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L’Elysée, un palais rendu habitable par Valéry Giscard D’Estaing

Édifié entre 1718 et 1722, le palais de l'Élysée, on le sait, fut la résidence de la marquise de Pompadour. Quand Valéry Giscard d'Estaing s’y installa, il mit fin à son inconfort
Publié le 29 juillet 2002

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L’Elysée, un palais rendu habitable par Valéry Giscard D’Estaing - Batiweb
C'est une histoire à la Clochemerle au sein même de la République. Le palais de l'Élysée connut les fortunes diverses des différents Présidents qui, outre le confort minimum, ne cherchèrent pas à lui donner de relief particulier. Sous la IIIe République, le poste de Président était quasiment honorifique, étant entendu qu'il n'était pas élu au suffrage universel. Sous la Ve République, seuls le général De Gaulle et Jacques Chirac l'habitent à plein temps. Georges Pompidou en fit une vitrine de l'art moderne et préférait, de loin, son appartement de l'île Saint-Louis. C'est en fait Valéry Giscard d'Estaing qui transforma ce palais suivant en cela, semble-t-il, son admiration pour le lustre Ancien Régime.

Bonbonnière XVIIIe
On vit ainsi arriver à l'Élysée des meubles et des tableaux empruntés au Louvre et au Mobilier national. Le tout dans les tons XVIIIe qu'il affectionnait. Firent ainsi leur entrée, les peintres Boucher, Lemoyne, etc., mais aussi les grands ébénistes français du XVIIIe siècle. Le Président procéda aussi au réaménagement intérieur de la célèbre demeure, gouvernés par une idée maîtresse : un parfait accord entre cadre et ameublement. L'homme qui voulait gouverner au centre et moderniser la France s'installa donc dans un décor Ancien Régime. Il s'empressa de supprimer les fantaisies modernistes de son prédécesseur, souvent réalisées dans des matériaux assez médiocres. Cette rénovation eut au moins l'effet bénéfique de redonner un nouveau ton à ce palais tant dédaigné. Valéry Giscard d'Estaing, comme M. Propre, changea tout du sol au plafond. Les appartements privés devinrent une sorte de bonbonnière XVIIIe, ceux, semi-officiels du rez-de-chaussée furent quasiment convertis en boudoir de la même époque et ce, dans ces tons assez chauds qu'affectionnaient le Président, désirant ainsi montrer que la demeure était belle et bien habitée.

Du bunker au grenier
L'œil averti d'un antiquaire n'aurait eu aucun mal à discerner ici ou là ce qui appartenait au Grand Siècle, à Louis XV ou à Louis XVI. Certes, on peut gloser à l'envi sur le caractère assez pompeux, genre fausse noblesse, de l'ensemble, il n'en demeure pas moins que le bâtiment recouvra une nouvelle jeunesse. Notamment la verrière du jardin d'hiver qui tombait en ruine. Les murs furent rhabillés, les salons redorés et rendus à leur lustre. Façades et toitures du corps principal, dans un état pitoyable, furent nettoyées. Le circuit d'alimentation d'eau fut révisé et les bureaux des collaborateurs, assez vétustes jusque-là, réaménagés. Quant à l'éclairage du palais, le Président fit construire une grande centrale en sous-sol. Enfin, dernière innovation giscardienne, l'ancien abri antiaérien installé au sous-sol fut converti en poste de commandement. C'est là que siège parfois le Conseil de Défense. Sous ses airs d'Ancien Régime, le palais de l'Élysée était enfin devenu fonctionnel. Ses successeurs aujourd’hui, s’ils critiquent l’ère Giscard, ne peuvent en tout cas se plaindre d’une rénovation qui a rendu vivable la première demeure de France.
Par Redacteur

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