
Le montant total déposé sur les comptes d'épargne et autres comptes de dépôt sans imposition sur les intérêts (ISA), a progressé de 9,4 milliards de livres en 2004 par rapport à 2003, souligne la BSA, qui rappelle que les dépôts nets n'avaient progressé que de 5,2 milliards de livres en 2003. "L'afflux de capitaux est remarquable en 2004 avec une progression de 80% des dépôts par rapport à 2003", remarque Adrian Coles, directeur général de la BSA.
"La progression des taux d'intérêt et surtout la perte de confiance à l'égard du marché de l'immobilier" expliquent ce soudain intérêt pour l'épargne bancaire, poursuit Adrian Coles.
L'attrait de l'épargne bancaire a été accru par le relèvement des taux d'intérêt de la BoE, qui sont passés de 2,5% en novembre 2003 à 4,75% aujourd'hui, tandis que la volatilité des marchés boursiers incite les particuliers à la prudence.
Le scénario du recul des prix de l'immobilier ne fait plus aucun doute: la Banque d'Angleterre (BoE), elle-même, s'attend à ce que les prix des maisons et appartements en Grande-Bretagne se replient en 2005 après cinq années de flambée ininterrompue. Kate Barker, l'un des membres du comité de politique monétaire de la BoE, l'a confirmé lundi dans l'un de ces aphorismes sibyllins souvent utilisés par les responsables économiques: "La probabilité que les prix de l'immobilier baissent l'emporte nettement désormais sur la probabilité que les prix progressent".
La question est désormais de savoir quel sera l'impact de cette baisse attendue sur la consommation des ménages, et donc indirectement sur l'économie britannique. En Grande-Bretagne, où 69% des ménages sont propriétaires de leur logement, les prix élevés de l'immobilier (228.500 euros, prix moyen d'un appartement de deux pièces, 344.000 euros à Londres) permettaient jusque là aux ménages de consommer.
Les ménages britanniques garantissent en effet leurs crédits à la consommation sur la valeur de leur maison: tout effondrement des prix a donc un impact sur leur niveau de dépenses. "Même si l'endettement des ménages est très fort (dépassant 140% des revenus disponibles), les Britanniques ont placé leur argent à la banque. L'impact sur la consommation d'une baisse des prix devrait donc être réduit", estime Peter Spencer, professeur d'économie à l'université d'York (nord de l'Angleterre).
"Les ménages britanniques avaient tendance à regarder l'immobilier comme un investissement sûr", poursuit-il. "Or comme l'inflation n'est plus un problème en Grande-Bretagne et comme les prix de l'immobilier fléchissent, les ménages regardent désormais les banques comme une valeur refuge: c'est un phénomène nouveau", confirme cet universitaire. "En ce sens, les Britanniques deviennent de plus en plus Européens", conclut Peter Spencer.
par Jérôme RASETTI














