Filière bois : un marché français toujours sous tension

À l’issue du Carrefour International du Bois, organisé du 2 au 4 juin à Nantes, Fibois Pays de la Loire a dévoilé les résultats d’une étude menée auprès de 100 exposants afin d’évaluer leur perception de la conjoncture et leurs perspectives de développement.
L’enquête met en lumière une filière forêt-bois confrontée à un environnement économique incertain, mais qui conserve des perspectives de croissance, notamment grâce à l’image du matériau bois et aux opportunités liées à l’innovation.
Un bilan contrasté sur les douze derniers mois
L’année écoulée a été jugée favorable par 28 % des entreprises interrogées, tandis que 38 % la qualifient de « correcte sans plus ». À l’inverse, un tiers des répondants (33 %) estime avoir traversé une année difficile ou très difficile.
Les résultats traduisent des situations contrastées selon les entreprises. L’étude, observe « des situations très hétérogènes en termes de dynamique de CA, niveau d’activité et d’investissements ». Mais l’emploi est « globalement épargné ».
42 % des répondants déclarent avoir enregistré une hausse de leur chiffre d’affaires au cours des douze derniers mois, contre 35 % qui font état d’un recul. Les effectifs apparaissent relativement préservés : 54 % des entreprises les ont maintenus et 29 % les ont renforcés.
Le marché français reste le principal point de tension
La perception des marchés diffère nettement selon les zones géographiques. Le marché national est celui qui suscite le plus d'inquiétudes : 57 % des professionnels le jugent en recul, contre seulement 13 % qui le considèrent dynamique. Le marché français apparaît ainsi comme le plus dégradé aux yeux des répondants, alors que les perceptions sont plus équilibrées à l'échelle européenne et à l'export. Seuls 23 % des professionnels estiment que le marché européen est en recul, tandis que cette proportion tombe à 20 % pour les marchés export hors Europe.
Parallèlement, le contexte économique est cité comme le premier facteur pesant sur l’activité (56 %), devant les prix des matières premières (47 %) et les contraintes réglementaires (38 %).
Des contraintes réglementaires largement pointées du doigt
Les normes et réglementations apparaissent comme le principal frein structurel pour les entreprises de la filière. Près de sept répondants sur dix (68 %) les considèrent comme un obstacle à leur développement.
D’après l’étude, « les normes et réglementations sont d’abord associées à une accumulation de contraintes : complexité administrative, multiplication des obligations et sentiment d’inadaptation ».
34 % des professionnels sondés évoquent la complexité administrative, 28 % des normes jugées inadaptées et 27 % leur multiplication.
L’image du bois, premier levier de croissance
À l’inverse, l’image du matériau bois fait figure de principal atout pour la filière. Elle est identifiée comme un levier par 85 % des répondants, devant la R&D et l’innovation (56 %).
Selon l’étude, « l’image du bois constitue un levier puissant, lié aux représentations positives du matériau : authenticité, naturalité, noblesse et qualité perçue. À cela s’ajoute une dimension environnementale importante, qui renforce son attractivité auprès des clients ».
Les entreprises mettent notamment en avant l’image positive du matériau (41 %) et ses atouts environnementaux (32 %), dans un contexte où les enjeux de décarbonation occupent une place croissante dans la filière.
Des perspectives orientées vers la croissance
Malgré les incertitudes, les professionnels interrogés affichent une certaine confiance. Quatre entreprises sur dix anticipent une hausse de leur activité à horizon 12 à 18 mois, contre 22 % qui prévoient un recul.
Les intentions de développement restent également soutenues. Le développement de nouveaux marchés constitue la priorité de 77 % des répondants. 61 % envisagent d’investir et 58 % prévoient de recruter au cours des douze prochains mois.
L’optimisme demeure ainsi majoritaire au sein de la filière. Selon l’étude, 55 % des professionnels se déclarent optimistes quant à l’avenir de leur entreprise, tandis que 37 % adoptent une position plus attentiste.
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