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DAAF : « La France souffre d'un profond déficit de culture de sécurité incendie » (FFMI)

Publié le 17 décembre 2014

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A partir du 8 mars 2015, tous les foyers français devront être équipés d'un détecteur avertisseur autonome de fumée afin de prévenir les incendies. Alors que les Français disposaient de cinq ans pour s'équiper avant l'entrée en vigueur de cette obligation de la loi Morange, il semble que seulement 35 à 45 % des foyers seront prêts à l'échéance. Pourquoi si peu ? Éléments de réponse avec Régis Cousin, président de la FFMI.
DAAF : « La France souffre d'un profond déficit de culture de sécurité incendie » (FFMI) - Batiweb

Batiweb : Dans votre projection, 60 à 65 % des habitations ne seront pas équipées de DAAF à la date de l'entrée en vigueur de la réglementation, comment expliquez-vous le manque de mobilisation de la part des Français ?

Régis Cousin : Conjoncturellement, l’absence de campagne d’information pédagogique grand public sur l’utilité du DAAF, n’a pas permis de diffuser de message de prévention. Plus structurellement, la France souffre d’un profond déficit de « culture » de sécurité incendie. Il n’existe pas d’action de sensibilisation dès le plus jeune âge comme dans de nombreux pays, notamment anglo-saxons. Par conséquent, nos concitoyens ne sont pas véritablement acteurs de leur sécurité. Cela rend d’autant plus nécessaire une action diligente et vigilante de toutes les parties prenantes de la chaîne de sécurité incendie dans notre pays, notamment en ce qui concerne le maintien d’une réglementation suffisamment exigeante dans les familles de bâtiments dans lesquelles elle existe (ERP, ERT, ICPE…)

D'après les estimations du journal Les Echos en août, le taux d'équipements des foyers n'atteignait que 10 %. Dans votre projection, vous tablez sur 35 à 45 % de foyers équipés. Avez-vous ressenti une évolution du marché des DAAF sur la seconde moitié de l'année 2014 ?

Nos estimations à fin novembre 2014 font plutôt état d’un niveau d’équipement de l’ordre de 20 %. Nous constatons depuis le début de l’année une très nette accélération de l’équipement. A ce rythme, nous n’atteindrons cependant pas plus de 35 à 40 % des logements équipés en mars 2015. Ce taux n’est pas très éloigné de celui atteint, lors de l’échéance réglementaire, par les pays dans lesquels le DAAF est devenu obligatoire, moins de 50 % en Grande-Bretagne par exemple. Mais cela suppose de poursuivre l’effort de pédagogie et d’information après mars 2015 afin que tous les Français soient progressivement équipés.

Les professionnels attendaient également beaucoup de la loi Alur pour faire progresser le marché, est-ce qu'elle a eu les effets escomptés ?

En basculant la charge de l’équipement de l’occupant vers le propriétaire du logement, la loi Alur a probablement contribué à clarifier la réglementation. Elle ne change pas fondamentalement la donne pour le marché des particuliers ; en revanche, elle oblige les bailleurs à s’équiper dans un laps de temps relativement court.

Quel serait votre message pour inciter les Français à s'équiper ?

L’incendie peut avoir des conséquences dramatiques et irréversibles qui sont souvent peu appréhendées avant d’en avoir été victime. N’attendez pas de le constater ! Le DAAF n’est pas qu’une obligation réglementaire, c’est un outil de sécurité qui sauvera votre vie et celle de vos proches. Plus de 800 de nos concitoyens perdent encore la vie chaque année…Equipez-vous sans attendre mars 2015.

Propos recueillis par Claire Thibault

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