
Le vote en première lecture pourrait donc intervenir dès mercredi. Il paraissait en revanche peu probable que le texte soit adopté dès mardi soir. Ce "serait à mon avis être un peu optimiste", a estimé Bernard Accoyer, chef des députés UMP et co-auteur du texte. Avant même l'ouverture des débats, les grands travaux de retrait du CPE ont commencé mardi matin: la commission des Affaires sociales a ainsi adopté la proposition de loi UMP sans la modifier.
La gauche, elle, n'aura guère le temps de savourer son plaisir. Consciente de la nécessité de sortir rapidement de la crise, elle ne déposera que quelques amendements. "Il n'y aura pas d'obstruction", "il faut sortir de cette crise", a indiqué le chef des députés PS, Jean-Marc Ayrault, qui dénonce pourtant un texte "improvisé".
Reste que le malaise était palpable à gauche sur la stratégie à suivre, entre faire durer le plaisir en aiguillonnant la majorité ou laisser passer un texte qu'elle n'approuve guère. Le PS hésitait encore entre voter contre et boycotter le vote. Signe de cette gêne, il a proposé à ses alliés d'adopter une "position commune" lors du vote. L'idée ne semble pas avoir séduit le groupe communiste, qui s'orientait vers un vote contre. "Nous ne sommes pas de ceux qui désertent l'hémicycle", a sèchement lancé Maxime Gremetz (PCF).
L'UDF a aussi eu bien du mal à expliquer pourquoi elle voterait cette proposition de loi "compliquée", après avoir voté contre le CPE. "On votera ce texte parce que c'est un texte de sortie de crise", a expliqué son porte-parole, François Sauvadet, gêné. Des états d'âme qui pourraient contaminer certains députés UMP.
Concrètement, ce texte intitulé "accès des jeunes à la vie active en entreprise" prévoit quatre mesures, inspirées du plan Borloo, qui vont remplacer l'article 8 de la loi égalité des chances qui créait le CPE. Les contrats aidés Civis (contrat d'insertion dans la vie sociale), CJE (contrat jeune en entreprise) et le contrat de professionnalisation seront musclés à l'aide de subventions aux employeurs pour favoriser l'emploi des jeunes de 16 à 25 ans.
Une fois voté par les députés, le texte sera examiné au Sénat. Or, on laissait entendre de source parlementaire qu'il ne pourrait être inscrit à l'ordre du jour de la haute assemblée "probablement qu'en mai". Résultat: le texte ne serait pas définitivement adopté avant les vacances parlementaires, qui débutent vendredi soir.














