Pourquoi avons-nous tant de problèmes avec notre histoire ou notre mémoire?

Des hommes et de la e-attitude | 25.07.06
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Pourquoi avons-nous tant de problèmes avec notre histoire ou notre mémoire? - Batiweb
A entendre les spécialistes de tous poils, et un titre du Monde, les 3 problèmes fondamentaux du XXè siècle en France et en Europe auront été dans l’ordre: Le nazisme, le communisme et le colonialisme !
La France a légiféré sur le premier, à essayer sur le dernier avant de se rétracter et toujours rien sur le deuxième ! Et est-ce pour nous donner bonne conscience que nous avons dorénavent, le 10 mai, une journée de l’Esclavage ?
Et si nous laissions l’histoire aux historiens.

Notre devoir de citoyens ne tient –il pas dans l’obligation que nous avons de connaître nos dérives mais aussi notre grandeur. Confrontés à cette équivoque très actuelle entre histoire et mémoire, certains historiens ont préféré garder leurs distances avec ce qui offre toutes les apparences de la construction d’une mémoire partielle de l’histoire coloniale à l’histoire moderne, d’autres membres du Conseil scientifique ont fait le choix de tenter d’infléchir ces orientations de l’intérieur pour éviter les affects de la mémoire et ce qui, initialement, ressemble à une « thérapie politique ».

Au moment où l'Europe en crise s'interroge avec inquiétude sur son avenir, la voici qui se penche avec empressement sur son passé, comme s'il lui fallait pour repartir commencer par se donner une mémoire commune.

L'assassinat de BOUSQUET en juin 1993, a empêché qu'un second procès ne fasse toute la lumière sur le rôle joué sous l'occupation par ce haut fonctionnaire qu'un réseau très solide d'amitiés a constamment soutenu et protégé, y compris parmi ceux que l'on peut appeler aujourd'hui les vichysto-résistants .

En témoigne, la façon à la fois pathétique et en même temps dérisoire, avec laquelle le président de la république, François MITTERRAND, a tenté désespérément à la fin de son second septennat d'accréditer l'image positive de René BOUSQUET qui voyait en lui, François MITTERRAND, en 1981, « le continuateur d'une carrière qu'il n'avait pas pu faire »."

Pourtant c'est cette tragédie, celle du nazisme, qui a servi de point de départ, au lendemain de la seconde guerre mondiale, à la construction de l'Europe, fondée sur la volonté de paix et de réconciliation. En célébrant, le 27 janvier, la première Journée internationale de la mémoire de l'Holocauste, les Européens ont tenu à rappeler une fois de plus que l'apaisement ne signifie pas l'oubli.

Et c'est cette même Europe qui était la semaine dernière le sujet de toutes nos conversations.

En décembre 1973, paraît à Paris L'Archipel du Goulag où Alexandre Isaïevitch Soljenitsyne expose le système concentrationnaire soviétique du Goulag, qu'il a vécu de l'intérieur, et la nature totalitaire du régime communiste. Et pourtant, cela ne nous empêchera pas en 1981 de prendre des communistes au gouvernement (pour qui le bilan de l’URSS est alors globalement positif).

C'est aussi cette deuxième tragédie, celle du communisme, qui vient de provoquer la condamnation solennelle de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, une institution qui s'est fait une spécialité de la défense des droits de l'homme. "Les régimes communistes totalitaires, qui étaient en place en Europe centrale et orientale au siècle dernier et qui existent toujours dans plusieurs pays du monde, ont été marqués sans exception par des violations massives des droits de l'homme", souligne l'Assemblée.

Et notre chère république à sa naissance, en mars 1790, où un décret de la Constituante protège les propriétaires d'esclaves en ces termes : « L'Assemblée nationale (...) met les colons et leurs propriétés sous la sauvegarde de la nation, déclare criminel envers la nation quiconque travaillerait à exciter des soulèvements contre eux. ». En fait, les révolutionnaires de la métropole entendaient bien aller dans le sens des colons. Ces derniers, en effet, étaient très déterminés à abattre le pouvoir royal, et ce au nom de l'esclavagisme : car par son « Code noir » le pouvoir royal de Louis XV réduisait les libertés de la classe esclavagiste.

Le 15 mai 1791, l'Assemblée accorde finalement le droit de vote aux mulâtres. Aucune décision n'est prise au sujet des esclaves et le 1er juin, les députés parisiens préfèrent charger les assemblées coloniales de délibérer sur « l'état politique des personnes non libres. » C'est un cadeau aux élus des assemblées coloniales, tous colons et planteurs : du coup la traite des esclaves et l'esclavage restent inscrits dans la loi.

Finalement, le 29 août 1793, le gouverneur de Saint-Domingue, Sonthonax, proclame la libération des esclaves, libération qui était d'ailleurs déjà acquise dans les faits !

Napoléon, qui a rétabli l'esclavage en 1802, va rendre au moins la traite illégale à partir de 1815. En fait, elle ne disparaît pas : elle devient clandestine. Elle continue de manière illégale jusqu'en 1861. C'est Victor Schoelcher (1804-1893) qui, dans la foulée de la révolution de février 1848, fait adopter par le gouvernement provisoire l'abolition définitive de l'esclavage (avril 1848).

L'histoire retiendra Schoelcher mais oubliera Louis XV ! Et cela sans se servir d'aucune loi !

A propos, à quand, le reproche de la construction des cathédrales comme monument d'une idéologie ... à ceux, sur les pyramides etc...

Redacteur