Pesticides, nitrates: état des lieux de l'eau du robinet Collectivités territoriales | 13.09.05

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L'eau au robinet est "globalement de bonne qualité" mais plusieurs millions de personnes ont bu au moins une fois en 2002 ou 2003 une eau du robinet trop chargée en nitrate ou en pesticides, ou contenant des germes pathogènes, a révélé la première étude complète du ministère de la Santé publiée depuis 1998.
9% de la population française a été alimentée en 2003 par une eau du robinet au moins une fois non conforme à la réglementation des pesticides, indique ce volumineux rapport, mis en ligne mercredi par le ministère de la Santé.

5,1 millions d'habitants ont donc bu en 2003 une eau dépassant, en résidus de pesticides, les limites de qualité réglementaires. Les données manquent pour 4,5 millions d'habitants. Et la très grande majorité (51 millions d'habitants) boit une eau conforme. Ce bilan 2002-2003 s'appuie sur 4,6 millions d'analyses réalisées chaque année par les directions départementales de l'action sanitaire et sociale (DDASS).

Sur 369 pesticides recherchés dans les eaux mises en distribution, 332 ont été détectés entre 2001 et 2003, dont 59 à des teneurs supérieures à la limite de qualité. Les données confirment la présence permanente de résidus de pesticides et de nitrates dans les eaux françaises: selon l'Institut français de l'environnement, 75% des rivières et 57% des eaux souterraines contrôlées en 2002 comportaient au moins un pesticide.

Des traitements sont requis pour 20,6% des captages contrôlés, indique le bilan de la Santé. Le ministère relève l'insuffisante protection des captages d'eau: 39% bénéficient d'une protection complète (périmètres de sécurité, clôture), prévue par la loi depuis 1992. Lorsque les teneurs en pesticides sont faibles, elles n'empêchent pas de consommer l'eau. Toutefois, 164.000 habitants ont du arrêter de consommer l'eau en 2003 du fait de teneurs trop élevées. Entre janvier 1999 et septembre 2001, ces restrictions d'usage alimentaire de l'eau avaient touché 416.000 personnes.

Trois départements (Oise, Seine-et-Marne et Eure-et-Loir) ont concentré 57% de ces mesures de restriction d'usage en 2003. Le ministère contrôle au premier chef la qualité microbiologique de l'eau (les germes fécaux). Là encore, 5,8% de la population, soit plusieurs millions d'habitants, a reçu en 2002 une eau dont la qualité n'était pas conforme en permanence aux limites de qualité microbiologique. Paradoxalement, les zones de montagne, où l'eau est réputée "pure", sont celles qui ont une eau de moins bonne qualité microbiologique, faute de réseau de traitement performant: Massif Central, Vosges, Alpes.

Les nitrates restent un point sensible: des teneurs élevées (40 à 50 mg/L, quand la norme de potabilité est à 50 mg/L) ont été constatées dans 5,6% des installations de production d'eau (eaux brutes). Cette ressource "fortement dégradée est susceptible de devenir prochainement impropre à la consommation humaine", met en garde le ministère. La qualité de l'eau n'est conforme, en matière de nitrates, que dans la moitié des départements français.

In fine, 98% des débits d'eau produits sont conformes pour les nitrates. Mais 191 captages ont été abandonnés à cause des nitrates en Seine-Normandie entre 1989 et 2000, note le rapport. En Bretagne, la proportion de population alimentée par une eau non conforme a régressé de 13,3% en 1999 à 4,4% en 2001 puis 1,3% en 2004. Nitrates et pesticides, principalement émis par l'agriculture, sont soupçonnés d'être à l'origine de cancers, de troubles neurologiques et de la reproduction.

Redacteur

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