EDF confie à Bouygues et Alstom la construction de sa future centrale EPR

Architecture | 04.09.06
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EDF confie à Bouygues et Alstom la construction de sa future centrale EPR - Batiweb
EDF a annoncé vendredi avoir attribué aux groupes français Bouygues et Alstom deux contrats d'un montant total de plus de 650 millions d'euros pour la construction de sa future centrale nucléaire de troisième génération EPR de Flamanville (Manche).
Le contrat attribué au groupe de BTP de "plus de 300 millions d'euros, porte sur les études et l'ensemble des travaux de génie civil principal sur le site pour la construction de tous les bâtiments industriels (enceinte béton du bâtiment réacteur, charpente principale de la salle des machines)", indique EDF dans un communiqué.
"En période de pointe, près de 1.000 collaborateurs seront mobilisés sur ce chantier", précise Bouygues dans un communiqué distinct. Les travaux de génie civil commenceront fin 2007 pour une durée de quatre ans et demi. La mise en service de la centrale est prévue en 2012. Le contrat attribué par le groupe énergétique à Alstom "de plus de 350 millions d'euros, porte sur les études et la fourniture de la salle des machines", poursuit EDF.

"La turbine à vapeur de Flamanville sera la plus grande jamais construite dans le monde", se félicite Alstom dans un communiqué. Le groupe français "assurera l'ingénierie, la fourniture, la construction et la mise en service de l'ensemble de l'ilôt turbine de 1750 MW et fournira directement tous les composants majeurs, notamment la turbine à vapeur Arabelle, l'alternateur, le condenseur et les séparateurs-surchauffeurs", détaille Alstom. Les turbines Arabelle d'Alstom sont en service dans les centrales EDF de Chooz (Ardennes) et Civaux (Vienne). Eiffage, Vinci et Bilfinger pour la partie génie civil et Siemens pour la partie salle des machines participaient également à ces appels d'offres, selon des sources proches du dossier.

"La réalisation de la partie nucléaire et du contrôle commande, pour le pilotage du futur réacteur a été confiée au groupe Areva" précédemment, ajoute EDF. Le groupe français est le seul détenteur de cette technologie. Le coût total de cette centrale est estimé à 3,3 milliards d'euros par EDF.

Au total "près de 150 contrats seront attribués à des grands groupes internationaux et à des entreprises régionales", précise-t-il. La France est le deuxième pays dans le monde à se doter d'une centrale disposant d'un réacteur EPR (European Pressurised water Reactor/Réacteur européen à eau sous pression) après la Finlande qui doit mettre la sienne en service en 2010, avec un an de retard sur le calendrier initial.

Bouygues avait déja remporté le contrat de génie civil de la centrale finlandaise mais Alstom avait perdu la partie face à Siemens. Censé remplacer les réacteurs des centrales de deuxième génération, l'EPR atteint la puissance de 1.600 mégawatts contre 1.450 MW pour les précédents et sa durée de vie est de 60 ans contre 40 ans. En France, il est destiné à prendre le relais d'une bonne partie des 58 réacteurs en service (34 réacteurs de 900 Mégawatts, 20 de 1.300 MW et 4 de 1.450 MW). Le parc français actuel, dit de deuxième génération après les premiers prototypes des années 1950 et 1960, a été mis en service pour l'essentiel dans les années 1980.

A plus long terme, les experts d'une dizaine de pays mènent des recherches sur une quatrième génération qui pourrait être déployée à partir de 2030. L'EPR est à l'origine un projet franco-allemand développé depuis 1992 par Siemens et Areva.

Redacteur