Travailler ou ne pas travailler le 1er mai ? L’avis des entreprises du BTP !

Le Code du travail garantit actuellement que le 1er mai est un jour obligatoirement chômé pour les salariés. C’est-à-dire un jour non travaillé, la loi impose donc le repos et une indemnité équivalente à celle d’une journée ouvrée. La législation permet toutefois une dérogation pour les entreprises ou services ne pouvant interrompre le travail, en « raison de la nature de leur activité ».
Une proposition de loi, rejetée le 10 avril dernier à l’Assemblée nationale en 1ère lecture, prévoyait une dérogation au caractère chômé pour les commerces de proximité (boulangeries, boucheries…), ceux assurant la vente de muguet et établissements culturels (cinémas, théâtres…).
À la mi-avril, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé un nouveau projet de loi, déposé ce mercredi 30 avril au Parlement. L’idée derrière cette nouvelle tentative : « autoriser les artisans boulangers-pâtissiers et artisans fleuristes à faire travailler leurs salariés le 1er mai. Ces derniers devront être volontaires et payés double. Des accords de branche devront être conclus », lit-on sur le site vie-publique.fr.
Mais qu’en est-il des entreprises du bâtiment et des travaux publics ? Pouvoir travailler et proposer aux salariés de travailler le 1er mai arrangerait-il les dirigeants de TPE ou de PME du BTP ? C’est l’objet d’un sondage mené par la rédaction de batiweb.com.
Plus des trois-quarts des dirigeants du BTP contre le travail le 1er mai
Menée du 15 au 29 avril dernier, notre enquête compte 102 participants.
Parmi les sondés, nous relevons une majorité de gérants d’entreprises d’électricité (21,6 %), de menuiserie-baie (16,7 %) et tous corps d’état (13,7 %).

Les TPE (0 à 9 salariés) sont davantage représentées face aux PME (10 à 249 salariés), concentrant respectivement 78,4 % et 21,6 % du panel.

Mais un chiffre ressort particulièrement : 77,5 % des chefs d’entreprises de notre échantillon sont contre l’idée de travailler et de faire travailler le 1er mai.

Répondre à une urgence… voire rattraper sa trésorerie
En face, nous retrouvons 22,5 % pour le travail le 1er mai. Sur les 23 répondants favorables, 7 sont à la tête d’entreprises tous corps d’état et cinq d’électricité.
Nous notons quatre raisons principales à ouvrir ce jour férié en cette fête du Travail : intervenir en cas de péril imminent (fuite de gaz, etc.) – exception permise par la loi et payée double -, répondre à des besoins de réparations, rattraper du retard sur des chantiers et assurer sa trésorerie.

Ces deux dernières réponses ne nous surprennent guère. D’après la CAPEB, les artisans et TPE du bâtiment affichent un solde d’opinion de trésorerie en chute de 18 points au T1 2026. Pour cause notamment : la flambée des prix des matériaux et carburants, sur fond de conflit au Moyen-Orient. Côté, travaux publics, on s’inquiète également, compte tenu de l’impact de la crise géopolitique sur le gaz non routier et le bitume.
Dans les réponses libres données par les petites entreprises du BTP,certains gérants invoquent la liberté d’« entreprendre » ou « de choix » pour les salariés. Un des répondants veut d’ailleurs « donner la possibilité aux salariés d'augmenter leur pouvoir d'achat, en travaillant plus pour gagner plus, mais uniquement à ceux qui le souhaitent ».
Le volontariat fait partie des conditions citées par le panel d’entrepreneurs du BTP favorables au travail le 1er mai. Mais la première demeure la journée rémunérée double (54,5 %), suivie par l’accord d’un jour de repos supplémentaire (22,7 %). 9,7 % soutiennent l’octroi d’une rémunération double et d’un jour supplémentaire cumulés.

« Il faut savoir respecter certains acquis »
Parmi les répondants les plus farouchement opposés au travail le 1er mai, certains chefs d’entreprise du BTP ne tarissent pas en commentaires ! En substance : ce jour férié est un droit social indéboulonnable aux yeux des intéressés. « Il faut savoir respecter certains acquis et dans le bâtiment on travaille assez ! », lit-on dans les réactions à notre sondage.
« Il faut moins de temps passé au travail, plus de repos = plus de concentration et d'efficacité », insiste un autre sondé.
Dans le camp des contres, s’il y a bien une raison pour le secteur de travailler le 1er mai ce serait bien l’intervention en cas de péril imminent (76,9 %). Répondre à des besoins de réparations arrive très loin en deuxième place des motivations (15,4 %).

45 des 79 gérants d’entreprises opposés au travail le 1er mai expriment même leurs conditions. Payer double trône dans le classement (72,7 % des réponses), bien qu’il s’agisse d’un critère fixé par l’actuel projet de loi. Un seul mentionne la possibilité de payer ce jour triple.

Ne manquez plus l’actualité du bâtiment ! Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir directement dans votre boîte mail les dernières actus du BTP Je m’abonne gratuitement → |














