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PPE : Quelle place pour la consommation énergétique des bâtiments ?

PPE : Quelle place pour la consommation énergétique des bâtiments ?
Dans le cadre de la révision de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), l’association Energies & Avenir a organisé, mercredi 20 juin, une table ronde sur le thème de la consommation énergétique des bâtiments. Les échanges ont permis aux intervenants de lister leurs propositions pour inciter les acteurs de la construction et les ménages à se lancer dans des travaux de rénovation. Tous les détails.

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Plan de rénovation énergétique des bâtiments, projet de loi sur le logement, révision de la stratégie nationale bas carbone (SNBC) et de la PPE… Alors que les initiatives se multiplient, Energies & Avenir a réuni les acteurs du secteur pour penser des solutions qui inciteraient définitivement les ménages à se lancer dans des travaux de rénovation.

Bien que s’étant fixée des objectifs ambitieux en termes de réduction des émissions de GES, de consommation énergétique et de production d’énergies renouvelables, la France semble avoir pris du retard. Que faire ?

Se référant aux différents scénarios énergétiques imaginés par l’Etat, Laurent Michel, directeur général de l’énergie et du climat, a souligné que « quelque soit le mix », il fallait « d’abord économiser beaucoup d’énergie ». Que propose-t-il ? Produire de l’énergie décarbonée. Il cite notamment la biomasse, une ressource qui « n’est pas illimitée » et qu’il faudra un peu électrifier.

En termes de rénovation dans le tertiaire, les opérations « ne sont pas dans la trajectoire des objectifs définis » dans la SNBC. Pour dynamiser le tout, il propose de travailler l’efficacité énergétique et la gestion intelligente des bâtiments. Il importe de massifier la rénovation et de développer les compétences et l’innovation.

Quant au résidentiel, plusieurs actions sont envisagées. Il estime tout d’abord que la réforme du CITE va dynamiser les rénovations. Il se réfère aussi à une mission d’inspection générale menée par le Conseil général de l’environnement et du développement durable sur la rénovation des logements locatifs qui étudie la mise en place de taxes incitatives : « Quand vous louez, moins votre logement est performant, plus vous allez payer des droits de mutation ».

Un effort « colossal » pour le bâtiment

Danyel Dubreuil, Coordinateur de l’Initiative Rénovons !, n’a pas manqué de rappeler que le bâtiment était à l’origine de 45% de l’énergie consommée en France. L’objectif de réduction des consommations énergétiques prévu par la LTECV représente donc « un effort colossal pour la bâtiment ».

Les ménages précaires doivent être « la cible des politiques publiques (…). C’est là que se situent les gisements de rentabilité que ce soit sur plan environnemental, énergétique, sanitaire, etc. ».

Il indique que les investissements en matière de rénovation sont insuffisants. Pour appuyer ses propos, il cite une étude de l’AFD et de la Caisse des dépôts : 8 milliards d’euros par an sont consacrés à la rénovation des logements du parc privé, un montant qui devrait s’élever à 50 milliards pour atteindre les objectifs de la loi. Quant au tertiaire, le rythme annuel se rapproche de zéro « alors qu’il faudrait qu’on soit à cinq ».

Pour économiser de l’énergie, il préconise la mise en place de programmes de travaux « ambitieux ». Il regrette la décision de « substituer les objectifs d’économies d’énergie par des objectifs de décarbonation qui compliquent l’équation ».

Bien que l’énergie « ne soit pas la porte d’entrée de l’Anah », Vincent Perrault, Responsable du programme « Habiter Mieux », a souligné que 27% des opérations menées par l’Agence entrainaient un changement de source d’énergie. Ces opérations offrent également plus de confort aux ménages, une notion qui devrait compter pour beaucoup dans la future réglementation thermique. En effet, lorsqu’on parle de travaux, cela signifie « un changement de vie pour les ménages qui vivent dans des chantiers restaurés ». « C’est un cercle très vertueux sur le plan social », avance Danyel Dubreuil.

Rendre le DPE obligatoire

Patrice Hennig, porte-parole de l’association Énergies et Avenir, est revenu sur l’importance du remplacement des chaudières et de leur entretien. Il dit rêver qu'une initiative à l'image de l'isolation des combles à un euro se mette en place mais pour le remplacement des équipements. Il estime aussi qu’il est indispensable de ne privilégier aucune énergie : « Enormément de choses peuvent arriver. Des évolutions technologiques majeures peuvent venir bouleverser le paysage énergétique ». Prendre en compte toutes les énergies permettrait de « mitiger les risques » et donc de « construire un scénario robuste pour 2050 ».

Il considère ensuite qu’il faut rendre le DPE obligatoire, ce qui permettra d’enclencher des travaux ; un avis rejoint par Danyel Dubreuil qui déclare « La fiabilisation du DPE » permettra la mise en place de données. Cette base de données permettrait de connaître bien mieux l’Etat du parc.

« Si le DPE est censé être la base de connaissances des acteurs institutionnels, s’il doit nous servir de base pour la décence et pour le bonus-malus », il doit être rendu obligatoire, poursuit-il.

Alain Maugard, président de Qualibat, a rapidement réagi : « Il faut noter la cohérence de ce qui est fait. Sur le DPE, la décision c’est qu’il sera opposable à l’horizon 2020 ». Renforcer le DPE, les audits énergétiques et le label RGE, c’est éclairer les ménages sur les différentes étapes de leurs travaux.

Et si « ce n’est pas gagné dans le bâtiment », c’est parce que les acteurs concernés n’ont pas encore fait de l’efficacité la première de leur priorité. Il propose de « jouer sur la valeur immobilière. Je crois qu’il faut aller très vite sur la construction neuve. Plus la construction neuve sera performante, plus le décalage entre le stock et la construction neuve fera que des travaux seront réalisés sur le stock ».

Il déclare enfin qu’il faut définir la date des échéances jusqu’à la mise en place de la future réglementation thermique.

Rose Colombel
Photo de une : ©RC

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Vos réactions | 1 réactions

1 - mibou le 21 juin 2018

DPE OU ÉTUDE THERMIQUE ?

Rendre le DPE obligatoire et le fiabiliser est une fausse piste alors qu'il existe déjà un outil performnant : l'Etude Thermique ou AUDIT Thermique TH-CE ex pratiquée par les BET ...

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