir plus clair, trois solutions du marché des isolants minces ont été comparées. Sur le banc d’essai, des produits innovants, qui, bien que similaires, présentent malgré tout nombre de différences : Hybris d’Actis, Slimisol de Siniat et Isovip d’Isover.

Le plus modulable : Hybris d’Actis

©Actis

Ses caractéristiques

Véritable référence du catalogue d’Actis, Hybris est un isolant alvéolaire rigide proposé en plusieurs épaisseurs, à l’instar de sa version souple Tetris. Sa structure si particulière est à l’origine de nombreuses lames d’air inertes créées au sein même de la mousse et séparées par des films réflecteurs. Cette innovation assure à Hybris des atouts non négligeables : conductivité thermique de 0,033 W/m.K et résistance thermique de 1,50 m2.K/W pour 50 mm d’épaisseur. La solution se distingue également par sa durabilité, sa rigidité évitant tout tassement et garantissant, du même coup, des économies d’énergie pouvant aller jusqu’à 50% pendant plus d’un demi-siècle.

Ses points forts

« La technologie alvéolaire est la vraie différence car elle permet d’améliorer la performance thermique en piégeant davantage d’air entre les films réflecteurs », explique Jean-Yves Sigaud, chef de groupe marketing d’Actis. « La maîtrise de la très basse émissivité des films réflecteurs, un savoir-faire Actis, est aussi un critère clé de performance pour améliorer les lambda et réduire ainsi les épaisseurs d’isolants mis en œuvre. » « Encore une fois, cette technologie se décline en plusieurs épaisseurs, selon la résistance thermique recherchée. Nous proposons des solutions pour le crédit d’impôt, d’autres solutions plus économiques offrant des performances très intéressantes sans aller jusqu’au crédit d’impôt. Nous sommes dans une logique de réponse à différents besoins », poursuit-il.

Sa mise en œuvre

S’il peut être aussi bien utilisé en toitures, murs ou planchers de combles perdus, c’est bien dans le cadre d’une isolation thermique par l’intérieur qu’Hybris est actuellement le meilleur, comme en témoignent ses deux avis techniques du CSTB et sa certification ACERMI. Sa pose en cloisons de distribution se révèle, en outre, particulièrement simple, puisqu’il suffit de glisser la solution entre les rails de l’ossature métallique de la plaque de plâtre. Là encore, pour une épaisseur totale de 50 mm, la performance phonique de l’isolant lui permet de réduire très largement les nuisances sonores, jusqu’à 27,2 dB évités pour une pose entre deux plaques de plâtre.

 

Le plus inattendu : Slimisol de Siniat

©Siniat

Ses caractéristiques

Slimisol, c’est avant tout un projet mené par Siniat, EDF R&D et TBC Innovations en réponse à un appel à projets de l’Ademe dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir. Dans ce sens, cet isolant vise à lever les freins à l’utilisation d’isolation thermique par l’intérieur… avec succès ! « On travaille avec un isolant sous vide micro-poreux qui est moulé et emballé dans une enveloppe étanche. Avec un isolant qui fait 4 cm d’épaisseur, on a une résistance thermique qui est de 6,61, c’est-à-dire l’équivalent d’une vingtaine de cm de laine de verre », indique Gérard Gaillet, chef de projet Slimisol. « Le système associe l’isolant à un panneau de protection qui va résister aux percements. Finalement, le système d’isolation prend 65 mm sur l’existant et apporte un R = 6,61, largement conforme au crédit d’impôt. »

Ses points forts

Au-delà de ses performances thermiques et sa finesse, Slimisol est surtout ultra-rapide à poser ! Comptez moins d’une demi-journée pour le mur d’une chambre. « Il est complètement sec et ne génère pas de poussière. Les panneaux sont disponibles en trois dimensions et peuvent être positionnés dans une ossature dédiée », ajoute Gérard Gaillet. « Nous sommes aussi dans un nouveau mode de fixation du parement, puisqu’il est collé grâce à une colle livrée avec le produit », continue-t-il. « Cela permet d’avoir le parement contre l’isolant sans lame d’air, et donc d’aller en Établissement recevant du public. » Ce dernier aspect est d’ailleurs renforcé par la conformité de la solution avec l’article AM8 relatif à la réglementation incendie dans les ERP.

