L’artisan nouveau est arrivé

Vie pratique | 15.04.02
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L’artisan nouveau est arrivé - Batiweb
Bien loin de l’image d’Epinal qui montre l’artisan de père en fils, attaché à son isolement et à une farouche tradition, l’artisan nouveau est d’abord un homme-orchestre à l’esprit ouvert.
Loin des clichés sur l’artisanat héréditaire, la croissance économique du bâtiment a attiré ces trois dernières années un nombre important de jeunes et nouveaux artisans. Par définition, le nouveau est sans expérience… Est-ce à dire que l’artisan nouveau en est dépourvu ? Certainement pas. L’artisan nouveau est tout simplement à l’image de la société qui l’entoure : il bouge, enrichit sans cesse ses compétences et n’hésite pas à venir rejoindre la profession après avoir occupé une autre activité professionnelle. Pour les ethnologues de notre société, l’artisan nouveau œuvre aujourd’hui au sein de quatre grandes familles… Tout d’abord, la "famille reconversion". Comme son nom l’indique, ses membres ne viennent pas de l’artisanat. Ils ont entre 40 et 50 ans, sont d’anciens cadres ou chefs d’entreprise d’un autre secteur, mais peuvent aussi être tourneurs, ajusteurs, voire gérants de restauration service… Leur dénominateur commun est une bonne connaissance de l’organisation, de la gestion et une réelle capacité à évaluer et mener à bien de nouveaux projets. Leur faiblesse ? une relative méconnaissance technique.

Technologies et relation aux clients
Vient ensuite la "famille vocation". Elle regroupe des anciens salariés du Bâtiment, âgés de 30 à 35 ans. Leur motivation à devenir patron est très forte. Ils sont en terrain connu en ce qui concerne l’activité, mais ne savent pas toujours gérer l’entreprise et leur démarche commerciale est plutôt chaotique. La troisième catégorie regroupent les "pionniers" qui ont entre 25 et 45 ans. Cette famille est la seule à accueillir des vocations transmises de père en fils. Mais attention, qui dit "pionnier" dit aussi curiosité… Ainsi, ces derniers testent tout : Internet, les 35 heures, les groupements d’employeurs, les chartes Qualité. Leur faiblesse se situe dans une propension certaine à l’égocentrisme ! Enfin, la "famille diversification" rassemble des artisans venant d’un secteur autre, déjà fortement concurrentiel. Ils en tirent leur point fort, un esprit novateur. Qu’ils appartiennent à l’une ou l’autre de ces catégories, les artisans partagent tous un même souci de la relation aux clients. De plus en plus d’entre eux adhèrent à une charte de qualité, à l’exemple du concept AB5 élaboré par la CAPEB. Et, face aux nouvelles technologies, la plupart utilisent des logiciels de devis et de gestion, consultent leur messagerie électronique, voire, pour certains, n’hésitent pas à créer leur propre site Internet… Derrière ces différentes familles, c’est en fait une mutation profonde qui touche aujourd’hui le monde de l’artisanat. Une mutation largement guidée par la recherche d’une certaine liberté de vie et d’autodétermination qui laisse derrière elle l’image d’Epinal du petit professionnel isolé et désorganisé.
Redacteur