Bouygues sur Alstom ! La revanche d'une faillite sauvée ...

Vie des sociétés | 28.04.06
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Bouygues sur Alstom ! La revanche d'une faillite sauvée ... - Batiweb
Deux ans après avoir sauvé de la faillite Alstom, l'Etat sort du capital du groupe industriel français conformément aux exigences de la Commission européenne et tout en jouant la carte du patriotisme économique, en vendant sa part à Bouygues.L'Etat français, qui avait jusqu'à juillet 2008 pour se désengager d'Alstom, empoche au passage une plus value de 1,26 milliard d'euros, a indiqué jeudi le ministère des Finances.
Bouygues va débourser 1,98 milliard d'euros pour les 21,03% de l'Etat en payant chaque action 68,21 euros. L'Etat avait payé 720 millions d'euros cette participation. Les PDG Martin Bouygues et Patrick Kron, qui ont "commencé à flirter" à la fin de l'année dernière, ont estimé jeudi lors d'une conférence de presse commune que Bouygues et Alstom étaient "culturellement extrêmement compatibles". Ils n'ont toutefois pas chiffré les éventuelles synergies. "Nous pensons que si Alstom peut beaucoup apporter à Bouygues, Bouygues peut apporter beaucoup à Alstom", a simplement déclaré déclaré M. Bouygues.

Martin Bouygues a en outre estimé que la présence de son groupe dans le capital d'Alstom était "gage de stabilité" pour Alstom, Bouygues ayant pris l'engagement de conserver les titres Alstom pendant une durée minimale de trois ans. Toutefois, il a précisé qu'il ne projetait pas de prendre le contrôle d'Alstom et donc de monter dans le capital au-delà des 33%.

Pour Patrick Kron, l'arrivée de Bouygues, "actionnaire et partenaire", est "un moyen de mettre un point final à une période troublée et d'accompagner le développement du groupe". Les deux hommes ont également tenu à rassurer les marchés. M. Bouygues a assuré que sa trésorerie disponible lui permettait "de faire face à cet investissement", sans augmentation de capital et sans mettre en danger ses notes de solvabilité.

Patrick Kron a souligné quant à lui que les résultats annuels du groupe, attendus le 17 mai, seront conformes aux objectifs annoncés: en particulier des ventes en hausse de plus de 7% (à périmètre comparable) et un bénéfice net supérieur à 150 millions d'euros.

Au-delà de cette prise de participation, les deux groupes ont décidé de créer une société commune sur le marché des centrales hydroélectriques afin de développer "des projets intégrés en proposant des solutions combinant le génie civil de Bouygues et les équipements d'Alstom". Alstom apportera la totalité de son activité hydroélectrique à cette société, dans laquelle Bouygues prendra une participation de 50%. Ce montage permettra à Alstom, leader mondial des équipements de production d'électricité hydraulique et qui réalise près d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires dans ce secteur, de respecter un autre engagement envers Bruxelles.

En avril 2004, Bruxelles avait accepté que l'Etat français achète 21,03% du capital d'Alstom, dans le cadre d'un plan de sauvetage du groupe, alors au bord de la faillite. Mais cette prise de participation avait été accordée en échange de cessions d'actifs représentant 10% du chiffre d'affaires du groupe et à la condition que l'Etat sorte du capital d'ici juillet 2008. La Commission avait également exigé qu'Alstom noue des partenariats dans les 4 ans.

Cette annonce a été favorablement accueillie à la Bourse de Paris où les titres Alstom et Bouygues étaient en hausse. Vers 13H30, le groupe de BTP progressait de 1,02% à 43,40 euros et l'action Alstom gagnait 3,37% à 72,15 euros dans un marché boursier parisien en baisse de 1,30%.

Redacteur