l'eldorado de l'or noir n'est pas si rose dans les sables bitumineux Développement durable | 21.06.07

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"Fort McMurray est une ville agréable où vivre, si vous trouvez une place où vivre", blague Pascal, sirotant une bière avec ses amis devant leur caravane de fortune garée près de cette ville champignon, la capitale canadienne des sables bitumineux.
Des milliers de travailleurs convergent chaque année à Fort McMurray, attirés par les salaires mirobolants consentis par les entreprises pétrolières exploitant le sous-sol du nord de l'Alberta, dans l'ouest canadien, où dorment
173 milliards de barils de pétrole emprisonnés dans le sable.
"Le jeu en vaut la chandelle (...), même si je ne parle pas anglais, j'ai de l'expérience", lance Yannick, une cigarette au bec, fier d'avoir trouvé un emploi dès son arrivée et surtout un terrain de camping où loger. Des centaines de caravanes, certaines de luxe, d'autres minuscules, s'agglutinent à une dizaine de kilomètres de Fort McMurray, au bout d'une route de terre dans la forêt.

"Ma copine va nettoyer la salle de bain et les douches du camping, c'est pour ça qu'on peut rester, parce qu'il y a une liste d'attente pour être ici", explique son ami Pascal. Pour cette bande de quatre Québécois, arrivés en juin à Fort McMurray après avoir traversé le Canada, "l'aventure" recèle son lot de promesses et d'espoirs de gros sous, mais ce n'est pas le cas pour tous.

Un simple emplacement pour une caravane coûte 910 dollars (865 USD) par mois dans ce camping, une "aubaine" en comparaison du prix d'un appartement ou d'une maison à Fort McMurray, c'est pourquoi même des travailleurs préfèrent y vivre afin d'économiser le plus possible. C'est à Fort McMurray que le prix d'un loyer moyen est le "plus élevé" au Canada, selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), une agence gouvernementale.

L'essor dû à l'exploitation des sables bitumineux a créé une inflation sans précédent à Fort McMurray, où la population est passée de 35.000 à 65.000 en dix ans, sans compter la dizaine de milliers de travailleurs vivant dans des logements minuscules installés sur les terrains de leur entreprises. Le prix moyen d'un appartement deux chambres s'élève à 1.680 dollars (1.600 USD) par mois à Fort McMurray, mais peut facilement atteindre 3.600 dollars (3.400 USD), alors qu'un "bungalow" (pavillon) conventionnel se vend au-delà d'un demi-million de billets verts, ce qui jette des gens à la rue.

"Nous ne sommes pas capables de trouver de la place pour tout le monde dans les refuges", reconnaît la mairesse locale, Melissa Blake. "Nous voulons soutenir le développement des sables bitumineux mais sans nouvelles ressources financières, nous ne sommes pas en mesure d'offrir aux citoyens les services de base", dit-elle dans son bureau situé à deux pas du "Boomtown casino" et de la taverne "Oil can".

Redacteur

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