
Ainsi, nous y apprenons que si, pour les Sulka de Papouasie, ce qui est beau est, avant tout, ce qui surprend, bouleverse, provoque de l'émotion, pour les Eskimos comme pour les ouvriers français, la beauté est d'abord liée au travail bien fait, à la vaillance, à la convenance. Alfred Gell, quant à lui, avance que si les œuvres d'art du monde entier nous attirent et nous captent c'est parce qu'elles sont l'aboutissement de tout un faisceau d'intentions : celles de leurs auteurs ou commanditaires mais aussi de leurs modèles, usagers ou propriétaires.
Aujourd'hui, la beauté d'un objet semble inséparable du matériau dans lequel il est travaillé et de la relation entre sa forme et sa fonction. Cette beauté a à voir avec la capacité de création de l'artiste qui doit savoir trouver un parfait équilibre entre d'une part, le respect de canons stylistiques ,et d'autre part l'écoute de son inspiration.
Par exemple, les maisons rurales du Sud-Beaujolais portent la marque des variations de la mode et du goût à travers le temps et selon les milieux sociaux. De ces variations, observées à l'échelle du "pays des Pierres dorées", on pourrait trouver l'équivalent dans bien d'autres régions françaises, qu'il s'agisse du "style château" affectionné par les notables sous le second Empire, de la "butte" inventée par les habitants pavillonnaires, des querelles qui opposent aujourd'hui les partisans de l'enduit à ceux des pierres apparentes, ou des réactions que suscite une construction insolite.
En définitive, si les critères et les normes du beau sont changeants, l'amour du beau, lui, reste constant, et la moindre des architectures en apporte la preuve !














