L’entrée en force des ossatures de bois Vie pratique | 21.01.02

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On les croyait réservées aux pays scandinaves ou nord-américains, mais les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2000, plus de 4 % des résidences ont été construites sur des ossatures de bois
Nécessité fait loi. Si l’on peut aisément expliquer par l'adage la longue tradition scandinave des maisons de bois, il en va tout autrement de l’engouement grandissant des pays de l’Europe du sud, dont la France, pour la technologie des résidences à ossature bois. En effet, les paramètres qui éveillent aujourd’hui l’intérêt des constructeurs et des clients pour ce type de constructions diffèrent quelque peu. Côté constructeurs, l’ossature de bois présente, en comparaison des techniques traditionnelles de construction ciment/bloc de béton (parpaing), bien des avantages. Ces ossatures reposent en effet le plus souvent sur des concepts de " Kit " dont la mise en œuvre est économique et rapide. Sur la base d’une simple dalle de ciment sur sous-sol ou vide sanitaire, les structures pré-taillées et numérotées se montent comme un grand jeu de construction. Généralement réalisées en pin douglas, elles sont de surcroît quatre fois plus légères qu’une maçonnerie classique. À l'exemple de l’entreprise " Chalet Haute Couture " de Gérardmer, seuls 3 monteurs et une petite grue suffisent pour boucler en 2 mois seulement le gros œuvre et la couverture d’une résidence standard. Outre la rapidité de mise en œuvre, ces maisons, construites sur le principe de l’empilement des madriers sandwichs, offrent aussi d’excellentes garanties d’isolations thermique et phonique. Au final, le prix du gros œuvre de ces constructions serait largement inférieur à celui des constructions traditionnelles. Un élément économique qui a de quoi séduire bien des constructeurs, comme le confirmait, dans notre numéro précédent, Pierre Jude, le patron des maisons Pierre et premier constructeur de résidences individuelles en Ile de France. Celui-ci envisage même de produire 300 à 400 maisons de ce type sous 2 ans. Côté clients, les enquêtes montrent un intérêt marqué pour les attraits environnementaux qu’offrent les maisons bois. Ainsi, l’association rennaise, " Maison de qualité ", estime que la demande HQE des particuliers est une véritable lame de fond. Pour y faire face, une vingtaine de constructeurs, regroupés dans cette association, travaillent actuellement à l’élaboration d’un référentiel destiné à satisfaire au plus vite les demandes des clients " à l’esprit HQE ". Une demande impliquant qu’une bonne part des 2000 maisons livrées chaque année par ces constructeurs soient désormais en bois.
Des obstacles de tailles s’opposent néanmoins à l’ossature de bois. Ils reposent sur la crainte des catastrophes naturelles comme l’incendie ou les thermites (un domaine ou malgré toutes les mesures préventives le comportement des clients est souvent irrationnel) et sur la pérennité de l’héritage immobilier. En effet, parmi les grandes motivations des particuliers qui font construire, la transmission du patrimoine occupe une place privilégiée. Les maisons de bois n’inspirent pas dans ce registre une réelle confiance. Les deux années qui viennent seront certainement déterminantes. Si à terme les chiffres sont faibles, les maisons de bois resteront une tendance de mode ou une curiosité passagère de l’histoire du bâtiment. Dans le cas contraire, nombre d’entreprises devront se remettre en question.
Redacteur

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