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Le label E+C-, une belle initiative qui nécessite encore d’évoluer

Le label E+C-, une belle initiative qui nécessite encore d’évoluer
Il y a un mois, la ministre du Logement remettait les premiers labels E+C- (Bâtiments à énergie positive et réduction carbone), ayant pour finalité de préparer la future réglementation environnementale du secteur. Deux constructeurs déjà labellisés, Mikit et, en exclusivité, Maison Privat, reviennent sur les apports et contraintes de cette nouvelle certification, désormais incontournable.

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Le 15 mars dernier se tenait au ministère du Logement une cérémonie solennelle au cours de laquelle Emmanuelle Cosse a remis les sept premiers labels E+C-. Annoncée en novembre 2016, cette certification vient souligner « le respect des bonnes pratiques énergétiques et environnementales » d’un bâtiment.

Or donc, les constructeurs Mikit et Maisons Privat font justement partie des premiers à avoir obtenu ce nouveau label, chacun ayant réussi à sortir de terre une maison individuelle exemplaire, respectivement à Arras (62) et Belleville-sur-Vie (85). Un mois après, le bilan est plutôt positif, malgré certaines pistes d’amélioration à envisager.

Un accueil positif pour le nouveau label

« Être capable de proposer à nos clients des maisons de haute qualité, très économes en énergie et donc à l’usage, respectueuses de l’environnement, c’est pour nous essentiel », témoigne, pour sa part, Damien Hereng, président de Mikit.

Jean-Marc Beyrand, directeur de Maisons Privat, souligne quant à lui la possibilité de se démarquer de ses concurrents en proposant des bâtiments alliant respect de l’environnement et haute qualité de vie. D’après lui, un projet visant le label E+C- peut également être vu comme une source de motivation pour les équipes mobilisées.

« Le label n’a pas forcément été compliqué à mettre en place », ajoute-t-il. « L’aspect le plus nouveau pour nous concerne la réduction carbone. Cette partie est plus compliquée, d’autant que nous ne possédons pas toutes les fiches FDES [Fiches de déclaration environnementale et sanitaire, ndlr] des matériaux employés. »

Des évolutions à apporter rapidement

Si les deux maisons labellisées présentent donc des architectures et des équipements innovants, Jean-Marc Beyrand note malgré tout que « la réglementation thermique ne prend pas en compte tous les éléments qui viennent bonifier une construction ».

« À titre d’exemple, la maison de Belleville-sur-Vie est notamment dotée d’une ventilation double flux, dont les apports énergétiques ne sont pas pris en compte. On l’a couplée avec un puits canadien hydraulique afin de rafraîchir ou réchauffer l’air. Or, on doit tenir compte de l’énergie du circulateur lorsqu’il fonctionne, mais pas des apports calorifiques que l’on a pendant l’hiver », explique-t-il. « On met en œuvre des équipements innovants, mais les apports que l’on a ne sont pas pris en compte dans le calcul réglementaire. »

Conséquence : certains niveaux de la certification sont tout simplement hors d’atteinte, à en croire le directeur de Maisons Privat. C’est notamment le cas du niveau ‘’Energie 4’’, censé souligner un bâtiment au bilan énergétique nul dont la production d’énergie renouvelable profite au quartier entier.

Les professionnels livrés à eux-mêmes

En parallèle, le manque d’accompagnement apparaît également comme un frein au déploiement du label E+C-. Il est ainsi nécessaire pour les constructeurs de se renseigner par leurs propres moyens. « Je pense que la plupart des professionnels ne sont pas suffisamment informés », déplore Jean-Marc Beyrand.

« Aujourd’hui, la Fédération française du bâtiment nous demande de faire des ‘’maisons-tests’’ pour que ce label évolue, mais elle ne nous donne pas les informations nécessaires », poursuit le directeur de Maisons Privat.

Dans le cadre de ses démarches, ce dernier s’est néanmoins rapproché de l’organisme Céquami, en charge de délivrer le label. Le certificateur a notamment pu soutenir le constructeur dans ses démarches liées aux équipements installés en vue du E+C- afin d’améliorer, autant que possible, la maison individuelle.

Un gros plus pour les acquéreurs

N’en demeure pas moins que la nouvelle certification a d’ores et déjà séduit les clients finaux ! En outre, si la maison de Belleville-sur-Vie n’est pas encore habitée, Maisons Privat a d’ores et déjà reçu d’autres commandes pour construire des bâtiments répondant aux critères du label E+C-.

Même constat du côté de Mikit, qui note que cette étiquette est « une garantie de performances et d’exemplarité environnementales, d’économies et de qualité pour les clients ».

« Au-delà, ce nouveau label est un booster d’amélioration continue pour Mikit : c’est un aiguillon pour la performance finale et la qualité des maisons que nous proposons à nos clients. C’est également une motivation et une opportunité supplémentaires de démontrer la capacité de notre produit, le prêt-à-finir, à atteindre l’excellence tout en maîtrisant parfaitement les coûts », déclare Philippe Guénot, directeur technique.

Ne reste plus désormais qu’à faire évoluer certains critères d’éligibilité, encore jugés trop exigeants et inatteignables par les contstructeurs.

L'avis d'expert : Dominique Desmoulins, directeur général de Promotelec Services

Filiale de l'association Promotelec, Promotelec Services a également accompagné plusieurs opérations récompensées du label E+C-, à l'instar de la maison Ecolocost.

« Pour les constructeurs, ce qui est nouveau, c'est le carbone. Cela oblige à tenir compte des matériaux constructifs et du mode de chauffage, qui sont à peu près équivalents. Les constructeurs de maisons individuelles doivent regarder dans leur matériel (installations sanitaires, climatisation, réseaux d'énergie, etc.) le contenu carbone qui sera installé dans la maison. C'est là qu'est la vraie nouveauté », indique Dominique Desmoulins, directeur général de Promotelec Services.

« Le bémol, c'est que nous n'avons pas toutes les fiches FDES garantissant le contenu carbone des matériaux », déplore-t-il. « Souvent, des valeurs sont indiquées par défaut. L'intérêt, c'est de tendre vers du matérial qui a nécessité peu de carbone à fabriquer et, évidemment, de se mettre sur un réseau de chauffage ou de froid qui consomme et émet peu de carbone. »

« Cela oblige les constructeurs à se poser des questions qu'ils n'abordaient pas forcément. C'est plus compliqué, plus technique, mais je ne suis pas convaincu que ce soit plus cher. En revanche, pour préserver l'avenir de la planète, il est quand même nécessaire de se poser ces questions aujourd'hui », conclut-il.
 

Fabien Carré

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