Développement durable, le nouveau défit du bâtiment Vie pratique | 04.02.02

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Développement durable, le nouveau défit du bâtiment
L’expression “ développement durable ” est entrée, en un temps record, dans le vocabulaire courant. Cependant, même parmi les professionnels du bâtiment, la notion de développement durable reste encore très floue
Un nouveau concept fait fureur ces temps-ci en matière de construction, celui de développement durable et concerne principalement le logement social. Qu’entend-t-on par là ? En fait plusieurs choses. La première est celle qui consiste à ne pas s’attacher aux seules constructions neuves en matière de logement social mais de s’intéresser également à tout le bâti existant. D’autre part, à réviser la politique en matière de réglementation et à repenser entièrement les contraintes imposées jusqu’alors en matière de réglementation acoustique, énergétique, de traitement des déchets etc. Il s’agit, de l’amont à l’aval, de "repenser" la filière bâtiment en intégrant dans sa logique les principes mêmes du développement durable. Pour se faire, un label a vu le jour : HQE, ou "haute qualité environnementale". Comme le dit un responsable de ce nouveau concept : "Il s’agit d’entamer une révolution culturelle de nos pratiques, de transformer notre façon de construire, de gérer et de concevoir d’autres modes d’édification des bâtiments respectueux de l’environnement, de la santé et de l’évolution de notre société." Autrement dit, revenir à un concept qui a toujours prévalu en architecture avant la révolution des années 60 : des constructions dans la durée et plus dans l’éphémère. Les projets feront désormais l’objet d’une réflexion basée sur les générations et plus du tout sur l’urgence, comme ce fut si longtemps le cas. On tiendra compte des avancées technologiques actuelles, paramétrées selon des notions de confort et de respect de l’environnement (notamment en matière de climatisation et d’énergies renouvelables). On ne peut que s’en réjouir, d’autant que ces nouvelles règles du jeu font l’objet d’un référentiel déterminé par le ministère en personne : le fameux HQE. Il concerne, à terme, la construction de 5 000 logements sociaux dès 2002 et "10 000, au moins, en 2003". À la clé, une exonération pendant cinq ans de la TFPB (taxe foncière sur les propriétés bâties) pour tous les ouvrages répondant aux critères établis. La grande originalité de ces "nouvelles normes" est de s’appliquer aussi bien aux constructions neuves qu’aux anciennes. Une caractéristique qui va permettre aux entrepreneurs de recycler une grande partie de notre patrimoine architectural. Inutile d’ajouter, Communauté oblige, que ces normes ainsi définies ne sont pas seulement franco-françaises mais désormais européennes. Les professionnels du bâtiment ont tout à gagner de cette approche même si cela va nécessiter pour eux de mettre à niveau tous les corps de métiers de la profession y compris les architectes. Si chacun joue le jeu, tout le monde peut en sortir gagnant. Car le projet s'appuie, pour une fois, sur une charte claire : protection de l’environnement, qualité de la construction et amélioration de la qualité d’usage. Ce qui, en d’autres termes, signifie une éco-construction, une éco-gestion accompagnée d’une prise en compte du confort et de la santé. Et comme en France, Etat jacobin par excellence, tout passe par la réglementation, le ministère a décidé que l’ensemble de cette démarche ferait l’objet d’un renouvellement en profondeur du règlement de la construction. L’Europe est passée par là, bien sûr, mais il faut bien avouer que nos voisins, allemands et autres nordiques ont déjà pris une sérieuse avance sur nous.
Redacteur

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