Brexit : entreprises et organisations professionnelles dans l'expectative Vie des sociétés | 24.06.16

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Les Britanniques ont voté majoritairement ce vendredi en faveur d'une sortie de l'Union européenne. « Un choix douloureux » qui met « l'Europe à l'épreuve », a réagi le président de la République François Hollande. Un sentiment de tristesse partagé par les entreprises et les professionnels de la construction et de l'immobilier, même s'il est encore difficile d'en « mesurer toutes les conséquences ». Premières réactions.
L'Europe est sous le choc après l'annonce ce vendredi matin de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Les Britanniques ont en effet voté « oui » au Brexit (contraction de « Britain » et « exit ») à 51,9 %.

« Un choix douloureux que je regrette profondément » et qui « met gravement l'Europe à l'épreuve », a réagi le président de la République, François Hollande, lors d'une allocution solennelle depuis l'Elysée à l'issue d'une réunion de crise avec plusieurs membres du gouvernement, et avant un conseil des ministres extraordinaire prévu dans l'après-midi.

« L'Europe ne peut plus faire comme avant », a souligné le chef de l'Etat, mais « la France sera à l'initiative pour (qu'elle) se concentre sur l'essentiel : (...) l'investissement pour la croissance et pour l'emploi pour mettre en œuvre des politiques industrielles dans le domaine des nouvelles technologies et de la transition énergétique, l'harmonisation fiscale et sociale pour donner à nos économies des règles et à nos concitoyens des garanties, enfin le renforcement de la zone euro et de sa gouvernance démocratique », a-t-il ajouté.

« C'est un jour triste pour l'Europe »

Suite au résultat du référendum, les professionnels de l'immobilier et de la construction semblent partager le même constat : « c'est un jour triste pour l'Europe », résume Jean-François Buet, président de la Fnaim.

« La victoire du Brexit est une mauvaise nouvelle tant pour l’Europe que pour la France. C’est une mauvaise nouvelle pour notre économie, et pour notre secteur, l’immobilier », ajoute-t-il, évoquant les conséquences pour les résidents britanniques et « un retour difficile » pour les expatriés français en Grande-Bretagne.

« Le choc politique qui nous traverse devrait amener nos dirigeants européens et nos instances communautaires à se remettre en question », précise-t-il, même « si nous ne pouvons pas encore mesurer toutes les conséquences du référendum».

En effet, comme le souligne Patrick Baseden, responsable de Barnes Investment Consulting, « les conséquence financières et économiques sont difficilement mesurables ». Concernant le marché immobilier, le « tempo » est « différent, plus lent » en comparaison avec la « sur-réaction » des marchés boursiers, car « les projets sont plus lourds et plus complexes », relève-til.

« De plus, pour le moment, par l’effet devises, la baisse de la livre sterling a rendu le marché immobilier de Londres plus attrayant de 10 %. Enfin et surtout, le marché va sortir de l’attentisme des 5 derniers mois et devrait, en réalité, se débloquer, mais avec une correction à la baisse, somme toute favorable autant pour les besoins résidentiels que pour les investisseurs », explique-t-il, rappelant que le prix de l'immobilier a atteint un prix moyen du mètre carré 2,7 fois plus cher qu’à Paris. Toutefois « les conséquences du Brexit restent incertaines », conclut-t-il.

« L'Europe du secteur du bâtiment a toujours besoin d'exister »

Au sortir de l'Assemblée générale de l'European Builders Confederation (organisation professionnelle européenne représentant les artisans et les PME appartenant au secteur de la construction) qui s'est tenue à Bruxelles, Patrick Liébus président de l' EBC et de la Capeb, a longuement discuté de cette annonce avec ses homologues britanniques.

« Nous avons tout de suite fait le point sur la situation. La main est tendue, nous travaillerons ensemble et ça ne changera rien. L'Europe de l'artisanat et du secteur du bâtiment a toujours besoin d'exister et de fonctionner. Nous garderons notre unité à l'échelle européenne », nous a-t-il indiqué.

« Les incidences directes sur nos entreprises sont bien sûr connues, notamment par rapport aux lois européennes, mais il faut qu'on travaille ensemble pour trouver et construire les marchés de demain, les prévoir et les organiser. Pas question que nos membres se retrouvent à l'écart des discussions, notamment sur des thèmes aussi importants que le BIM », a-t-il ajouté.

« Nous leur apporterons tout notre soutien, car c'est une situation perturbante pour eux. Contrairement à la France, ils ont besoin de travailleurs étrangers dans le secteur de la Construction. Beaucoup viennent des Pays de l'Est, de l'Italie et de l'Espagne. Cela risque de compliquer certaines choses en interne », explique-t-il.

« Toutefois, ne dramatisons pas tout de suite. Si tout le monde risque d'être impacté, cela prendra du temps avant que cette sortie ne se concrétise, que les lois soient votées. Les choses pourraient bien s'organiser d'ici là », tente-t-il de relativiser.

Pas d'effet immédiat pour les entreprises

Ainsi, certaines entreprises nous ont fait part de leur volonté de poursuivre normalement leurs échanges avec la Grand-Bretagne. « Nous ne prévoyons pas d'effet immédiat suite à la sortie du Royaume-Uni de l'UE et nous restons attachés à notre position à long terme au Royaume-Uni », a ainsi réagi le groupe LafargeHolcim.

Même chose pour le groupe Engie : « ce vote ne remet ni en question notre vision du marché britannique, ni nos activités actuelles en Grande-Bretagne, ni notre capacité à nous développer dans ce pays. Nous réaffirmons notre engagement, fort de nos 17 000 collaborateurs, de contribuer à la transition énergétique du pays ».

« Nous regrettons cependant cette décision, compte tenu de tout ce que l'Union européenne et le Royaume-Uni se sont mutuellement apportés depuis 43 ans », a ajouté la directrice générale du groupe, Isabelle Kocher.

Un sommet européen post-Brexit doit se tenir mardi et mercredi prochain à Bruxelles.

Claire Thibault
© Fotolia

Redacteur

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