
Une autre explication est un dessin de Gavarni paru dans le Charivari (journal satirique) représentant un personnage plus ou moins désinvolte, que l'artiste a décoré du nom de hasard de "Badinguet". Ce mot populaire signifiant tout simplement un "plaisantin".
Un peu d’histoire :
Le 30 octobre 1836, Le futur Napoléon III échoue à soulever la garnison de Strasbourg, l'affaire ayant été mal organisée. Il est contraint à s'embarquer pour les Etats-Unis, mais le procès des conjurés se termine par leur acquittement pur et simple, ce qui ne peut que l'encourager à tenter un nouveau soulèvement.
Louis Napoléon gagne la Grande-Bretagne en 1837, et y compose les Idées napoléoniennes. A la suite d'une nouvelle conjuration, il débarque à Wimereux, petit port du Pas-de-Calais, mais l'entreprise échoue une nouvelle fois de façon pitoyable. Plusieurs conjurés sont blessés ou tués, et Louis Napoléon est arrêté, condamné à la réclusion perpétuelle, et interné au fort d'Ham.
Il met à profit sa captivité pour écrire une Histoire de l'artillerie, un ouvrage économique marqué par les idées de Saint-Simon, l'Extinction du paupérisme, ainsi que divers articles qui contribuent à donner du personnage l'image d'un homme sensible aux problèmes sociaux de son époque.
Louis Napoléon s'évade du fort d’Ham en 1846. On raconte que pour pouvoir échapper à ces gardes, il se serait déguisé avec les habits du maçon Badinguet qui rénovait le fort.
Il gagne Londres où il se lie avec miss Howard qui lui apporte une aide financière importante et l’accompagne lorsqu’il rejoint Paris, à la faveur de la Révolution de 1848. Lamartine lui demande de s’éloigner momentanément. Il se présente à la présidence de la République le 10 décembre. Les monarchistes du parti de l’Ordre, qui n’ont personne à présenter, se rallient à lui. Louis Napoléon, seul candidat dont le nom soit connu des ruraux, est élu par 5.434.000 voix contre 1.448.000 à Cavaignac et 370.000 à Ledru-Rollin.
Ce triomphe est pourtant assombri par la promulgation de la Constitution de l’IIe République limitant son mandat à quatre ans. Au matin du 2 décembre 1851, date anniversaire du sacre de Napoléon Ier et de la victoire d’Austerlitz, une proclamation est affichée dans les rues de Paris, annonçant la dissolution de l’Assemblée, le rétablissement du suffrage universel et un plébiscite qui l’autorisera à donner à la France des institutions renouvelées de l’Empire.
La majorité monarchiste ne pouvant résister se contente de protestations verbales. Les républicains tentent de soulever le peuple des faubourgs. Quelques barricades s’élèvent le 3, et Saint-Arnaud, retire ses troupes la nuit pour pouvoir mieux écraser l’insurrection le lendemain. Le 4 décembre 1851, l’insurrection est terminée. Il y a près de quatre cent morts, vingt-sept mille personnes seront arrêtées. Au début 1853 il en restera plus de six mille qui seront déportés dans leur grande majorité en Algérie.
Le coup d’Etat est plébiscité le 21 décembre 1851 avec 7 145 000 « oui » contre 592 000 « non ». Le 15 janvier 1852 est promulguée une constitution inspirée de la Constitution consulaire de l’an VIII. Charles Louis Napoléon à gagné, son mandat de président est porté à dix ans.
Malgré tous les pouvoirs qu’il détient, il organise le 21 novembre 1852 un nouveau plébiscite destiné au rétablissement de la dignité impériale. La réponse est sans équivoque : 7.824.000 de « oui » contre 253 000 de « non ». Charles Louis Napoléon devient Napoléon III














