Ségolène Royal inaugure la première centrale géothermique profonde industrielle Développement durable | 08.06.16

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La ministre de l’Environnement Ségolène Royal a inauguré ce mardi la centrale de géothermie profonde de Rittershoffen au nord de Strasbourg. Présenté comme une première mondiale, le projet alimentera sous forme de vapeur, le site industriel de Roquette. La ministre a profité du déplacement pour annoncer le lancement de deux appels d’offres visant à engager la conversion progressive des cogénérations industrielles au gaz naturel, vers la biomasse et le biogaz.
La centrale de géothermie de Rittershoffen a représenté un investissement total de 55 millions d’euros. Réalisé par Electricité de Strasbourg, Roquette et la Caisse des Dépôts, avec le soutien financier de l’Ademe, le projet est une « première mondiale, un modèle énergétique et de démarche environnementale, responsable et innovante qui ouvre des perspectives de développement importantes à l’échelle régionale et nationale », a indiqué Electricité de Strasbourg dans un communiqué.

Démarré en 2012, le chantier s’est déroulé en trois étapes majeurs : le forage du premier puits « qui a confirmé les hypothèses thermiques », le forage du deuxième puits, et enfin la construction d’une boucle de canalisation de 15 km pour apporter la chaleur au site de Roquette à Beinheim.

Deux forages ont ainsi été réalisés « pour constituer un doublet profond qui puise l'eau à 170°C et la réinjecte à 70°C », a expliqué le ministère de l'Environnement dans un communiqué. 

Une première mondiale

En effet, la centrale sera chargée de puiser de l’eau chaude à plus de 2 500 mètres de profondeur. Une fois à la surface, les calories lui seront extraites, puis l’eau sera réinjectée dans le sous-sol.

« Cette boucle permet une alimentation énergétique 100% renouvelable, non intermittente et au rendement permanent », a souligné Electricité de Strasbourg.

La centrale de géothermie profonde est la « première au monde » à utiliser la technologie EGS (Enhanced geothermal system). Couplée à une chaudière à bois déjà existante sur le site, l’installation portera à 75% la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique du site industriel de Roquette, l’un des cinq leaders mondiaux de la transformation d’amidon.

Avec une production annuelle escomptée de 24 MWth, soit 190 000 MWh d’énergie thermique, équivalent au chauffage de près de 27 000 logements, la centrale va permettre à Beinheim d’économiser 39 000 tonnes de CO2, « ce qui correspond aux émissions annuelles de 25 000 voitures ». 

Selon Jean-Bernard Lévy, PDG d'EDF, « le projet de Rittershoffen nous amène à renforcer notre engagement dans toutes les énergies renouvelables », hydraulique, solaire, éolienne. Selon lui, « la technologie est maintenant maîtrisée et respectueuse de l'environnement, sans fracturation » du sous-sol. 

Le ministère de l'Environnement a précisé de son côté que le projet, baptisé ECOGI, est « l'aboutissement d'une démarche engagée il y a près de 20 ans pour aller chercher la chaleur à plusieurs milliers de mètres sous terre »

La centrale « remplacera 16 000 tonnes d’énergies fossiles consommées par an », s'est réjouie Ségolène Royal. 

Deux appels d’offres pour le développement de la biomasse et du biogaz

La ministre de l’Environnement et de l’Energie a par ailleurs annoncé « l’accélération de la mise en place du fonds GEODEEP de partage du risque de forage » afin d’accompagner les acteurs et sécuriser les projets de géothermie « qui mobilisent des investissements conséquents ».

Elle a en outre annoncé le lancement de deux appels d’offres visant à engager « la conversion progressive des cogénérations industrielles au gaz naturel, vers la biomasse et le biogaz ».

Les lauréats seront accompagnés à partir de 2017 et le Gouvernement y consacrera 60 millions d'euros.

R.C
Photo de une : Compte Twitter ©RoyalSégolène
Redacteur

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