Sa mise en œuvre

Afin d’éviter tout désagrément pour le client, le système peut être installé en une seule journée par un professionnel formé par Siniat. Pour plus de facilité, il n’est pas nécessaire de faire appel à un spécialiste de l’isolation : « Nous voulions que cette solution puisse notamment être mise en œuvre par des menuisiers, nous avons essayé de proposer une mise en œuvre simple et intuitive », témoigne Gérard Gaillet.

 

Le plus réputé : IsoVIP d’Isover

©Isover

Ses caractéristiques

Tirant son nom d’un acronyme signifiant « Vacuum insulation panel », ou panneau isolant sous vide en français, IsoVIP est constitué d’une base de silice amorphe, un matériau peu conducteur. « Pour faire le vide, la poudre de silice est placée dans une enveloppe en polyester aluminisé, pour éviter que l’air ne rentre dans le produit tout en faisant office de barrière au gaz », détaille Dominica Lizarazu, directrice marketing et développement chez Isover France. Pour seulement 3 cm d’épaisseur, IsoVIP présente un lambda de 5,2 mW/(m.k) et une performance thermique de R=4.25 à 8.15 m2.K/W et R=4.55 à 8.8 m2.K/W, « là où d’habitude on est plutôt à 12 cm pour des performances équivalentes », d’après Dominica Lizarazu. En complément, la filiale du groupe Saint-Gobain a développé le système Optima, un doublage sur ossature des murs par l’intérieur adapté à IsoVIP. « Au total, le système atteint moins de 60 mm d’épaisseur », fait savoir la directrice marketing et développement.

Ses points forts

Présenté comme « une technologie de rupture », « IsoVIP est le seul et l’unique isolant d’une telle épaisseur présentant une cette performance thermique », selon Dominica Lizarazu. Grâce à ses caractéristiques, la solution « détient le record du monde en termes de performance thermique, avec le plus bas lambda du marché du bâtiment ». Pour couronner le tout, IsoVIP est également certifié ACERMI, et le procédé Optima VIP est sous avis technique, témoignant d’une mise en œuvre validée des groupes d’experts du secteur.

Sa mise en œuvre

Conçu pour l’isolation des murs par l’intérieur, IsoVIP vise à répondre à des problématiques de perte d’espace habitable, permettant de gagner 9 cm d’épaisseur par rapport à un isolant courant. « Selon nos calculs, le produit devient rentable dès que vous avez un prix au m2 supérieur à 3 500 euros », estime Dominica Lizarazu. En complément, et afin d’assister au mieux les poseurs, Isover a mis en place un service d’accompagnement dédié, de la phase de conception à une assistance directement sur chantier, en passant par la fourniture préalable des plans d’assemblage.

                       

Des isolants sous vide pour dynamiser du marché de l’isolation des murs

Si les travaux de rénovation énergétique des bâtiments peuvent concerner plusieurs postes (fenêtres, toiture, etc.), une étude publiée en octobre dernier par l’Ademe met néanmoins en évidence le manque d’efficacité de ces initiatives. Seulement 5% des chantiers auraient un impact énergétique important.

Pour expliquer ce taux particulièrement bas, TBC Innovations, société de conseil et d’études, avance un argument indéniable : « les murs, pourtant sources de déperdition majeure dans les bâtiments anciens, sont souvent mal isolés (isolation ne permettant pas d’être éligible au CITE) soit pas du tout isolés », comme le relate Guillaume Combes, ingénieur innovation bâtiment.

Afin de mieux comprendre les freins à l’isolation des murs, une nouvelle enquête est actuellement en cours afin « d’observer si les isolants sous vide peuvent répondre à une demande et dynamiser le marché de l’isolation thermique des murs », selon Guillaume Combes. La réponse sera présentée d’ici la fin de l’année à l’Ademe.

  

Fabien Carré

Redacteur

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