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Plus les agences maîtrisent la maquette numérique, plus elles « démystifient » l’outil - CNOA

Plus les agences maîtrisent la maquette numérique, plus elles « démystifient » l’outil - CNOA
Suite au sondage sur le ressenti des architectes sur le BIM, publié mardi dernier par le Conseil national de l'Ordre des architectes, nous avons voulu en savoir plus sur l'évolution de l'usage de la maquette numérique au sein des agences d'architecture, qu'elles soient grandes ou petites. Interview de Stéphane Lutard, chargé de mission Transition énergétique et Maquette numérique au CNOA.

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Batiweb : selon votre sondage, 80 % des agences interrogées utilisent la maquette 3D et 45 % d'entre elles sous sa forme enrichie de maquette BIM, est-ce le signe de la réussite du passage au numérique de l'ensemble de la profession ?




Stéphane Lutard : 
Même si les agences qui ont répondu au sondage sont celles qui sont les plus investies sur le sujet du BIM, le résultat n'est pas tellement surprenant dans la mesure où les architectes utilisent depuis de nombreuses années déjà des logiciels de conception 3D. Construire en 3 D est déjà une histoire ancienne pour beaucoup d’architectes, ce qui n'est pas le cas par exemple des ingénieurs, davantage habitués à travailler en 2D. Alors oui on peut dire que, globalement, la profession prend le virage du BIM.

De plus, il était important pour nous de bien faire le distingo entre maquette numérique et BIM. La maquette numérique est un outil de représentation virtuelle du projet, une agrégation des données contenant tous les renseignements et les détails du projet. Le BIM est un processus de gestion collaboratif. La confusion est courante. Elle provient de la traduction anglaise du mot BIM  qui selon comment il est traduit peut renvoyer à l’outil ou au processus collaboratif. 

Le sondage met principalement en avant un frein financier pour le passage à la maquette BIM, quelles sont les propositions du Cnoa pour permettre un déploiement de l'outil numérique au plus grand nombre ? 



S. L :
Le conseil national considère que le développement de la maquette numérique va dans le sens de l’histoire et que le BIM représente un atout pour l’architecture et la profession. L’enjeu est donc que toutes les agences, qu’elles soient grandes ou petites, puissent concevoir dans un avenir plus ou moins proche leurs projets en BIM.

Dans le cadre du Plan de Transition Numérique dans le Bâtiment, le Conseil national appuie plusieurs projets destinés aux petites agences. Je pense plus particulièrement à la plateforme collaborative qui permet aux agences de disposer d'un espace pour stocker leurs projets et aux Kit BIM, sorte de package formation/matériel.

Nous insistons pour que les projets soient calibrés au plus près des besoins des petites agences et proposés à des prix correspondant à leur capacité financière.

Le Conseil national recommande aussi aux agences qui souhaitent s’équiper de bien prendre garde à acquérir des outils adaptés à ses besoins réels. Pour cela, il ne faut pas hésiter à faire le tour des offres, comparer, demander des avis et retours d'expérience auprès des confrères. Le coût d’acquisition et de formation aux outils numériques peut être sensiblement différent en fonction des usages et de l’utilisation qu’on en attend. Il peut a minima être de quelques centaines d’euros par mois, soit un investissement assez faible en retour des gains de productivité induits.

Comment expliquez-vous que la perception de la complexité du BIM diminue en fonction de son utilisation ?


S. L :
 Il est effectivement intéressant de constater que le ressenti sur la complexité du BIM diminue au fur et à mesure plus les agences maîtrisent le processus. Plus les agences maîtrisent la maquette numérique, plus elles « démystifient » l’outil. Les craintes exprimées sur l’outil maquette numérique proviennent aussi le plus souvent de ceux qui n’ont pas encore d’expérience propre.

Travailler en mode BIM demande toutefois la mise en place d’un plan de formation à la fois sur l’outil logiciel et le processus collaboratif, l’organisation des échanges de données entre acteurs. La rubrique « Formation » du site Internet du Conseil national recense l’ensemble de l’offre sur le thème du numérique et nous incitons les architectes à renforcer leurs compétences par le suivi de formation.

Selon les retours d'expérience, le BIM va faciliter la conception, les échanges, améliorer les méthodes de travail... En revanche, les gains de temps et les gains financiers ne sont pas forcément les premiers cités, est-ce parce que c'est difficilement chiffrable à l'heure actuelle ? 



S. L :
 Je pense qu’il va falloir attendre plusieurs années pour que les agences d’architecture puissent évaluer précisément les gains financiers. Aujourd’hui les agences sont encore dans leur très large majorité toujours dans un processus d’apprentissage. Si les bénéfices de la maquette numérique sont directement observables sur le plan de la conception, simulation simplifiée, détections de clash plus faciles à visualiser, etc., ceux imputables aux gains de temps et aux gains financiers sont encore à ce stade moins patents.

J’ajouterais que les chiffres sur les gains de temps et les gains financiers qui ont çà et là circulé provenaient d’études anglo-saxonnes, principalement américaines. Ils sont basés sur des modes de dévolution de la commande, des méthodes de conception différentes, de celles qui ont communément cours en France. Dans le cadre du Plan de Transition Numérique, des études vont être lancées en France sur les gains financiers réels du BIM mais il faudra attendre plusieurs mois pour en connaître les conclusions.

Ce que signalent les utilisateurs, c’est que le temps gagné dans la production des livrables, en particulier lors de demandes de modifications, peut être consacré à approfondir les études et donc, in fine, d’avoir un projet plus abouti et donc de meilleure qualité.

Après quelques mois passés à travailler en BIM, les agences nous disent toutes qu’il est inconcevable pour elles de revenir en arrière.

Concernant les logiciels utilisés, on voit bien que le marché est dominé par 4 principaux logiciels : ce manque de concurrence est-il bénéfique pour la profession ?


S. L
: Seuls quelques logiciels dominent effectivement le marché, même si on peut considérer que l'offre est suffisamment abondante à l'heure actuelle. La crainte qu'on entend le plus souvent souvent auprès des architectes concerne le fait que les éditeurs ont changé leur approche marketing. Désormais les logiciels ne sont plus valables à vie mais sont distribués selon un système de location. Nous sommes attentifs à ces changements pour que les architectes ne se sentent pas captifs. 

Le plus important désormais, c'est que les logiciels puissent échanger des données entre eux ce qui facilitera le passage d'un logiciel à l'autre pour les architectes. Cet échange doit pouvoir se faire en mode export ou  import car le BIM repose sur l’interopérabilité.

Le Conseil national milite donc pour un BIM ouvert avec le format IFC comme langage commun à tous les logiciels. On note aussi avec intérêt l’utilisation croissante du format BCP qui permet d’échanger des remarques et des observations sans échange de la maquette elle-même.

Si l’on pouvait craindre il y a encore quelques mois que le BIM ne s’enferme dans des formats propriétaires développés par les éditeurs de logiciels dominants sur le marché, il y a une aujourd’hui une volonté affirmé par l’ensemble des acteurs de construire le BIM de demain sur le format IFC, seule passerelle de communication à ce jour entre tous les logiciels existants.

Propos recueillis par Claire Thibault

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