Une répression des fraudes mieux ciblée... notamment dans la rénovation

Pour Sarah Laroche, directrice générale de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), « l'enjeu, c'est d'arriver à concentrer nos moyens là où c'est important et là où on peut avoir des résultats pour les entreprises et pour les consommateurs ».
Lors d’un point presse organisé le 10 juin, le service, rattaché au ministère de l’Économie et des Finances, a dénombré environ 58 000 établissements et sites internet contrôlés en 2025.
Ce qui revient à 14 % en moins qu'en 2023. Toutefois, ces contrôles seraient mieux ciblés, et les montants des sanctions ont plus que doublé. Plus précisément à 202 millions d'euros d’amendes et transactions, contre 81 millions en 2023.
« Les suites correctives ou répressives qui ont visé 15 000 entreprises — soit 25 % des acteurs contrôlés — ainsi que la hausse de 150 % du montant des amendes, traduisent une rigueur et une performance dans le ciblage face aux manquements graves », se félicite dans un communiqué le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure.
« En période de crise comme celle que nous connaissons ces derniers mois, cette fermeté est indispensable : elle permet de dissuader les comportements déloyaux pourpréserver les entreprises qui respectent les règles, protéger les consommateurs et garantir la transparence et la stabilité du marché », abonde l’occupant de Bercy.
« Jamais les Français n'ont autant entendu parler de l'action de la DGCCRF qu'en 2025. Et pour cause : jamais ses agents n'ont été autant au cœur de notre vie quotidienne et de celle de nos entreprises », salue Serge Papin, ministre des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l'Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d'achat. Pourtant les effectifs desdits agents n’ont pas forcément bougé, estimés à 3 000.
Rénovation énergétique : 1 000 entreprises surveillées
Bercy assume une baisse des contrôles, pour « mener des enquêtes et des contrôles approfondis et mieux ciblés ».
Dans le viseur de la répression des fraudes : afflux de petits colis venus de Chine, influenceurs… Par exemple, la DGCCRF mentionne le géant Shein, épinglé notamment pour pratiques commerciales trompeuses. Une amende de 41 millions d'euros lui a été infligée.
Mais surtout, on relève la rénovation énergétique, alors que l’Agence nationale de l’habitat (Anah) indique avoir déjoué 21 tentatives de fraudes à MaPrimeRénov’ en 2025. Sans compter la retentissante condamnation de sept hommes impliqués dans un « système pyramidal » de fraudes à l’aide.
À l’échelle de la DGCCRF, on évoque un « haut niveau de vigilance » et « 1 000 entreprises contrôlées » sur ce secteur. « Des enquêtes particulièrement complexes ont été engagées dans ce secteur, marqué par le développement de montages frauduleux particulièrement préjudiciables aux consommateurs », lit-on dans le rapport.
Côté commande publique, 5 775 marchés d’un montant estimé à 41 milliards d’euros – ont été surveillés de près. « Les marchés analysés concernent les travaux structurants pour les collectivités, mais également des marchés liés à la transition écologique, à la rénovation énergétique et au développement durable, à la rénovation de monuments historiques et aux réseaux de chaleur », indique la répression des fraudes.
Plus globalement, 11 millions d'euros d'amende ont été infligés à des opérateurs de démarchage téléphonique abusif. D’ailleurs la réglementation encadrant cette activité sera renforcée en août.
En attendant, spécifiquement à la rénovation, un protocole de coopération avec l’Agence de la transition écologique (Ademe), conclu fin septembre dernier, tend à mieux sensibiliser sur cette catégorie de fraudes. On se rappelle d'initiatives de la filière, avec la naissance de l'association Stop Fraudes !, lors du salon Renodays, en octobre dernier.
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