
Jacques Nave, l'attaché de presse d'Yves Jego, député-maire UMP de Montereau, affiche sa satisfaction: "25% du programme a été réalisé. De nombreux logements sont réhabilités ou +résidentialisés+ alors que les loyers restent les mêmes".
Suzanne Delamorinière, qui habite depuis 36 ans le même immeuble de ce quartier de Montereau-Surville, est ravie: "Pour une augmentation des charges de seulement 10 euros par mois, explique-t-elle à l'AFP, on nous a installé du double-vitrage à toutes les fenêtres, des volets, et le câble pour la télé afin d'éviter les paraboles sur les balcons".
Elle et son mari paient à l'office HLM de leur petit immeuble de quatre étages, un loyer mensuel de 420 euros pour un F4 de 113 m2. Depuis que l'opération de renouvellement urbain a été lancée, dit-elle aussi, l'avenue a été refaite, l'éclairage public aussi, les parkings ont été fermés.
Dans le quartier, où plusieurs "barres" ont déjà été détruites, les tours Lavoisier, au nombre de 4, ne resteront pas debout au-delà de la fin de l'année. Il reste encore une quarantaine de familles à reloger, selon la mairie.
Parmi les anciens locataires, François a été relogé par l'office HLM avec sa femme et ses deux enfants dans la tour Molière. "On nous avait parlé d'un pavillon, dit-il, mais c'est trop cher pour nous". Pour 309 euros mensuels charges comprises, il bénéficie de 133 m2 mais, se plaint François, si l'immeuble a été réhabilité au début de l'année dernière, un ascenseur ne fonctionne déjà plus. "Mais on paye quand même!" Ce mercredi, jour de visite de Jean-Pierre Raffarin, un grand "toilettage" a été fait. "Ils ont tout nettoyé, les graffitis, les trottoirs... On aimerait que ce soit tout le temps comme ça", dit-il.
Karim, lui aussi ancien locataire d'une tour Lavoisier, aurait également aimé un pavillon pour sa petite famille. "Mais le loyer était supérieur d'environ 30% à ce que je paye aujourd'hui et en plus pour une surface moindre. J'ai eu peur de ne pas pouvoir y arriver".
De nombreux habitants de Surville s'inquiètent de devoir partir au profit de familles des classes moyennes, à même de payer des loyers plus chers. "A Paris (dans les beaux quartiers, ndlr) des immeubles sont rachetés par des Américains pour être vendus. Mais les locataires actuels n'ont pas les moyens d'acheter. J'ai le même sentiment d'exclusion à Surville, mais pour les classes populaires. On fait plus beau mais pour les plus aisés", s'inquiète Karim.














