Roubaix, une ville en renouveau à l'habitat précaire

Collectivités territoriales | 22.08.06
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Roubaix, une ville en renouveau à l'habitat précaire  - Batiweb
Roubaix, où a éclaté dimanche un incendie meurtrier dans une maison vétuste, est une ville où cohabitent 104 nationalités, en plein renouveau, mais à l'habitat en bonne partie précaire, encore marqué par la vaste crise consécutive à la chute de son industrie textile.
Les dernières années ont été marquées par une rénovation en profondeur de l'habitat, sous l'impulsion de la municipalité socialiste de René Vandierendonck. Car dans les années 1970 et 1980, Roubaix était stigmatisée pour ses maisons murées, ses magasins fermés, ses rues tenues par les dealers.

Roubaix était aussi une ville de courées, ces impasses de la révolution industrielle, bordées de deux rangées de maisons ouvrières exiguës, des logements inadaptés aux exigences modernes. "La Ville a mené une action en profondeur pour supprimer l'habitat insalubre. Il y a plusieurs milliers de courées démolies. Aujourd'hui il n'en reste que 145, qui sont réhabilitées", explique l'adjoint au maire chargé du logement, Pierre Dubois.

Cette cité industrielle de près de 100.000 habitants a connu toutes les vagues d'immigration, depuis les Flamands venus apporter leur force de travail au début du XIXe siècle, jusqu'aux immigrés les plus récents venus d'Afrique noire et d'Asie, qui y trouvent des logements bon marché. Quand le textile roubaisien s'effondre dans la seconde moitié du XXe siècle, la ville recèle un parc immobilier privé immense que des Roubaisiens rachètent à bas prix.

Ces petits propriétaires vont rénover, plus ou moins soigneusement, des maisons ouvrières, voire des maisons de maître, ou d'anciens cafés - comme celui qui a brûlé dimanche - pour les diviser en petits appartements. Ils louent à ceux qui ne trouvent pas à se loger ailleurs, parfois parce qu'ils sont en situation irrégulière, ou parce qu'ils ne décrochent pas de HLM.

Mais derrière la façade, le respect des normes de sécurité ne suit pas toujours. "J'ai pu voir, lors de mes reportages, des logements inacceptables", se souvient l'ex journaliste roubaisien Maurice Decroix. Pour les propriétaires, la rentabilité est parfois excellente, d'autant que Roubaix se relève. La mairie et la communauté urbaine consentent d'immenses efforts financiers pour relancer le commerce, le métro lillois arrive en 1999, la ville s'enorgueillit de ses 6.000 étudiants. Les lofts fleurissent çà et là.

Il reste à Roubaix 125 immeubles du type de celui qui a brûlé, soit environ 500 logements, recensés par la mairie.

Redacteur